Dynamique et perspectives de la filière cotonnière du Burundi

Projet finalisé

Pays : Burundi [voir la carte]

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Durée : [ - ]

Rubrique : Coopération internationale

Gahungu, Antoine (2012). Dynamique et perspectives de la filière cotonnière du Burundi (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 200 p., 48 tab. et 38 fig.

La culture du coton a été introduite au Burundi en 1919 sous le mandat belge dans l’objectif de monétiser le monde rural et d’ouvrir le pays aux échanges internationaux.
Après l’indépendance du pays (1962), la culture cotonnière continuait à prospérer sous forme d’une filière verticalement intégrée de l’amont à l’aval en poursuivant les objectifs de création d’emploi, de substitution des importations et de maximisation de la valeur ajoutée générée par divers produits cotonniers.
Depuis 1993, la culture du coton est en perpétuelle régression sous l’effet de divers facteurs tant endogènes qu’exogènes, jusqu’à atteindre en 2009 le niveau le plus bas de son histoire. Sa compétitivité est mise à l’épreuve par l’instabilité du marché mondial de la fibre du coton, les politiques (subventions) des grands producteurs (Chine, Inde, USA, Pakistan,…), la concurrence du synthétique dans l’industrie textile, le prix des intrants agricoles (engrais chimiques et produits phytosanitaires) et des matières premières pour les industries, la concurrence des cultures vivrières sur des facteurs de production déjà contraignants et surtout le prix au producteur moins rémunérateur.
Un travail d’enquête auprès d’un échantillon de 120 exploitations pendant trois campagnes (2007/2008, 2008/2009, 2009/2010) ainsi que des interviews auprès de différents agents intervenant dans le secteur cotonnier ont été menés pour comprendre les raisons du déclin de la filière et voir les mécanismes d’adaptation mis en œuvre dans le segment de la filière « producteurs-COGERCO ».
Il ressort de ces investigations que la culture du coton n’est plus compétitive face aux vivriers dans les exploitations. Le prix octroyé au producteur n’est pas motivant, les coûts de production sont élevés et les facteurs de production deviennent de plus en plus contraignants. La COGERCO continue cependant à subventionner le coton sans en tirer profit.
Dans ce contexte, la majorité des producteurs associent le coton au haricot et au niébé pour profiter des subventions (intrants, encadrement,…) et autres avantages (crédits, champs…) que la compagnie offre aux producteurs sans que cela ne lui profite. Cette dernière est en déficit chronique suite à une mauvaise gouvernance de la filière, ce qui la soumet à une pression de privatisation déjà imposée aux autres filières agro-industrielles du pays (café, thé).

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