Liste des doctorats effectués au laboratoire d’Economie et Développement rural


Manirakiza, Dismas, Burundais. Impact des coopératives agricoles des cultures vivrières sur les conditions de vie des ménages ruraux au Burundi : Cas des coopératives de la province de Ngozi. 2021
Masiale Bode, Mabu, Congolais. Contribution des concessions agricoles périurbaines à l’approvisionnement alimentaire de la ville de Kinshasa. 2021
Bitama, Pierre, Burundais. Le rôle du théier dans les petites exploitations familiales au Burundi : le cas des complexes théicoles de Teza et d’Ijenda. 2021
Phan Thi, Thuy, Vietnamienne. Perennial crop systems in Dak Lak province, Vietnam: Practices and socio-economic analysis. 2021.
Bui Thi, Lam, Vietnamienne. How to finance agricultural activities in mountainous areas of Viet Nam? A case study in Lao Cai province. 2020
Nguyen Thi Hai, Ninh, Vietnamienne. How to value labor in agricultural production: a case study in the Red River Delta, Vietnam. 2020
Ngo Trung, Thanh, Vietnamien. Migrant workers in industrial zones and return migration: Case studies in Que Vo and Yen Phong industrial zones of Bac Ninh province and Van Thang commune of Nong Cong district, Thanh Hoa province, Vietnam. 2020
Nguyen Van, Huong, Vietnamien. Economic analysis of small scale freshwater aquaculture production and its product marketing channels in agro-aquaculture system in Hai Duong province, Vietnam. 2020
Nguyen Thi Minh, Khue. Vietnamienne. Impacts of migration on agricultural development in Red River Delta, Vietnam. 2019
Bashangwa Mpozi, Bosco. Congolais. Innovations agricoles endogènes : le cas du fruit de la passion au Burundi et comparaison avec le Rwanda et le Kenya. 2019
Sissoko, Penda, Malienne. Le microdosage d’engrais : une technique d’amélioration des moyens d’existence des producteurs pauvres au Sahel. Cas des exploitations agricoles à base de mil et de sorgho au Mali. 2019
Dossouhoui, François Vihôdé. Béninois. Développement d’un secteur semencier intégré aux chaînes de valeur du riz local au Bénin. 2019
Yang, Xiaomei. Chinoise. How to Support Environmental Protection Policy in Agriculture: A Case Study in Henan and Hebei Provinces, China. 2019
Ngo Thi Thu, Hang. Vietnamienne. Household risk management strategies in coastal aquaculture in Vietnam: The case of clam farming in Thaibinh province. 2018
Maatala, Nassreddine. Marocain. Impact du partenariat public-privé pour la délégation de gestion du service de l’eau d’irrigation. «Cas du projet El Guerdane dans la région du Souss-Massa». Thèse en cotutelle avec l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II du Maroc. 2018
Nguyen Thi Thu, Hien. Vietnamienne. Rôle des petites entreprises de produits artisanaux traditionnels dans le développement local : cas de la périphérie de Hanoi-Vietnam. 2018
Le Thi Kim, Oanh. Vietnamienne. The contract farming as a determinant promoting tea production and marketing at farm household in Vietnam : a case study in Phu Tho province. 2018
Furaha Mirindi, Germaine. Congolaise. Analyse comparée des chaines de valeur du riz dans la plaine de la Ruzizi de la Communauté Economique des pays des Grands Lacs (CEPGL). 2017
Musabanganji, Edouard. Rwandais. Contraintes et stratégies d’amélioration de la filière maïs au Rwanda. 2017
Andres, Ludovic. Belge. Définition d’un outil d’aide à la décision spatiotemporel structurant et articulant les potentialités de développement agricole : cas du Niger. 2017
Tohinlo, Yécy Judith Peggy. Béninoise. Évaluation des impacts des projets de développement sur les exploitations agricoles et les ménages de l’ATACORA (Nord-Ouest du Bénin). 2016.
Chabi Toko, Roukayath. Béninoise. Place de l’élevage bovin dans l’économie rurale des Peuls du Nord Bénin. 2016.
Kouangpalath, Phimthong. Laotien. Évaluation de l’impact socio-économique en aval des aménagements hydroélectriques : l’exemple du barrage hydroélectrique de Nam Mang 3 au Laos. 2016
Kone, Bouréma. Malien. Mesures incitatives à la production cotonnière et perspectives de la privatisation des filiales CMDT au Mali. 2016
Sabuhungu, Emery Gaspard, Burundais. Analyse de la demande en charbon de bois par les ménages urbains de Bujumbura au Burundi. 2016
Mokhtari, Nourredine, Marocain. Étude de la dynamique de la désertification dans le bassin versant de la Moulouya en intégrant les données issues de la télédétection et les données socio-économiques, Maroc. 2016
Zongo, Bétéo. Burkinabé. Stratégies innovantes d’adaptation à la variabilité et au changement climatiques au Sahel : cas de l’irrigation de complément et de l’information climatique dans les exploitations agricoles du Burkina Faso. 2016
Sossou, Comlan Hervé. Béninois. Le financement de l’agriculture au Bénin : stratégies de gestion et d’adaptation des exploitations agricoles. 2015.
Dang, Thi Minh Luyen. Vietnamienne.  Indication géographique au Vietnam : cas du thé vert Tan Cuong, Thai Nguyen. 2015
Redani, Latifa. Marocaine. Compétitivité, valorisation des ressources et objectifs de sécurité alimentaire pour la filière sucrière au Maroc. 2015
Moussa Dit Kalamou, Mahamadou. Nigérien. Impact de la dynamique foncière dans la lutte contre l’insécurité foncière et la pauvreté des femmes dans la région de Tahoua au Niger. 2015
Laouali, Abdouldadri. Nigérien. Contribution à l’étude de la dynamique de l’élevage pastoral au Niger : cas de la région de Diffa. 2015
Minani, Bonaventure. Burundais. Analyse et stratégies de développement de l’agriculture familiale dans un pays post-conflit : cas de la Province de Kirundo au nord du Burundi. 2014
Assogba Sonagnon, Claude-Gervais. Béninois. Représentations de l’environnement et adoption des pratiques durables de production par les cotonculteurs du Bénin. 2014
Muteba Kalala, Damien. Congolais. Caractérisation des modes de consommation alimentaire des ménages à Kinshasa : analyse des interrelations entre modes de vie et habitudes alimentaires. 2014
Vwima Ngezirabona, Stany. Congolais. Le rôle du commerce frontalier des produits alimentaires avec le Rwanda dans l’approvisionnement des ménages de la ville de Bukavu (Province du Sud-Kivu). 2014
Le Thi Long, Vy. Vietnamienne. Production, transformation artisanale et commercialisation locale des produits alimentaires traditionnels au Vietnam : le cas du vermicelle de tolomane à Hung Yen. 2014
Le Thi Minh, Chau. Vietnamienne. An analysis of access to credit by animal producing households in Hai Duong province, Vietnam. 2014
Mai Lan, Phuong. Vietnamienne. Ménages ruraux et lutte contre la pauvreté : cas des communes de Tu Ly et de Xuan Phong dans la province de Hoa Binh, Vietnam. 2014
Militery Ngamata, Olivier. Rwandais. La résilience chez les plus vulnérables au Rwanda. 2014
Han Quang, Hanh. Vietnamien. Dynamics of agrarian systems in Hai Duong Province, North Vietnam. 2013
Zossou, Enangnon Espérance Bénédicte Eversun. Béninoise. Etude de l’impact de l’apprentissage par la vidéo et la radio rurale sur la transformation à petite échelle du riz local au Bénin. 2013
Phan Dang, Thang. Vietnamien. La filière avicole de chair dans les zones périurbaines de Hanoï, Vietnam : situation économique et perspectives. 2013
Bui Thi Nga. Vietnamienne. Cost monitoring in dairy farms to promote the value chain of fresh milk in North Vietnam. 2013
Gisaro Ca-Madeberi, Ya-Bititi. Rwandais. La structuration du monde paysan au Rwanda : cas des coopératives et des stations de lavage de café de Maraba et de Karaba, District de Huye. 2013.
Bolakonga Ilye, Antoine Bily. Congolais. Influence de l’enclavement sur le développement rural (Cas du territoire d’OPALA, district de la Tshopo, R.D. Congo). 2013
Gahungu, Antoine. Burundais. Dynamique et perspectives de la filière cotonnière du Burundi. 2012
Dembélé, Kouloumégué. Malien. Alternative possible à la production traditionnelle du coton en Afrique dans une perspective de développement durable ? Le cas du système de production biologique et équitable au Mali. 2012
Ho Thi Minh, Hop. Vietnamienne. Integration of farmers in the shrimp subsector in the Mekong River Delta, Vietnam. 2012
Mpanzu Balomba, Patience. Congolais.  Commercialisation des produits vivriers paysans dans le Bas-Congo (R. D. Congo) : contraintes et stratégies des acteurs. 2012
Nganda Afumba, Jean-Pierre. Congolais. Dynamique associative et réduction de la pauvreté rurale : une étude comparative de villages inégalement couverts par des Organisations Non Gouvernementales dans la province du Bandundu et dans l’hinterland de Kinshasa. 2012
Nguyen, Thi Dien. Vietnamienne. Land conversion for industrialization and its impacts on household livelihood strategies in Hung Yen province, Northern Vietnam. 2011
Hoang, Thi Huong Tra. Vietnamienne. Beef cattle systems in the context of sustainable agriculture in Bac Kan Province, the northern mountainous region of Vietnam. 2011
Ahouissou, Brice Anicet. Camerounais. Financement de l’entrepreneuriat rural dans la région du Centre au Cameroun. 2011
Gahiro, Léonidas. Burundais. Compétitivité des filières rizicoles burundaises : le riz de l’Imbo et le riz des marais. 2011
Hofs, Jean-Luc. Belge. Enjeux environnementaux et agroéconomiques de cotonniers transgéniques Bt en petit paysannat africain : recommandations et aide à la décision pour leur utilisation raisonnée. 2010
Kpenavoun Chogou, Sylvain. Béninois. Réformes des marchés agricoles : coûts de transaction, choix des modes de transaction des producteurs et dynamique de l’efficacité du marché des céréales : cas du maïs au Bénin. 2009
Nguyen Dang, Hao. Vietnamien. Evolution of livelihood strategy of the households in the coastal sandy zone of the North Central Region of Vietnam-The case of Thua Thien Hue Province. 2009 
NToto M’Vubu, Alphonse Roger. Congolais. Sécurisation des mécanismes de subsistance des populations rurales du Mayombe. Problèmatique de reconversion d’une économie locale. 2009
Maman Manzo, Haboubacar. Nigérien. Importance de la commercialisation des produits agro-sylvo-pastoraux dans les stratégies adoptées par les exploitations familiales : le cas de la région de Zinder au Niger. 2009
Karangwa, Antoine. Rwandais. Diagnostic et essai de typologie des exploitations agricoles de GIKONGORO (au Rwanda). Formulation et analyse socioéconomique des interventions de développement agricole. 2008
Diepart, Jean-Christophe. Belge. Problèmes et enjeux de l’économie rurale au Cambodge. Entre nouvelles gouvernances et réalités paysannes. Le cas de Kampong Thom. 2007
Khemmarath, Sitha. Laotien. Analyse des facteurs influençant la disponibilité des produits vivriers dans la province de Khammouane, Laos. 2007
Mastaki Namegabe, Jean-Luc. Le rôle des goulots d’étranglement de la commercialisation dans l’adoption des innovations agricoles chez les producteurs vivriers du Sud-Kivu (Est de la R. D. Congo). 2006
Atchoglo, Jules Kodjo Mawuli. Etude de l’impact de la microfinance sur le développement rural : cas de la préfecture de Yoto au sud-est du Togo. 2005
Mugabe, Musabwa Jonas. Les regroupements villageois “Imidugudu” au Rwanda : une étude socio-économique à partir du cas de la Région de Butare Sud-Est. 2005 
Ndayishimiyé, Prudence. Relations cultures vivrières-cultures de rente et dynamiques agraires au Burundi : une étude de cas à partir de trois régions agro-écologiques (Buyenzi, Mugamba-sud et Imbo-sud). 2005
Sery, Zagbaï Hubert. Evaluation de l’impact du coton sur le développement rural. Cas de la région de Korhogo au Nord de la Côte d’Ivoire. 2005
Dogot, Thomas. Méthodologie pour la mise en place d’un outil d’aide à la définition des politiques de développement rural en Région wallonne . 2004
Tran, Tien Khai. Methodology for analysis of rice production costs evolution : application to Mekong Region (Vietnam). 2003
Vu Dinh, Ton. Dynamique des systèmes agraires et transformation des exploitations familiales à l’époque de la transition économique : étude de cas dans trois communes du Nord du Vietnam. 2003
Ndimanya, Patrice. La filière café burundaise : situation et stratégie pour une amélioration de sa compétitivité. 2002
Allali, Khalil. Contribution au développement durable des zones de parcours au Maroc. Modèles de contrôle optima de la mise en culture des parcours et du surpâturage. 2000
Barthelemy, Pierre-Antoine. Analyse de l’emploi agricole dans les régions les plus rurales de l’Union européenne. 2000

Résumé des doctorats effectués au laboratoire d’Economie et Développement rural


Manirakiza, Dismas (2021). Impact des coopératives agricoles des cultures vivrières sur les conditions de vie des ménages ruraux au Burundi : Cas des coopératives de la province de Ngozi. Thèse de doctorat, Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech,  204 p.
Résumé :

Depuis plus de deux décennies, le Burundi a connu un regain d’intérêt pour les coopératives agricoles à la suite de l’appel des partenaires humanitaires visant à réorienter leur intervention face à la dégradation des conditions de vie de la population rurale. Dans la foulée, le gouvernement a accordé une très haute priorité au développement des cultures vivrières pour assurer l’approvisionnement de la population à partir des productions nationales. Au regard de sa situation historique d’insécurité alimentaire récurrente, la province de Ngozi a dès lors subi un foisonnement des coopératives agricoles autour des cultures vivrières. La majorité des coopératives sont impliquées dans l’appui à la production, l’accès et la gestion des intrants, le stockage, la transformation, l’accès au crédit, la mutualisation de l’assurance-santé et la recherche des marchés.
L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact des coopératives agricoles des cultures vivrières sur les conditions de vie des ménages ruraux au Burundi, notamment dans la province de Ngozi. Cette étude qui s’étend sur une période de 2016 à 2020, a privilégié l’approche terrain par la réalisation d’enquêtes auprès des paysans membres des coopératives et ceux n’appartenant à aucune organisation paysanne et d’entretiens formels et informels avec les divers acteurs de la coopération agricole. Les enquêtes ont été conduites dans un premier temps sur un échantillon de 90 membres aléatoirement choisis dans six coopératives de cette province, spécialement dans deux communes, Busiga et Gashikanwa, et dans un deuxième temps, sur un groupe témoin de 60 non-membres sélectionnés dans le même groupe social que les premiers.
Cette étude met en lumière les services offerts par les coopératives à leurs membres et dans une certaine mesure à la communauté environnante. En fonction de leur taille, elles constituent un canal privilégié pour l’approvisionnement en intrants agricoles et l’apprentissage de nouvelles techniques culturales. La valorisation de la production (stockage, transformation, vente et warrantage) fait partie de leurs préoccupations. Face aux défis de l’accès au financement agricole, les coopératives innovent des alternatives d’accès aux petits crédits. Avec la solidarité mutuelle, qui est d’ailleurs le socle de la coopération, les membres se cotisent pour constituer un dispositif d’assurance santé communautaire. Les coopérateurs bénéficient aussi des formations sur l’hygiène, le petit entrepreneuriat, la protection de l’environnement, etc.
Dans l’évaluation de l’impact, les résultats montrent que les coopératives exercent des effets sur la majorité des aspects de conditions de vie de leurs membres. Au niveau de la production, le test statistique montre un écart significatif des rendements (kg/ha) de la banane entre les deux groupes (p = 0,075) au seuil de 10%. L’impact correspond à une augmentation moyenne du rendement de 640 kg/ha par ménage des membres.
Vu que la banane est une culture importante dans la consommation et surtout dans la commercialisation, l’augmentation de sa production apporte un revenu relativement élevé. Dans la foulée, le stockage permet aux coopérateurs de bénéficier d’une plus-value de la production et d’obtenir un crédit warrantage.
Pour ce qui est de l’élevage, l’impact s’évalue à une augmentation moyenne de 0,40 bovin et de 0,46 caprin par ménage des membres. Cette situation dénote une détention de richesse (épargne en nature) d’une valeur moyenne de 160.000 Fbu (bovin) et 46.000 Fbu (caprin); ce qui leur confère également une forte estime sociale et une grande opportunité d’acquisition de fumier relativement plus importante.
L’analyse comparative révèle un écart significatif entre les montants moyens de crédits contractés par les deux groupes. L’écart moyen de 28.500 Fbu constituerait donc un impact induit par l’adhésion dans les coopératives.
En ce qui concerne l’habitat, l’écart est significatif pour la qualité des matériaux des murs, l’accès à l’eau potable et la nature des latrines. En effet, l’impact correspond à une baisse de 13% du niveau de possession des maisons à murs en pisés, une diminution de 9% du niveau de consommation d’eau non potable et une augmentation de 7% du niveau de possession de latrines aménagées chez les membres. Si bien que l’écart n’est pas significatif pour la nature du sol, le niveau de possession des maisons en terres battues est en baisse de 9% au profit des sols cimentés. A cet égard, les membres paraissent moins exposés aux risques d’accident et aux conditions d’hygiène précaires que les non-membres. De plus, la mutualisation de l’assurance maladie au sein de la coopérative leur offre une accessibilité financière et physique aux soins de santé relativement élevée. L’écart est aussi significatif quant au nombre de maisons en possession dans les ménages. L’impact obtenu est de 0,5 maison correspondant à un supplément de maisons possédé par un ménage des coopérateurs. En rapport avec les équipements de la maison, l’impact apparaît dans la possession de l’armoire et de la salle à manger. Une maison supplémentaire et la possession des équipements dits « complémentaires » permettent de renforcer le confort d’un ménage. En rapport avec la possession d’autres moyens matériels, l’impact apparait dans la détention du vélo et de la radio dans les ménages des membres. Le vélo joue un rôle majeur au niveau de la rapidité et du coût des activités exercées dans le foyer et la radio leur permet d’être constamment informés.
L’analyse du décrochage scolaire révèle un impact correspondant à une diminution moyenne de 0,15 abandon scolaire dans les ménages des membres. Quoi que l’écart soit minime, la baisse de 15% dans la prise d’un seul repas par jour dans le groupe des membres de la catégorie à faible revenu pourrait aussi constituer un impact.
À la sortie de la crise, les coopératives ont réussi à rassembler des personnes vivant sur les mêmes collines autour d’un idéal commun. L’harmonie sociale observée dans les coopératives étudiées se traduit par l’entraide dans de nombreuses situations.

Masiale Bode, Mabu (2021). Contribution des concessions agricoles périurbaines à l’approvisionnement alimentaire de la ville de Kinshasa. Thèse de doctorat en cotutelle avec la Faculté en Sciences agronomiques de l’Université de Kinshasa, Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech,  260 p.
Résumé :

Les enjeux de l’évolution démographique de la ville de Kinshasa et de ses besoins en approvisionnement alimentaire ont conduit cette recherche doctorale à s’intéresser au cas des concessions agricoles périurbaines. Deux objectifs spécifiques ont été assignés à cette recherche. Le premier était celui d’analyser la sécurité de la tenure foncière des titulaires des concessions agricoles. Le second portait sur l’analyse des systèmes de production de ces concessions agricoles. Ces deux objectifs ont été opérationnalisés séparément et intégrés ensemble grâce à l’adaptation de la théorie évolutionniste des droits de propriété sur les terres rurales agricoles de Kinshasa.
La dissertation développée dans le cadre de cette thèse a nécessité l’adoption d’une démarche scientifique inductive fondée sur l’analyse des ressources documentaires, les entretiens avec les acteurs-clés, les enquêtes auprès des concessionnaires agricoles et les observations, avec pour ancrage empirique les concessions agricoles de la commune périurbaine de Mont-Ngafula à Kinshasa. Il ressort des résultats de cette thèse que :
– La part de la superficie de la commune de Mont-Ngafula consacrée aux concessions agricoles entre les 1975 et 2015 s’élève à près de 5 491,65 ha, soit 15,3% de la superficie totale de cette commune ;
– Les terres rurales de Mont-Ngafula sont gérées à la fois par les autorités administratives et coutumières. Cette cohabitation des pouvoirs concédants pousse les acquéreurs des concessions agricoles à formaliser leur statut foncier en deux phase. Elle commence par la reconnaissance auprès du chef coutumier des terres rurales d’appartenance territoriale du lopin de terre visé (étape illégale par rapport à la loi foncière de la RDC mais légitime sur le plan coutumier) et ensuite auprès du conservateur des titres immobiliers du ressort d’appartenance de la même terre pour les formalités administratives. Cette double validation du statut foncier confère aux titulaires des concessions agricoles la sécurité de leur tenure foncière ;
– Les acquéreurs des concessions agricoles sont majoritairement des personnes physiques actives dans les secteurs non-agricoles. Ils ne sont pas des professionnels de l’agriculture et ne résident pas dans leurs concessions agricoles. Ils s’appuient sur une main-d’œuvre (familiale et salariée) de faible effectif, peu qualifiée et des équipements de production rudimentaires au regard des potentiels fonciers disponibles. Le taux de valorisation des terres obtenues en concessions agricoles est faible et diminue avec l’augmentation de la superficie des terres concédées ;
– Les denrées alimentaires produites sont d’origine végétale et animale. Les rendements des cultures sont de loin inférieurs aux minima envisageables théoriquement. Les élevages des animaux basse-cours, du bétail et de la pisciculture sont de moindre importance. Les titulaires des concessions agricoles priorisent l’arboriculture. Ceci afin d’obtenir rapidement le contrat d’emphytéose et de le conserver. Ce contrat est l’unique titre de propriété foncière officiellement reconnu en RDC ;
– Les revenus tirés de la production agricole sont majoritairement négatifs dans toutes les catégories des concessions agricoles. Lors que ces revenus sont positifs, ils ne représentent absolument rien par rapport au résultat de la plus-value des terres à Mont-Ngafula. L’accès à cette plus-value pour les titulaires des concessions agricoles est rendu possible grâce à la possibilité légale d’obtenir une autorisation de changement de destination des terres acquises en concessions agricoles vers les terres résidentielles.
Il ressort des investigations menées que la sécurité de la tenure foncière des acquéreurs des terres en concessions agricoles n’intègre pas d’incitations conséquentes à l’investissement agricole. En effet, la majorité des concessions agricoles de la Commune de Mont-Ngafula bénéficie d’une sécurité foncière qui, malheureusement, ne profite pas à l’approvisionnement alimentaire de la ville de Kinshasa, mais sert plutôt à la thésaurisation du capital foncier dont la plus-value dans les zones périurbaines de Kinshasa ne fait que accroître à cause du lotissement induit par l’extension horizontale continue de la ville. Pour sortir de ce paradoxe et conserver la vocation agricole des étendues de terres agricoles de la périphérie de Kinshasa, les recommandations ci-après sont proposées : la subordination du contrat d’emphytéose par le contrat agricole, la professionnalisation de l’agriculture dans les concessions agricoles (profil du gestionnaire, système de production et services techniques), l’accès aux crédits pour le financement des activités agricoles et, l’application d’une taxe foncière aux taux différenciés selon le niveau de mise en valeur des concessions agricoles acquises. Enfin, les recherches sur l’apport de l’agriculture périurbaine à l’offre alimentaire de la ville de Kinshasa, notamment la contribution des concessions agricoles, devraient se poursuivre et s’intensifier.

Bitama, Pierre (2021). Le rôle du théier dans les petites exploitations familiales au Burundi : le cas des complexes théicoles de Teza et d’Ijenda. Thèse de doctorat, Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech,  154 p.
Résumé :

Depuis son introduction en 1963, le théier est à la base d’une filière stratégique au Burundi. La théiculture a une importance capitale dans la vie socio-économique pour plus de 60.000 exploitants-théiculteurs, crée de l’emploi et procure des devises pour le pays. L’objectif de la recherche visait à mettre en évidence l’importance du théier dans les moyens de subsistance des exploitants-théiculteurs. Les objectifs spécifiques sont : (i) inventorier toutes les ressources des exploitants-théiculteurs qui leur permettent d’assurer leur subsistance , (ii) mettre en relief les risques et contraintes auxquels les exploitants-théiculteurs font face, (iii) analyser les stratégies développées par les exploitants-théiculteurs pour assurer leur survie, (iv) mettre en relief la contribution du théier dans les moyens de subsistance des exploitants-théiculteurs et (v) dégager et discuter les défis et contraintes dans la théiculture du pays.
Pour atteindre les objectifs spécifiques, l’étude a emprunté un modèle d’analyse des moyens de subsistance pour comprendre le système d’exploitation agricole dans sa globalité avant de mener une étude spécifique sur le théier sous l’analyse de la chaîne de valeur de la filière sur ses aspects technico-économiques et de gouvernance. L’étude a été réalisée grâce à l’analyse des données primaires collectées sur terrain et secondaires via une recherche documentaire. Les données primaires ont été collectées en 2018 et 2019 auprès des acteurs (les responsables) chargés de la production, de la transformation et de la commercialisation du thé ainsi qu’auprès d’un échantillon aléatoire de 120 exploitants-théiculteurs des zones de Teza et d’Ijenda.
Les résultats ont montré que les exploitants-théiculteurs recourent à une complémentarité de ressources. Ils sont confrontés à une pluralité de risques et contraintes particulièrement au niveau des cultures vivrières et maraîchères, une menace pour les exploitants-théiculteurs qui vivent essentiellement de l’agriculture quoique des stratégies d’adaptation soient développées. Par contre, l’exploitation du théier dans la zone d’étude a démontré une particularité de la plante et les résultats ont mis en évidence des caractéristiques et vertus intrinsèques du théier. Les recettes régulières du théier tout au long de l’année permettent aux exploitants-théiculteurs de s’approvisionner régulièrement en denrées alimentaires, de surmonter la période de soudure et de subvenir à d’autres besoins. Cette régularité des recettes classifie les exploitants-théiculteurs de cette zone dans une typologie de pauvreté des exploitants ayant une assurance financière susceptibles de basculer dans une catégorie des « aisés » en cas d’amélioration des moyens de survie non monétaires. De plus, le caractère de pérennité et de résistance aux aléas climatiques de la plante au pays fait qu’elle soit exploitée de génération en génération. Elle constitue une pension pour les exploitants-théiculteurs à l’âge de la vieillesse. Elle est le seul gage pour contracter un crédit. La prise en compte des recommandations formulées (le remplacement des théiers non productifs, le reboisement continuel, la diversification du produit, etc.) pour faire face aux défis identifiés dans le secteur augmenterait le rendement, la profitabilité et renforcerait la résilience des exploitants-théiculteurs.

Phan Thi, Thuy (2021). Perennial crop systems in Dak Lak province, Vietnam: Practices and socio-economic analysis. Thèse de doctorat, Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech,
179 p.
Résumé :

Perennial crops play a valuable role in agricultural economics, as they provide goods for export and jobs for the workforce as well as contribute significantly to economic prosperity at the national level.
Vietnam has a high potential for perennial crop development, and thereby achieve an explosive growth in agricultural commodities. In terms of perennial crops, Vietnam now ranks among the top five international exporters of coffee, pepper and cashew. Vietnam is the second-largest producer of coffee worldwide, while it is the leading exporter of pepper globally. In 2018, the planted area of the dominant perennial crops (coffee, pepper, rubber, tea and cashew nut) reached around 2.2 million hectares (ha) nationwide, an increase of 9,000 ha compared to 2017. The Western Highlands has the largest region of perennial crop production with an area of 1.151 million ha. Dak Lak province has favorable conditions of soil (1,450 ha of basaltic soils of volcanic origin, which equals two thirds of the total basaltic soil area nationwide), as well as weather and amount of arable land, which creates an advantageous situation for the culture of perennial crops.
Remarkably, the planted area of coffee and pepper dominated production at about 30% of the whole country’s production in 2018, respectively. Over the years, perennial crops have changed considerably being usual dynamics of requirements. Despite its advantages and positive development trends, provincial perennial crop production has faced numerous constraints due to price fluctuation, unpredictable climatic trends, and incidence of pests and diseases. Thus, perennial crop production needs further research to ensure more evidence.
Based on a systematic survey, focus group discussion, key informant interviews and participatory observation, this research project was undertaken to evaluate the practices and socio-economics of perennial crop systems in Dak Lak province, namely monocultures and intercropping systems. The aims of this project are to understand the distinct stages of perennial crop systems and to identify the socio-economic benefits of different systems concentrating on coffee and pepper crops. Additionally, the remaining aim of the study finds determinants affecting the farm’s decision of adoption. The results provide critical references for farmers and policymakers on implementation or decision to plant a particular perennial crop and strategies. The findings show that the type of crop that was planted by the farmers evolved considerably in terms of crop types, crops grown, farm size, type of system and an increase of total cultivated surface. In addition, under driving forces including socio-economic transformation, political changes and ecological movement, perennial crop systems are well changed. Indeed, for many years, perennial crop systems have experienced an evolution through five stages, namely large-scale coffee and rubber plantations; perennial crop systems which are state-owned farms and cooperatives; intensified perennial crop systems; mixed crop systems, and the specialized and diversified perennial crop systems. At present, perennial crop systems are put into practice which take into account climate change, marketing and losses of fertile lands. These systems include monocultures and intercropping, which are two representative models of perennial crop systems which are investigated in this study. Simultaneously, a comparative assessment of the socio-economic benefits between two monocultures (coffee and pepper mono cropping) and an intercropping system (coffee and pepper intercropping) is presented in which the intercropping is more efficient than the monoculture under the context of constraints on key resources, risk and uncertainty. Respectively, intercropping is not only demonstrated to have high economic returns and limitations of economic risk due to the volatile market but also to have the benefits of extended seasonal employment and attraction for women as farmworkers on small farms. In other words, coffee and pepper intercropping is the most desirable option to obtain socio-economic benefits in perennial crop systems. In addition, the classifications in different approaches and groups producing are also organized to clarify these economic performances by cost-benefit analysis. The further results are obtained that intercropped farm approaches, especially in intercropped coffee farms (ICFs) generate more economic earnings than intercropped pepper farms (IPFs) while group producing coffee (GpC) appears to be more appropriate for smallholders than group producing pepper (GpP) does.
At the same time, conclusions from binary and multiple logistic regression analysis highlight factors affecting decision-making of farms’ decision in adopting. These factors include household characteristics, farm profits and crop profiles.
This study supplies information that will allow farmers to develop productive planning with respect to choosing suitable perennial crop systems, and assist policymakers in forming small-scale perennial crop production strategies in Dak Lak province. In addition, the factors highlighted here are taken into account in the development of perennial crops.

Bui Thi, Lam (2020). How to finance agricultural activities in mountainous areas of Viet Nam? A case study in Lao Cai province. Thèse de doctorat, Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, 196 p.
Résumé :

In the Northern Midlands and Mountains (NMM) region, the agricultural sector plays an essential role in the local economy because it is the main livelihood of the majority of the rural population. Among the factors influencing agricultural development, capital/financing has been becoming increasingly important because it affects the inputs used, investment in fixed assets, and the application of advanced technology. Unfortunately, the NMM region is the poorest area of the country, therefore, almost farmers here lack of capital to finance their agricultural production. This explains the reason why they still remain to be stuck in the cycle of chronic poverty: low investment, low productivity, low income. Moreover, several recent empirical studies reveal that agribusiness and other agriculture-based actors in Viet Nam also face with financial shortages. This study, therefore, examines financial demands of farmers and other farming actors in Lao Cai province as well as their constraints to access affordable credit to finance agricultural activities, and then, suggests feasible recommendations to increase funds to agriculture in the research site.
In this study, we approach the agricultural financial markets in Lao Cai province based on financial supply-side and demand-side analysis. On the supply side, 24 in-depth interviews with financial providers about their agricultural credit provision were conducted. On the agricultural finance demand side, we study two subclasses: (i) agricultural production by local farmers and (ii) the Seng Cu (SC) rice value chain, including production, processing, and consumption activities. At the general level, agricultural production, the study surveyed 193 farm households to determine their financial needs and their actual access to credit for agricultural investments. At the agricultural value chain financing analysis, we conducted 160 SC rice producers and 31 chain actors (small collectors, large collectors, and retailers). In addition, two econometric models are applied to determine the factors affecting the results of banking credit application of households; and, the influence of internal and external financing on SC rice production.
Our findings show that the financial sources for agricultural activities are diverse: formal sector (two state-owned banks: VBARD and VBSP); semi-formal sources (Farmers’ Union, Women’s Union); informal actors (moneylenders, friends, relatives), and direct Government’s subsidies (Program 135, 30A and World Bank’s Project). Compared to other financial providers, VBARD and VBSP have many advantages related to loanable funds, transaction points, and low-interest credit. However, credit provision of banks likely creates credit constraints to local farmers. Specifically, VBARD just devoted a small proportion (18.3%) of credit volume to farmers. In addition, VBARD’s and VBSP’s decision-making on disbursement strongly depends on assessments of local authorities, it is sometimes distorted by nepotism. In addition, credit services in terms of duration and repayment methods are not much improper, compared to clients’ demands.
The survey of 193 farm households shows that a large proportion (84%) of the households have high credit demand because their own capital is not enough to finance their agricultural activities. Among farmers applied a loan at banks, 48% of them received nothing or smaller loans than their desires. They are mainly small and medium farmer households. Using the Multinomial Logistic Model (MLM), the study points out determinants of credit access of households: (i) lack of collateral; (ii) lack of good relationships with local authorities involved in application screening, (iii) low human capital (education/ethnicity). Difficulties in formal credit access, these farmers often fall into the following three actions: 1) reduce investment in agriculture; 2) using a large proportion of self-produced and low-quality inputs; and/or, 3) borrow money from informal lenders at very high interest rates. All these actions make agricultural production inefficient and undermine farmers’ income. Arguably, although they are the beneficiaries of the preferential credit policy, they are often excluded from the formal credit market, which leads them still to be stuck in a vicious cycle of chronic poverty.
Likewise, the majority of actors participating in the SC rice value chain had high specific financial needs. SC rice growers received high-quality inputs and technical assistance from the input supplier (JVC) and the purchasing enterprise (TPC), which help them to reduce diseases, price, and market risks. Besides the advantage of SC rice’s selling retail price, the linkages between chain actors contributed to the great potential of this value chain. However, banks still maintained the strict risk-avoidance strategy, which strongly depends on collateral of individual chain actors, not the entire chain. As a result, almost chain actors received lower-than-expected loans from banks, especially SC rice growers in uplands and TPC.
From the above research results, we can conclude that improving banks’ efficiency in credit provision and banks’ participation in the chain are the first steps to improving the agricultural finance system in the research site. In addition, farmers and other chain members need to improve their production capacity and financial management in order to be assessed creditworthy by the bank. In addition, it is necessary to enact new legal regulations from the Government to encourage value chain financing models nationwide and to support the infrastructure system in mountainous areas. The coordination among four key players: producers, businesses, banks, and the public sector is a comprehensive solution for agricultural finance in the research site.

Nguyen Thi Hai, Ninh (2020). How to value labor in agricultural production: a case study in the Red River Delta, Vietnam. Thèse de doctorat, Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, 239 p.
Résumé :

In Vietnam rural area, agricultural production is still a main occupational activity of millions laborers and be major income source of them. Despite this important role, it is often debated that the most concerning issue in labor market of Vietnam rural areas is job creation. In other word, the actual capacity of agriculture to create new employment is rather low compare to non-agricultural sectors. This issue leads to the large migration of young, experienced and skilled laborers from rural to urban areas as well as from agriculture to non-agricultural sectors. As a consequence, agricultural labor in many provinces of the country are mostly un-trained and the old aged. This shortage of skilled laborers not only directly affects agricultural production at farm household level but also is a challenge to the implementation of rural renewal targets of the Vietnamese Government. Furthermore, the lack of new job creation for agricultural works in parallel with poor skilled and old aged result in the low wage rate of laborers who work in agricultural sector. This wage rate is equivalent to two-third of the wage of employees in industrial sector, and 50% of the wage of those working in service sector. Not only wage, other forms of value of agricultural employees such as social protection, working condition are also less concerned by employers in rural labor market and the current Vietnam Labor Code neither. In order cope with the shortage of skilled farm labor, rural households in the Red River delta diversify their use of labor by combining family laborers with hired laborers for agricultural activities. Family labor source contains both family farm laborers and family non-farm laborers but still participating in farming activities of the household, especially in the peak season. Within 220 households of the three provinces investigated in this thesis, the highest proportion of family farm laborers is over 45 years old and women are discovered to mostly in charge in agricultural production, especially in rice farming. That is because more non-farm jobs opportunities open for young, healthy, and skilled men rather than women. Hired laborers in agriculture in Bac Ninh, Hai Duong and Thai Binh provinces are divided into two types, seasonal hired laborers and permanent hired laborers. Seasonal laborers are often hired to work in peaking time. In rice farming households, seasonal hired laborers usually work for short period of time such as for the land preparing, transplanting, and harvesting. In clam farming households, seasonal laborers are widely rent in preparing clam plots and harvesting. In general, women are observed to work in seasonal hiring more frequently than men in both household groups. However, seasonal hired laborers are not detected in pig farming group.
Alternatively, laborers in this group are hired on a permanent or longer term basis, normally from three months to a year. When using hired laborers in agricultural production, farm households give the laborers payment that are equivalent to their labor value. Of these payment, wage is considered as the most important value of hired laborers. Basically, the wage is paid in two methods, daily wage for seasonal laborers and monthly wage for permanent ones. The daily wage is applied for farming activities which last within a few days such as manual transplanting, manual harvesting in rice farming or clam harvesting.
The daily wage may be paid in piece for activities such as land preparation and spraying pesticide. Whereas, the monthly wage is common for laborers in pig farming and clam plot guarding. The wage is counted for 30 working days. Average monthly wage of a hired laborer is 161 USD in pig farming and 175 USD in clam farming. Thus, wage rate of hired farm labor in the study sites is equivalent to 70% and 66% of the wage of laborers in industrial and service sector, respectively. A part from the wage, there are different forms of labor values paid by the householders through remuneration such as drink, lunch, bonus for good performance and support for sickness. Such remuneration can be paid in cash or in kind which ranges from 0.3 to 9 USD. For hired laborers, labor welfare usually is a luxury metric as they work in farm households with only verbal agreement. Without written contract, they receive no health insurance and social insurance support. Despite the rather low in wage and labor welfare, hired laborers still present the satisfaction with their employment. Wage is a work feature which contributes the most to their satisfaction, relation with householder is the second important factor. This relationship proves a crucial function of social relation in driving labor supply and demand in agricultural labor market rather than an economic one. Similar to many developing countries, imperfect information is a typical characteristic of the agricultural labor market of the Red River delta, Vietnam. This imperfection influences labor demand in terms of raising cost for monitoring hired laborers of farm households. On the other side, labor migration is considered as a determinant impacting on labor supply of the rural labor market. This study discovers a positive correlation between remittance of migrated laborers sending home and wage paid to hired laborers in the pig and clam farming groups.
Conversely, the more development of agricultural machinery renting market, the less value that householders have to pay for hiring manual farm laborers. In addition to these external determinants, farm size of household, gender and work experience are internal factors which impact on the wage rate that hired laborers can receive. Among the three household groups, the wage of hired laborers in the clam farming is 3.9% higher than the one in the rice farming group. In order to increase the labor value in agricultural production, several interventions by central government and local authorities at different levels in the Red River delta should be taken into account: (1) including agricultural wage laborers into the governance of labor code; (2) promoting the operation of employment service centers in rural areas; (3) improving work skill of farm laborers above 40 years old through training courses which connect with labor demand in the rural labor market.

Ngo Trung, Thanh (2020). Migrant workers in industrial zones and return migration: Case studies in Que Vo and Yen Phong industrial zones of Bac Ninh province and Van Thang commune of Nong Cong district, Thanh Hoa province, Vietnam. (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech.

Résumé :

It is clear that the important role of labor migration in development reflected through the impacts of remittance currently exists in many countries around the world. The complexed nature of migration that needs to interpret in a dynamic context and a changing society. Reviewing literature demonstrates the discourses of the motives of migration across many migration theories. Then, there are plenty of discussions of the motives of migration added from empirical research. However, there is still a lack of literature that requires discussion on why the domestic migrants leave their homes to work at places considered as exploitative and degrading, like industrial zones. In addition, migration is understood as an in and out process. Attempts have been made to explain the motive of out-migration, but few ones focus on return migration. Furthermore, existing literature focuses more on international return migration than internal return migration and the theories of return migration are subject to various debates. Since 1975, after the reunion of Vietnam, the government enforced a policy to restructure the population which led to inter-province migration. Many studies have been conducted on migration ever since, but few focused on return migration. This research survey 310 migrant workers in Que Vo and Yen Phong industrial zones of Bac Ninh province, and 68 returnees in Van Thang commune, Nong Cong district, Thanh Hoa province of Vietnam. Face to face interviews with two designed questionnaires have been applied to those samples. One is for migrant workers and the other is for returnees. Besides, some qualitative methods are also applied for supplementing the data collected by the questionnaires. Through those principle methods, this study found that the motives of migrant workers are complex. Push and pull theory by itself is not enough to explain these motives. The addition of the new economic theory of migration labor has made the explanation of migration motives more complete. Also, the research illustrated that the factors pushing rural people outmigration are, firstly, the local shortage of non-agricultural jobs, causing migrant workers to find alternatives in Bac Ninh industrial zones. More importantly, there is a shortage of cash for daily consumption. This itself, agricultural production, a prominent feature of rural areas, cannot be solved. Interestingly, the economic status of the household before the migration is not considered clearly as a push factor. But, migration to industrial zones is the rural youths’ way of life. Experiencing in these zones aspires those people due to a life different from the areas of origin, acted as a pull factor. Furthermore, migrant workers are all attracted by high labor demand that created easier access to employment in the industrial zones of Bac Ninh. This study also found that social network acts as both push and pull factor for immigrating to the industrial zones. Furthermore, it revealed that migrant workers, a major labor force for industrial zones, now face challenges created by the unstable model of development. The sustainability of the development of industrial zones in Bac Ninh is threatened by the fact that these zones follow the footloose of their development model exposed in the 1990s. Additionally, this study found that migrant workers in industrial zones in Bac Ninh faced a trade-off between accepting a hard life and accumulating capitals as well as experiences for an expected better one afterward. Furthermore, the migration undertaken by migrant workers in industrial zones of Bac Ninh seems to be circular. Regarding return migration, this study demonstrated that the motive to return not only results from potential failures related to the increased living costs of the future married life but also associates with children left behind at the home village with stayers. Returnees are all driven by a filial obligation to their parents, shaped by the norms or culture of the home community. Non-farm employment opportunities around home villages are more of a motive to return for single migrants. This study also found that women play an important role in agriculture development in Van Thang. This sector, is likely a buffer for the negative impacts of the return while the returnees seek better nonfarm employment around their home villages.

Nguyen Van, Huong (2020). Economic analysis of small scale freshwater aquaculture production and its product marketing channels in agro-aquaculture system in Hai Duong province, Vietnam. (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech.

Résumé :

VAC stands for the first three letters of three words: Garden (V), pond (A), cage (C), referring to a smallintensively farming ecosystem model to solve the shortages of food and develop rural economy in Vietnam.
It has been shaped and developed for nearly four decades since Vietnam finished the wartimes and reunification in 1975. At first, the VAC economy may seem to be small, and just a “informal economy”. However, it has been soon become an important role for the strategy of self-sufficient food and economic development to overcome difficulties and hardships of transition period in the past. Since Vietnam approved the autonomous role of household economy after the revolution of “Doi Moi”, the VAC model has been widespread promoted and exploited by many local provincial authorities and farmers in over the country. Hai Duong province is one of the provinces, which has encouraged farm households to develop the VAC model since begin of the 1980s when it first was introduced in the Red River Delta in Vietnam. As impacted VAC ecosystem model, many types of fish farming have been practiced in Hai Duong where emerges to many zones of concentrated aquaculture production converted from rice fields. With the introduction of fish in the existing agricultural systems, farmers have diversified the farming practices in the optimal manner of land use to improve the nutritional food status, increase household income, and create more employment. This leads to the fish production becoming very diverse, complex and dynamic in Hai Duong province. The study has designed to understand the diversifications of the integrated small scale aquaculture (SSA) production models in the Red River Delta. The study results show that four models have been found such as single commercially-intensive fish production system (FS), Animal Fish system (AF), New VAC system and traditional VAC system with different characteristics. Despite these SSA models are differed from one another, they are all in favoured of producing food for farmers’ home consumption or/and commercial products for cash income in parallel reduction the seasonal situation of unemployment in rural areas. Particularly, the economic efficiency of the SSA models has made a great contribution to improve the farm households’ economic condition in the rural in Hai Duong province, Vietnam. These freshwater SSA models are considerably dynamic and diversified by household strategies. In general, they have good efficiency in terms of job creation, food production, and economic benefits. The study also shows that the AF model has the highest economic return while the FS model obtains the lowest. The new VAC and traditional VAC models are significantly diversified to generate different sources of onfarm income. Whereas the new VAC model with a focus on high market value species has higher economic efficiency than the traditional VAC model. This reflects VAC can be developed to in a manner that can generate more cash income for the rural farm households in Hai Duong. Besides, the SSA models have been more intensified and developed the different species of marketable fish to supply to increasingly market demand, fish farmers have been being still faced to many challenges and difficulties of marketing their fish products such as lacks of outlets and marketing channels available at local markets, shortages of storing facilities, means of transportation, and market volatility. These problems require to more governmental interventions on both production and marketing to assist small scale aquaculture production to maintain as a strategic tool to develop the local economy as well as provide farm households a sustainable livelihoods. The supports might be focus on enhancing the production management skills, and market organized in both wholesale and retail markets that would be the most appropriate measures to facilitate the SSA models more developing in Hai Duong province.

Nguyen Thi Minh, Khue (2019). Impacts of migration on agricultural development in Red River Delta, Vietnam. (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, 239 p.

Résumé :

This thesis explores the impacts of rural migration on agricultural production in the context of 30 years after the Đổi Mới (renovation) reform based on a systematic survey of a Vietnamese village, key informant interviews and participatory observation. All data was collected in Mai Thon Village, Bac Ninh province, a typical Red River Delta village. It features the comparative perspective, comparing the situations of household groups participating in different types of migration and non-migrant households and the impact thereof on their agricultural production. This thesis shows that the increasing rural out-migration flows have become more circular with the development of infrastructure. Normally, migrants send remittances back home and bring food from their homes back to the city. Moving back and forth, the migrants themselves are the key factors of rural-urban continuum. Migration has, therefore, become an important generator of change in farming in Mai Thon village.
Remittance plays a central role in local household income and shows a positive case of remittance spending in farming activities. The groups involved in diversified migration types made more remittances to overcome farming constraints than other groups. The remittance used for agricultural production is four times higher than for non-farm. Agricultural production and non-agricultural production are complementary to each other in household earning activities. The majority of migrant households keep their paddy fields and manage to maintain agricultural production on their land in the context of labour lost due to migration in multiple ways including partial abandon, partial leasing, partial lending and partial producing. Agricultural land and farm work, however, are retained as a stable resource, a guarantee of subsistence or a safety net for rural people while boosting their autonomy. In terms of an agricultural production choice, most of Mai Thon households keep rice production as the fundamental agricultural activity, while cash-crop cultivation and livestock raising are vastly reduced. The thesis also explores the expansion of multifunctional households and multi-spatial households to maintain agriculture under the influence of migration. Moreover, households with a migrant labourer continue agricultural production, giving priority to home consumption, which encourages Mai Thon households to keep farming on a small-scale, using local varieties or breeds with a higher nutritional value, enabling better local resource usage and hence more environmentally friendly for their own family and friends. This reaction shows the interesting resistance of peasant farmers in a context of global food crisis, not only in terms of food security but also food safety and food sovereignty. Most migrants prefer declaring their status as “peasants” and “village members” to keep their sense of social security, meanwhile integrating the outside world as “flexible peasants”. As a result, rural households become multi-site households with multiple job holdings and the village becomes a hybrid village where the traditional institutions have mixed with modern ones. This implies that although migration would be considered as a supplemental strategy for agriculture production to increase household security and autonomy, decentralised rural industries provide rural people with close-by extra job opportunities beyond farming, which could prompt people to continue farming.
Even though family farming has an important role in rural household livelihoods, the contribution of agriculture to farmer incomes and rural development depends on the active participation of youth who are the potential labour force. In Mai Thon, a wide range of constraints discourage the youth active participation in agricultural production activities includes: Inadequate credit facilities, low and unstable returns from agricultural investment, the drudgery of agriculture work and availability of employment alternatives Indeed, those constraints have complex interlinks with each other. The prospects for success in the future lie in the fact that despite farming low return, most rural youths still engage in agriculture and consider it as their way of life.

Bashangwa Mpozi, Bosco (2019). Innovations agricoles endogènes : le cas du fruit de la passion au Burundi et comparaison avec le Rwanda et le Kenya. (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, 253 p.

Résumé :

La production du fruit de la passion en Afrique de l’Est a été accompagnée par l’adoption d’innovations endogènes dans le but de promouvoir la productivité et la génération de revenus. Ces innovations sont courantes dans les régions productrices du fruit de la passion au Burundi (Matongo et Isare), au Kenya (Embu et Meru) et au Rwanda (Nyamagabe et Rulindo). Cette étude a analysé l’importance de ces innovations endogènes qui intègrent le fruit de la passion au Burundi, et a fait une comparaison avec le Rwanda et le Kenya. Les objectifs spécifiques de l’étude ont consisté à : i) analyser l’importance socio-économiques et agroécologiques de systèmes de culture intégrant le fruit de la passion, ii) analyser les contraintes rencontrées par les agriculteurs, iii) identifier les changements induits au niveau de l’exploitation familiale et de la communauté, iv) identifier les acteurs qui ont favorisé l’implémentation de la culture. L’étude a privilégié la réalisation d’enquêtes sur terrain auprès d’agriculteurs innovateurs dans les 3 pays et des interviews ont été effectuées auprès des acteurs non agricoles qui ont favorisé l’implémentation de cette culture. L’étude s’est focalisée sur l’analyse des transformations au niveau des exploitations agricoles et sur la dynamique induite au niveau de la communauté ou du territoire. Les résultats de nos enquêtes montrent que le fruit de la passion a été adopté dans les petites exploitations agricoles dont la superficie moyenne est de 0,9 ha au Burundi, 0,8 ha au Rwanda et 2,7 ha au Kenya. Ces superficies sont subdivisées en plusieurs parcelles occupées par différentes cultures : en moyenne, trois parcelles sont occupées par le fruit de la passion au Burundi contre une parcelle au Rwanda et au Kenya. On observe 4 parcelles occupées par d’autres cultures au Burundi et au Kenya contre 3 parcelles au Rwanda. En termes de superficie cultivée, le fruit de la passion occupe en moyenne 39 % de la superficie disponible au Burundi contre 25 % au Kenya et 28 % au Rwanda. Cette forte occupation spatiale, dans un contexte de pénurie foncière, entraîne une tendance à la diminution progressive des superficies consacrées aux autres cultures. On constate qu’au Burundi, seulement 18 % des terres occupées par le fruit de la passion étaient sous culture contre 64 % des terres au Rwanda et 95 % au Kenya. La tendance à l’abandon de cultures peut être évitée par la pratique du système associé qui est très prédominante au Burundi. L’adoption du fruit de la passion a entraîné des modifications dans les systèmes de production. On observe ainsi l’apparition de deux grands systèmes de culture : un système avec le fruit de la passion et un système sans le fruit de la passion. Au Burundi c’est l’association de cultures qui est privilégiée tandis qu’au Rwanda et au Kenya les agriculteurs privilégient la monoculture. Le système associé permet de diversifier les productions agricoles, les sources de revenus et de réduire les risques liés à la monoculture. Par ailleurs, l’association avec les arbres agroforestiers permet d’améliorer la fertilité et la conservation des sols. Elle permet également de fournir des fourrages, de maintenir le couvert permanent du sol, de contribuer à la lutte contre l’érosion, de réduire la pression des maladies et des ravageurs. A côté de modifications observées au niveau des exploitations, le fruit de la passion a permis de créer de nouvelles activités dans les zones d’étude, de nouveaux marchés même en dehors des zones de production. C’est ainsi qu’on observe l’apparition de nouveaux acteurs qui interviennent dans la production, la commercialisation, la transformation et les services. L’analyse économique montre un coût de production du fruit de la passion en monoculture très élevé au Kenya (1989 USD/ha/an) si on le compare à celui du Burundi (1123 USD/ha/an) et du Rwanda (1067 USD/ha/an). Ceci est expliqué par des investissements importants en ce qui concerne les intrants et le coût de la main d’œuvre qui sont élevés au Kenya. Toutefois, les résultats montrent que la production du fruit de la passion en monoculture crée de la richesse avec des valeurs ajoutées brutes positives au Burundi (3417 USD/ha), au Rwanda (3808 USD/ha) et au Kenya (7039 USD/ha). Par ailleurs, on constate qu’au Burundi le système associé valorise mieux la terre grâce à sa valeur ajoutée plus élevée (3955 USD/ha) que celle observée en monoculture (3417 USD/ha). A la lumière de ces résultats, favoriser l’adoption du fruit de la passion en association de cultures permettrait de répondre aux multiples défis auxquels font face les agriculteurs en Afrique de l’Est.

Sissoko, Penda (2019). Le microdosage d’engrais : une technique d’amélioration des moyens d’existence des producteurs pauvres au Sahel. Cas des exploitations agricoles à base de mil et de sorgho au Mali. (Thèse de doctorat ), Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro -Bio Tech, 269 p.

Résumé :

Le mil et le sorgho constituent la base de l’alimentation des populations du Sahel. Ils représentent les plus importantes céréales au Mali, tant par leurs superficies que par leurs consommations par les ménages ruraux. Cependant, les rendements observés pour ces deux cultures dans le système traditionnel sont faibles comparativement aux cultures du maïs et du riz. Ils sont tributaires des conditions climatiques et édaphiques mais aussi des conditions socio-économiques des producteurs. Pour trouver des solutions à ces contraintes, les recherches agricoles au Sahel, depuis des décennies, visent à améliorer la productivité du mil et du sorgho par le développement de paquets techniques adaptés aux différentes zones de culture en vue d’atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) des populations et de contribuer à la réduction de la pauvreté en milieu rural.
La fertilisation localisée au poquet ou microdosage d’engrais est l’une des innovations techniques mise au point par l’Institut International de Recherche sur les Cultures des Zones Tropicales Semi Arides (ICRISAT) pour répondre aux contraintes socio-économiques des producteurs afin d’être adoptée et diffusée dans les zones sahélienne et soudano-sahélienne d’Afrique Occidentale (Mali, Burkina Faso, Niger). Au Mali, le microdosage d’engrais est réalisé manuellement ou mécaniquement par les producteurs sur les cultures du mil et du sorgho.
La thèse a porté sur l’exploration des effets de l’introduction de la technique du microdosage d’engrais dans les systèmes d’exploitation agricole à base de mil et de sorgho. Elle a d’abord abordé les questions de la vulnérabilité des cultures de mil et de sorgho pour ensuite évalué l’adoption et la performance de ces deux cultures, basées sur l’application de la technique du microdosage d’engrais comparativement au système conventionnel (pratique paysanne) à l’échelle de la parcelle. Elle a également analysé les déterminants de la productivité du mil et du sorgho avec ces techniques. L’identification des déterminants et l’évaluation des effets de l’adoption à grande échelle de la technique du microdosage d’engrais sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) des exploitations agricoles ont été analysées ainsi que la durabilité de la technique afin de proposer des mesures techniques et politiques contribuant à faciliter son adoption par les exploitations agricoles.
La méthodologie adoptée dans cette thèse a consisté à collecter des données sur la base d’enquêtes diagnostiques et de suivi auprès d’un échantillon d’exploitations agricoles pendant deux campagnes agricoles. Les analyses ont concerné, les statistiques descriptives, les analyses de variances et les analyses paramétriques. Les logiciels utilisés à cette fin sont SPSS, STATGRAPHICS et STATA.
Les perceptions des producteurs analysées suite aux enquêtes diagnostiques ont montré que la variabilité pluviométrique, la pauvreté des sols et l’insuffisance d’équipements agricoles sont les principaux facteurs de risques de vulnérabilité de la productivité des systèmes de culture à base de mil et de sorgho. Parmi les principales stratégies utilisées par les producteurs pour la réduction de la vulnérabilité des cultures, le microdosage d’engrais en est une (76%).
Les résultats des enquêtes de suivi ont montré un taux d’adoption de 69% des techniques manuelle et mécanique de microdosage au niveau des exploitations enquêtées. Les indicateurs technico-économique évalués à l’échelle parcelle de mil et de sorgho ont montré que le système de culture adoptant les techniques de microdosage d’engrais est plus performant comparé à celui utilisant la pratique paysanne. Ces performances ont été observées à travers des augmentations significatives des rendements grain de mil et de sorgho, des marges nettes plus élevées, des valeurs supérieures de productivité du travail et de valorisation de la journée de travail familial et des valeurs de taux de rentabilité économique avoisinant 100% pour la technique manuelle et presque le double (200%) pour la technique mécanique.
Les résultats montrent aussi que l’adoption de la technique du microdosage d’engrais à grande échelle par les agriculteurs contribue à l’amélioration de la SAN par une meilleure couverture des besoins céréaliers des exploitations agricoles adoptantes. La décision d’adoption des techniques de microdosage d’engrais est significativement et positivement affectée par l’accès des producteurs à la subvention d’engrais, leur perception de la réduction du coût de l’engrais minéral, de l’augmentation des rendements des cultures, de la réduction de la période de soudure et de l’amélioration des revenus des ménages.
La durabilité économique, sociale et agro-écologique de la technique du microdosage d’engrais dans les systèmes d’exploitation à base de mil et de sorgho devrait pouvoir être assurée à travers : i) la disponibilité et l’adoption de cette innovation technique par les producteurs, ii) l’accès des producteurs à l’engrais minéral et son utilisation judicieuse sur les parcelles, iii) la dotation des producteurs en équipements mécaniques pour réduire la pénibilité du travail manuel; iv) le strict respect du calendrier agricole; v) l’accompagnement institutionnel des producteurs à travers des subventions partielles des moyens de production (intrants et équipements) et aussi des incitations économiques pour l’accès au crédit.

Dossouhoui, François Vihôdé (2019). Développement d’un secteur semencier intégré aux chaînes de valeur du riz local au Bénin. (Thèse de doctorat ), Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro -Bio Tech, 206 p.

Résumé :

La riziculture béninoise a un défi majeur : produire du riz de qualité en quantité suffisante pour couvrir les besoins nationaux et réduire ainsi les importations. Deux faiblesses s’opposent à l’atteinte de ces objectifs : la faible productivité et la faible qualité des produits finis. Ces deux faiblesses ont un lien étroit avec l’utilisation des semences de qualité. La semence constitue un facteur de productivité qui à lui seul pourrait contribuer à 40% des améliorations des rendements (FAO, 2008). La semence porte le potentiel génétique de la variété et détermine en grande partie l’efficacité des autres intrants et conditions de production. Par conséquent, la graine est un des facteurs essentiels pour tout système de production végétale. D’autres facteurs comme l’adaptation de la variété à l’écosystème de production, le respect du calendrier de production, la qualité des intrants, les conditions de production, etc. influencent aussi largement les résultats de la production. Après plus de cinquante années de vulgarisation des semences certifiées, « le taux d’adoption de ces semences est resté en général très faible en Afrique, avec seulement 22% au Bénin » (Kinkingninhoun- Medagbe, 2013).
Le Bénin dispose d’un potentiel non négligeable en ressources naturelles pouvant lui permettre d’assurer son autosuffisance en riz. La production rizicole béninoise connaît depuis ces vingt dernières années une progression quantitative sensible passant de 13 686 tonnes de paddy en 1994 à 281 428 tonnes en 2016 (FAOSTAT, 2018) Cette importante augmentation de la production rizicole de plus de 20 fois en vingt-deux ans, s’est faite en grande partie grâce à une augmentation des superficies (8 736ha à 82 351 ha). La dévaluation du franc CFA en 1994 et la crise alimentaire de 2008 ont été les déclics. Les rendements moyens ont aussi progressé mais dans une moindre mesure. Ils sont passés de 1,7 t/ha en 1994 à 3,4 t/ha en 2016. Ce niveau de rendement reste cependant inférieur à la moyenne mondiale qui dépasse aujourd’hui 4,6 t/ha mais supérieur à la moyenne de l’Afrique de l’Ouest qui est à 2,09t/h en 2016, Sénégal 3,9 t/ha et Mali 3,3 t/ha (FAOSTAT, 2018). Une réelle marge de progression existe encore.
Le mélange variétal qui s’observe depuis les champs de production est la problématique principale qui se pose à travers l’accessibilité des petits producteurs (moins d’1ha) aux semences de qualité. «96% des riziculteurs du Bénin ont des emblavures de moins d’un hectare » (Allodehou et al., 2013). Cette thèse a réalisé une analyse intégrée des questions semencières dans les chaînes de valeur des produits finis. L’objectif général de cette thèse est d’analyser les dynamiques au sein des systèmes semenciers existants et d’identifier des options d’amélioration pour faciliter l’accès des petits producteurs aux semences de qualité. Plus spécifiquement, cette thèse a : i- réalisé un état des lieux analytique de la filière rizicole du Bénin ; ii- fait un diagnostic approfondi du système semencier formel du riz ; iii- identifié les mécanismes de production et de distribution des semences dans le système informel et les raisons de leur persistance et ; iv- proposé un modèle intégré pour une amélioration de l’efficacité du système semencier du riz au Bénin.
Cette recherche a été conduite suivant une approche participative et transdisciplinaire. Elle a suivi une démarche systémique fondée sur une approche d’analyse holistique. La collecte des données s’est déroulée en plusieurs phases et suivant les principaux objectifs de la recherche. Elle a commencé par la phase de revue documentaire qui s’est poursuivi tout au long de cette recherche.
Une étude exploratoire de toute la filière rizicole nous a conduit à un diagnostic des principales difficultés ou contraintes au développement des différentes chaînes de valeur du riz local au Bénin. Cette étude exploratoire a été menée en 2013 dans tous les bassins rizicoles au Bénin. Il en ressort que la qualité des semences (taux de germination, pureté variétale, adaptation aux conditions écologiques, sécheresse, maladies et rendement) est évoquée par les producteurs comme un des principaux facteurs de productivité. Les transformateurs ont aussi identifié le paddy mélangé, comprenant plusieurs variétés, comme facteur de faible rendement à l’usinage (taux de brisure élevé). Les commerçants, jugent la qualité du grain décortiqué à travers une observation visuelle, basée sur l’homogénéité et la coloration des grains, qui selon eux est en grande partie déterminée par la pureté variétale. Le mélange variétal donne un mauvais résultat à la cuisson et un goût désagréable aux consommateurs. Ainsi, la qualité des semences de riz influe sur tout le secteur de la riziculture locale.
Le diagnostic participatif a été conduit dans 15 communes réparties dans les divers bassins rizicoles au Bénin dans le but de mieux appréhender le fonctionnement des chaînes de valeur du riz local. Les résultats de ces investigations montrent que les mesures qui ont été prises par le gouvernement, notamment la subvention sur les semences, les engrais et l’aménagement de périmètres de production, en réponse à la crise alimentaire de 2008, ont stimulé la production du paddy (73.000 Tonnes en 2008 à 220.000 Tonnes en 2012) et le développement des chaînes de valeur du riz local. Plusieurs labels de riz local ont ainsi vu le jour. Depuis 2014, les mesures gouvernementales destinées à booster la production se sont essoufflées et la production stagne à nouveau.
Les études approfondies ont porté sur les modes opérationnels des systèmes semenciers en vigueur et aussi sur des thématiques spécifiques avec des groupes d’acteurs bien ciblés dans les trois départements où la recherche s’est focalisée à savoir les Collines, le Zou et le Couffo. Ce sont les structures étatiques qui dominent le système semencier formel (SSF) au Bénin. Les entreprises privées ont du mal à s’établir et à prospérer durablement dans un environnement de politique interventionniste qui subventionne les semences et qui crée de ce fait des conditions non-compétitives. Cependant, les analyses financières ont révélé que la production de semences est deux fois plus rentable que la production du paddy dans les systèmes de riz de bas-fond et de riz irrigué, et l’est trois fois plus dans le système pluvial. Les producteurs semenciers sont généralement des responsables des organisations de producteurs du riz.
La faible utilisation des semences de qualité, continue de trouver ses raisons dans les conditions de faible accessibilité. Les coûts de cession, la disponibilité physique des semences, le délai et la circulation des informations sur les nouvelles variétés sont les facteurs souvent mis en cause. Le système semencier formel ne répond pas convenablement aux attentes des petits producteurs de riz du Bénin, alors que ce sont les petits producteurs qui assurent l’essentiel de la production nationale.
Les modes et conditions d’accès aux semences informelles sont plus variés (don, échanges, emprunts, achats) et plus adaptés aux situations des petits producteurs de riz. La qualité des variétés paysannes obéit à des normes sociales et culturelles locales étant entendu que la production sert souvent à l’autoconsommation.
Le type de semences utilisé dans la production rizicole devrait, en effet, être déterminé par les objectifs poursuivis par le producteur de riz de consommation, et donc selon les exigences du marché visé. Le constat est que le secteur semencier ne fonctionne pas comme une véritable chaîne de valeur au service des acteurs clés, c’est-à-dire les producteurs et transformateurs de paddy, ainsi que les consommateurs ou utilisateurs finaux des grains. Le développement de la contractualisation de la production du riz par les rizeries est une condition qui fait évoluer vers un système semencier intégré aux chaînes de valeur. L’intégration des systèmes semenciers aux chaînes de valeur est l’approche qui améliora l’utilisation des semences de qualité par les petits producteurs.
Le modèle semencier proposé se fonde sur les points forts du système semencier informel qui reçoivent l’appui d’un service recherche-action dynamique qui réinjecte régulièrement du matériel génétique de bonne qualité. Ce matériel sera réutilisé pendant quelques années (2à3) suivant les règles des systèmes informels avant de se faire renouveler.

Yang, Xiaomei (2019). How to Support Environmental Protection Policy in Agriculture: A Case Study in Henan and Hebei Provinces, China. (Thèse de doctorat ), Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro -Bio Tech, 140 p., 22 tab., 17 fig.

Résumé :

Crop straw (agricultural residue) is one of the most important biomass resources in China. Crop straw is either burned in the field or collected for recycling. Open burning of crop straw releases particulate matter and gaseous pollutants, which play a key role in poor air quality, prompting heavy haze episodes during the harvest season. Such episodes threaten human health and interfere with social and economic activities. In contrast, recycling of crop straw reduces open burning and avoids its negative environmental impacts. In fact, improving the efficiency of straw use contributes to a circular economy, dedicated to reducing waste, while also making the best use of any ‘waste’ in economically viable processes that increase its value. Returning straw to agricultural fields in China is the easiest solution and the most important measure promoted by governments promising clean technologies to replace open burning. Recently, China’s municipalities have issued regulations forbidding outdoor burning of straw to reduce air pollution and have passed regulations to encourage farmers to use straw shredders during harvesting, and return crop straw as a bio-fertilizer. However, these regulations have not achieved the desired results, with ongoing open burning and reluctant use of straw on fields.
In the first part of this research, urban residents’ willingness of to pay (WTP) for a corn straw ban in Henan (China) was assessed using contingent valuation in a face-to-face survey. Such assessments are important for policy makers to determine the investment and policy instruments for regulating the environmental impacts of straw open burning. The expected WTP analyzed using the Tobit model was about 77 RMB per person per year for the total respondents and 143 RMB per person per year for respondents with positive WTP bids. Aggregate values were between 3.4 and 3.9 billion RMB, suggesting that the corn straw burning ban is of considerable economic value in Henan.
In the second part of this research, the factors affecting farmers’ willingness to participate in corn straw return and their willingness to accept compensation (WTA) were explored using a questionnaire survey and face-to-face interviews. A logistic regression model was used to assess adoption success, and the Tobit model was used for WTA analysis. High machinery costs, amount of straw returned, and slow decomposition rates of straw were the most significant factors negatively influencing adoption of this practice. They had a positive influence on the WTA. Poor quality of the straw was another significant factor reducing the probability of using straw return technology. Sown areas and soil improvements associated with adding straw wereoth positive factors determining adoption of the practice and negative determinants affecting WTA compensation. The mean WTA for the total respondent sample was 47 RMB per mu.
In the third part of this research, a field experiment was carried out to compare the effects of tillage (minimum/full tillage) combined with corn straw return (mulching, incorporation, and removal) and irrigation (reduced/normal irrigation) methods on wheat productivity and water conservation. In 2013-2014, the yield for minimum tillage with residue mulch (MTm) was slightly but not significantly higher than the yield under full tillage with residue incorporation (FTi). Yields for MTm with reduced irrigation were 10.2% higher than FTi and reduced irrigation. The positive crop response to MTm may reflect higher topsoil moisture and soil temperature under MTm compared with FTi during winter.
In conclusion, this study showed there is huge value to prohibiting open burning of corn straw to improve air quality. Despite machinery and operational problems that negatively influence farmers’ enthusiasm for straw return, minimum tillage coupled with corn straw return does benefit subsequent wheat yields.

Ngo Thi Thu, Hang (2018). Household risk management strategies in coastal aquaculture in Vietnam: the case of clam farming in Thaibinh Province (Thèse de doctorat ), Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro -Bio Tech, 236 p., 55 tab., 50 fig., 17 photos et 15 encadrés.

Résumé :

With over 3,260 kilometers of coastal line and 112 estuaries, 226,000 square kilometers of internal waters and territorial waters, the exclusive economic zone of more than 1 million square kilometers, and more than 4,000 islands, forming 12 bays and lagoons with a total area of 1,160 square kilometers, Vietnam has high potentials for aquaculture development. Vietnam’s seafood output has been growing steadily in recent years (since 2000 up to 2016) with an average increase of 9% per year. Despite its advantages and positive development trends, Vietnam aquaculture has faced several issues including asymmetric information and high demand for quality products. The main cause of these issues is risks, from production to market risks. This study has explored the main risks faced by the coastal clam farming sector in Thaibinh province located in northern Vietnam. The risks can be classified into two types in term of the nature of their cause: man-made and natural ones, and three types in term of their impact: production, market and financial risks. The causes of these risks include extreme weather events, wasted water flows, production technics; market access or financial capacity. However, man-made risks are more severe and more difficult to cope with than natural ones.
These above risks have serious consequences for clam farming. For the three communes examined in this study, less than half of the farmers were yet recovered from the loss caused by several shocks although majority of them had mobilized capital to restart clam farming. About one third of the farmers had to sell their fixed assets to pay debts related to their clam investment, and ten households had left their villages under the pressure of debts. However, in such risky clam farming environments and increased market difficulties, not all farmers were seriously impacted. Indeed, it is surprising that one fifth of the surveyed farmers succeeded in all their clam raising cycles so far, and another quarter remained well resilient after the shocks. Different household risk management strategies applied in clam farming are thus discussed in the comparative analysis and discriminant analysis. In general, the tactics related to increasing farm size, applying technical innovation and accessing financial sources with no or a lower interest rate, provided better conditions for clam growth, reducing clam farming losses. They also facilitated speedier recovery from shocks.
There are many internal and external factors in the application of risk management strategies and tactics. Of the internal factors identified, include households’ financial capacity and the experiences of the head of households had more impact while the education level and the job of the head of household seemed to have little influence on the choice and application of households’ risk management strategies. External factors refer to the policy factors and the knowledge capacity enhancing activities in the clam farmers community. Among these activities, those of “groups for experience sharing” were found to have significantly greater impact than the training courses and activities of farmer’s union. Besides, the government had played a role in directing farmers in clam farming practices, but not much in risk management.
Given that the tactics addressed the capital issues, land uses, and clam farming techniques had positively contributed to the result of household risk management strategies whilst experience gaining and sharing activities strongly impacted the application of these tactics. The intervention and policies of government in all levels to the farmers should therefore focus more on these issues. It is vital that the government’s support policies, extension programs, training courses and farmer’s union activities be practically oriented and suit farmers’ desires. Furthermore, the addition of policies/interventions in market issues (for both input and output) should be taken into account because those risks were considered as meso level, which farmers cannot solve by themselves and thus definitely need the support from the government, from local to the state level. To support farmers in managing risks, several government interventions are needed: (1) improving the support system to household in clam farming such as increasing farm size, promoting linkages to market and training technic; (2) increasing investment in the treatment of the water management issue and protecting the ecosystem; and (3) promoting participatory policy formulation and its enforcement.

Maatala, Nassreddine (2018). Impact du partenariat public-privé pour la délégation de gestion du service de l’eau d’irrigation. «Cas du projet El Guerdane dans la région du Souss-Massa» (Thèse de doctorat en cotutelle), Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro -Bio Tech ; Rabat, Maroc, Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, 235 p.

Résumé :
Au cours de la dernière décennie, le recours par le Maroc aux partenariats public-privé a connu un développement remarquable dans de nombreux secteurs d’activité notamment ceux des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie, des ports, du transport, etc. Ce mode de collaboration dans le secteur de l’irrigation a été lancé, pour la première fois au Maroc, en 2005 et concernait le projet El Guerdane dans la région du Souss-Massa. La mise en service dudit projet date de 2009. L’irrigation de ce périmètre reposait essentiellement sur le pompage à partir de la nappe. Par conséquent, l’importance des prélèvements en eau, devant la rareté des apports, a conduit à une baisse continue du niveau de la nappe (1,5 à 2 m/an). A ce rythme, l’avenir de 10 000 ha d’agrumes se trouvait menacé à moyen et à long terme. C’est ainsi que l’idée de sauvegarde de ce secteur a été initiée par l’Etat. Ce projet de sauvegarde de la zone agrumicole d’El Guerdane consiste en un transfert d’un volume annuel d’eau de 45 millions de m3 à partir du complexe de barrages Aoulouz-Chakoukane au profit de 10 000 ha de plantations dans la zone du projet. Le coût de ce projet s’élevait à plus de 980 MDH. Depuis la mise en service du projet El Guerdane, l’Etat continue à lancer d’autres projets dans le cadre de ce programme de partenariat sans aucune évaluation des projets achevés afin de capitaliser sur les expériences et apporter des mesures correctives dans le cadre du même programme, ou, le cas échéant, opter pour d’autres modes de partenariat. Dans le présent travail, nous nous sommes intéressés à plusieurs aspects pour évaluer l’impact de ce programme de partenariat public-privé. Ces aspects concernent la valorisation financière et agronomique de l’eau d’irrigation, la marge nette des agriculteurs, l’efficacité technique des exploitations agricoles ainsi que l’efficacité technique et économique de l’utilisation de l’eau d’irrigation. Afin d’analyser fidèlement l’impact du projet sur les aspects cités, nous étions dans l’obligation de choisir et définir un périmètre témoin ne bénéficiant pas de ce programme (le périmètre Issen) et d’utiliser une méthode d’échantillonnage très précise afin de contourner l’effet des facteurs exogènes sur les résultats (la méthode d’appariement par score de propension). La méthode d’échantillonnage est effectuée à l’aide des logiciels R.3.1.0 et SPSS 23 et l’évaluation d’impact est réalisée par la méthode de double différence. Aussi, nous nous sommes intéressés dans le présent travail à un aspect qualitatif relatif à la régulation du projet El Guerdane réalisé sous forme de partenariat public-privé grâce aux entretiens effectués avec les différents acteurs de ce projet (usagers, partenaire privé, Etat, Office Régional de Mise en Valeur Agricole, etc.). L’estimation des scores des différents types d’efficacité est effectuée par le logiciel FRONTIER 4.1 en choisissant un modèle paramétrique stochastique et en utilisant une forme fonctionnelle Translog. L’analyse des déterminants de la valorisation de l’eau d’irrigation est effectuée en utilisant un modèle de régression ordinaire par le logiciel GRETL , tandis que l’analyse des déterminants des scores des efficacités est effectuée par un modèle Tobit en utilisant le même logiciel dans le but de prendre en considération le critère tronqué de la variable dépendante. L’enquête du terrain a concerné 130 agrumiculteurs dans les deux périmètres étudiés. La valorisation financière est passée, pour le périmètre El Guerdane d’un niveau négatif en 2009 estimé à -0, 637 Dh/m3 à un niveau positif de 2,19 Dh/m3 en 2016. Pour la valorisation agronomique, on constate aussi que son niveau a connu une amélioration dans le périmètre El Guerdane en passant de 2,59 Kg/m3 en 2009 à 3,65 Kg/m3 en 2016. En 2009, le tarif de l’eau et la taille des exploitations sont corrélés positivement avec le niveau de la valorisation de l’eau d’irrigation, tandis que la participation au programme de partenariat public-privé est corrélée négativement avec cet aspect. Pour l’année 2016 seule la taille des exploitations impacte la valorisation de l’eau d’irrigation dans les deux périmètres. Ce programme de collaboration a pu améliorer la valorisation financière de l’eau d’irrigation de 2,1 Dh/m3, la valorisation agronomique de 1,05 Kg/m3 et la marge nette de 10 902 Dh/ha. L’efficacité technique des exploitations est affectée uniquement par leurs superficies aussi bien en 2009 qu’en 2016. L’efficacité technique de l’utilisation de l’eau d’irrigation est impactée positivement par la taille des exploitations et négativement par le programme de partenariat public-privé en 2009 et elle est corrélée négativement avec le tarif de l’eau en 2016. Concernant l’efficacité économique de l’utilisation de l’eau d’irrigation, en 2009 elle est corrélée négativement avec la participation au programme de partenariat public-privé et en 2016 elle est impactée négativement par le tarif de l’eau et positivement par le programme de partenariat. Le suivi du projet montre qu’au cours des années de son exploitation, tous les indicateurs continuent leur évolution croissante; certains ont même atteint un niveau record, notamment les volumes prélevés et distribués aux usagers. Malgré l’impact négatif du programme de partenariat public-privé sur plusieurs aspects soit en 2009 ou en 2016, le coût social du projet El Guerdane reste une composante non négligeable pouvant justifier le recours à ce mode de collaboration. Par conséquent, le recours à ce mode de gestion pour le service de l’eau d’irrigation sera plus pertinent si l’aspect de l’encadrement technique des bénéficiaires est pris en charge par le partenaire privé.

Nguyen Thi Thu, Hien (2018). Rôle des petites entreprises de produits artisanaux traditionnels dans le développement local : cas de la périphérie de Hanoi-Vietnam (Thèse de doctorat) Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro -Bio Tech, 157 p.+annexes, 55 tab., 24 fig.

Résumé :
Avec un savoir-faire de plus de 1000 ans, les artisans des produits traditionnels du Vietnam se répartissent dans les villages d’artisans de plusieurs provinces du pays. La production des produits artisanaux est réalisée au départ de micros et petites entreprises d’artisanat qui sont le plus souvent installées à la périphérie des grandes villes. Notre étude vise à mieux comprendre le rôle de ces petites entreprises dans le développement local à travers la collecte de données sur l’emploi et à montrer la situation actuelle des petites entreprises d’artisanats sur les aspects de l’emploi, du genre au travail et de leurs réseaux socio-économiques locaux.
Dans le cadre de ces travaux d’étude, nous avons réalisé un suivi de 50 petites entreprises formelles et de 157 employés dans trois secteurs artisanaux traditionnels typiques et connus du Vietnam, situés dans trois districts de la banlieue de Hanoi. Ces travaux ont été conduits de 2013 à 2016. Les méthodes utilisées par les enquêtes étaient à la fois qualitatives et quantitatives.
D’après nos observations sur les activités de production et de commerce des produits artisanaux traditionnels dans les villages de métier, et plus spécifiquement sur le fonctionnement des petites entreprises d’artisanat, il semble que ces dernières aient une contribution significative dans la création d’emplois locaux. Elles jouent également un rôle important dans les réseaux économiques et sociaux locaux. Pour les aspects liés à l’emploi, il existe une discrimination de genre au travail. En ce qui concerne la qualité du travail, une enquête a été menée pour évaluer la satisfaction au travail des employés des entreprises ciblées. Les femmes sont plus satisfaites que les hommes sur l’aspect de la conciliation famille-travail, tandis que leurs collègues masculins apprécient le critère de rémunération. En ce qui concerne les relations entre les entreprises de métier, la coopération et la concurrence entre les entreprises coexistent dans le secteur artisanal. La compréhension de la nature de cette coopération conduit à renforcer le réseau social et économique local en vue d’établir un cluster solide pour le développement de la commune. Ces résultats aident à comprendre la contribution de ces entreprises au développement local.

Le Thi Kim, Oanh (2018). The contract farming as a determinant promoting tea production and marketing at farm household in Vietnam: a case study in Phu Tho province (Thèse de doctorat) Gembloux, Belgique, Université de Liège, Gembloux Agro -Bio Tech, 238 p., 43 tabl., 44 fig.
Résumé :

Tea contributes substantially to Vietnam’s annual exports, helps creating job opportunities and raises farmer’s income. However, tea farmers face many difficulties and are highly vulnerable due to their scattered tea areas, poor farm management, weak disease control, and unstable market. Numerous studies proved that contract farming brings many opportunities for farmers such as access to credit and inputs, together with access to a reliable market. Nevertheless, until now, there has not been any thorough research on the benefits of c ontract farmers on tea production in in Phu Tho province. This thesis, therefore, aims to analyze efficiency of tea contract farming in Phu Tho and identify if contract farming improves farmers’ income. The study conducted in three different groups of full, semi and non-contract farmers. The results show that: 1) The more full contract farmers produce, the higher income they get, even though their selling price might be lower than the other groups; 2) Tea price of full contract farmers was the lowest, while that of non-contract farmers was the highest; 3) Average land area of full contract model was the highest in the three studied groups and owned by the processing plant whereas semi and non-contract farmers are self-ownership. Land was provided to full contract farmers with special conditions that semi and non-contract model found it islikely unable for them to engage; 4) Full contract farmers’ tea yield was the highest in three farmer groups thanks to the high quality of input materials; 5) Contract farmers were generally satisfied with tea production inputs and tea marketing activities; 6) Contract farming helped promoting black tea value chain in Phu Tho province. Nevertheless, contract farmers still face various disadvantages such as low prices, requirements for high-quality, and obliged relationship with the companies.In addition, it appears various factors affecting tea contract farming in Phu Tho province. Based on the above findings, there are some important recommendations as follows: firstly, the terms in the contract should be improved; secondly, the role of local governments should be enhanced; thirdly, the government should implement different measures to promote tea contract farming; fourthly, the success of full contract farming model should also be promoted more widely; and fifthly, semi contract farming model should be improved and promoted.

Furaha Mirindi, Germaine (2017). Analyse comparée des chaines de valeur du riz dans la plaine de la Ruzizi de la Communauté Economique des pays des Grands Lacs (CEPGL) (Thèse de doctorat), Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech, 212 p., 41 tables, 67 fig.

Résumé :
La présente thèse réalise un diagnostic comparé de trois chaines de valeur du riz dans la plaine de la Ruzizi partagée entre trois pays de la Communauté Economique des Pays de la Grands Lacs (CEPGL) à savoir le Burundi, la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Les trois chaines de valeurs sont appréhendées à travers des études menées dans la Plaine de l’Imbo pour le Burundi, au sein de la Plaine de la Ruzizi pour la RDC ainsi que dans la Plaine de Bugarama pour la chaine de valeur rwandaise. L’analyse a consisté à auditer le contexte dans lequel la riziculture est conduite (c’est-à-dire les politiques ainsi que les services d’appui auxquels ont accès les acteurs le long de la chaine de valeur), à analyser la performance économique de ces trois chaines de valeur et à identifier les facteurs pouvant favoriser le développement d’une chaine de valeur à potentiel régional. L’étude a privilégié l’approche terrain qui a permis de réaliser des investigations sur une période de 3 ans (de 2013 à 2015). La collecte des données a porté sur un échantillon de 228 acteurs repartis de manière équitable entre les trois pays et a combiné plusieurs techniques à savoir, des enquêtes directes auprès des acteurs (les producteurs, les transformateurs, les collecteurs, les commerçants grossistes et les détaillants), les interviews avec les différentes structures d’appui et services étatiques, les discussions focalisées avec des groupes de producteurs et représentants de leurs Organisations Paysannes.
L’analyse de l’environnement de ces trois chaines de valeur du riz a mis en relation les politiques mises en œuvres dans chaque pays et l’accès par les acteurs directs à certains facteurs de production et services tels que la terre, l’eau, le crédit, l’utilisation d’intrants. Elle a également mise en évidence la question de la main d’œuvre salariale et les différents rôles qu’elle joue dans le secteur. Il s’observe que la politique foncière dans la plaine de Bugarama au Rwanda a permis de réduire à plus de la moitié le coût d’accès à la terre comparativement à la situation au Burundi et en RDC. Les limites du système foncier à Bugarama au Rwanda dans une approche de promotion des innovations entrepreneuriales se traduisent par les difficultés d`accroissement de la taille des exploitations (la superficie cultivée est de 0,23ha). Malgré le coût relativement élevé lié à l’accès et à la gestion de l’eau, la totalité des parcelles rizicoles ont accès à l’eau d’irrigation au Rwanda alors que le manque d’organisation et de bonne gestion de l’eau est l’un des facteurs à la base d’un faible rendement au Burundi et en RDC où respectivement 25% et 40 % des parcelles rizicoles peinent à accéder à l’eau.
L`accès au financement demeure une contrainte majeure commune aux trois pays même au Rwanda où les services financiers sont disponibles. Les riziculteurs ayant accès aux crédits formels représentent une maigre portion de 8% (au Burundi), 10% (en RDC) et 37,5% (au Rwanda). Des contraintes liées à la disponibilité en main d’œuvre sont réelles dans les systèmes de production sous étude. En effet, la RDC est la zone déficitaire en main d’œuvre salariale à cause de l’exode rural et de la diversité d’activités économiques. 60% de la main d’œuvre rizicole utilisée dans la partie congolaise de la plaine est étrangère. 46% de cette main d`œuvre provient du Burundi et 14% vient du Rwanda. Cette mobilité de la main d’œuvre entraine des transferts de technologies, l’approvisionnement en intrants à moindre coût. Il joue également un rôle important dans la consolidation de la cohésion sociale dans un contexte post conflit.
L’analyse économique de trois chaines de valeur révèle des coûts de production très élevés variant entre 292 et 388 USD/tonne amenuisant ainsi des perspectives de compétitivité internationale. Les coûts les plus élevés sont observés en RDC où paradoxalement se note une meilleure performance financière des acteurs. Au Rwanda où le riz est plus compétitif en termes de coûts de production, les producteurs sont soumis à des normes et restrictions (variété à cultiver, types de clients à qui vendre la production, prix de vente, etc.) qui influencent sensiblement leur performance.
Les tests statistiques réalisés sur certains paramètres identifiés par l’analyse financière confirment l’inefficacité des politiques de subvention d’intrant et de financement agricole. En effet, il n’y a pas de différences significatives des moyennes entre les riziculteurs bénéficiant de ces politiques et ceux qui n’en bénéficient pas. Paradoxalement, les analyses statistiques révèlent que les riziculteurs qui ne subissent pas de politique de fixation de prix (ils ne sont pas preneurs de prix) ont une bonne performance financière en termes de revenus.
Les trois zones étudiées sont complémentaires en termes de potentiels de développement. Des structures régionales favorables à la chaine de valeur régionale devront être relancées ou renforcées dans une logique de développement de la riziculture dans la plaine de la Ruzizi.

Musabanganji, Edouard (2017). Contraintes et stratégies d’amélioration de la filière maïs au Rwanda (Thèse de doctorat), Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech, 205 p., 35 tabl., 36 fig.

Résumé :
Depuis plus d’une décennie, le Rwanda a adopté une série de politiques et stratégies visant le développement économique et l’amélioration des conditions de vie de sa population majoritairement agricole. Dans le secteur agricole, la mise en pratique de ces stratégies et des programmes y relatifs s’est accompagnée d’une série de progrès en matière d’adoption de paquets technologiques et de l’augmentation de la production. Cependant, on remarque que l’économie du pays est toujours caractérisée par une agriculture de subsistance, et pour la filière maïs en particulier, le pays affiche une dépendance continuelle vis-à-vis des importations pour satisfaire la demande nationale, et les usines de transformation du maïs opèrent toujours en dessous de leur capacité installée. Cette recherche se propose de comprendre le niveau de compétitivité de cette filière dans les conditions actuelles de production et de commercialisation en vue d’inventorier les contraintes existantes et de formuler les stratégies pouvant améliorer le niveau de performance économique de la production et le système de commercialisation du maïs.
Les données collectées pour étudier la performance économique de la production du maïs proviennent d’un suivi rapproché des activités de production du maïs sur un échantillon de 50 producteurs issus de cinq coopératives de producteurs de maïs choisies dans les districts de Huye, Rusizi, Gasabo, Burera et Bugesera pendant deux saisons culturales. Elles ont été complétées par l’observation directe, les entretiens avec les personnes ressources ciblées et les discussions de groupes focalisés. L’analyse a été faite à l’aide de l’analyse de groupe et des méthodes statistiques appropriées. L’étude de la chaîne de commercialisation a utilisé le modèle ‘Structure-Comportement-Performance’ avec des données collectées sur un échantillon de 150 producteurs et 17 collecteurs choisis dans les districts de Burera, Bugesera et Huye, et 15 transporteurs, 5 grossistes et 15 détaillants choisis au marché national de Kigali.
Les résultats ont révélé que pour la plupart des producteurs, le rendement reste très faible comparativement aux rendements théoriques attendus, les prix de revient restent plus élevés et supérieurs aux prix de vente, la marge brute et le revenu du travail familial sont négatifs et la valeur ajoutée brute créée par les producteurs n’est pas élevée quand bien même elle est positive. L’analyse a montré que l’augmentation du prix de vente influence positivement la marge brute, la valeur ajoutée et le revenu du travail familial, et que l’usage rationnel des semences améliorées, des engrais chimiques et amendements contribuent à augmenter le rendement. Ce qui montre clairement que l’amélioration du prix de vente et de l’usage rationnel des intrants peut contribuer significativement à faire de la production du maïs une activité plus rentable et rémunératrice des facteurs de production. Cette étude a également mis au clair les défis qui entravent le processus de production du maïs. Ils englobent: la non-disponibilité et le faible accès aux intrants, l’insuffisance de l’encadrement technique, les ressources financières limitées et le faible accès au crédit agricole formel, le coût élevé de location des marais, le mode de fixation du prix plancher et manque de mécanismes assurant son usage par les acheteurs potentiels, le manque d’infrastructures de stockage, et la non-durabilité des subventions aux intrants octroyées par le gouvernement. Au niveau de la commercialisation, les résultats ont révélé que plusieurs acteurs participent dans la commercialisation du maïs. L’étude a également révélé que le maïs importé de l’Ouganda est vendu sur le marché domestique à des prix moins élevés que le maïs produit localement, ce qui atteste en même temps de la hausse du coût de production du maïs au Rwanda par rapport à l’Ouganda et du faible niveau de compétitivité du maïs local par rapport au maïs de l’Ouganda. L’état amélioré des routes de desserte et le niveau élevé d’accès à l’information sur les prix par les acteurs ont été soulignés parmi les innovations technologiques qui ont contribué à améliorer le système de commercialisation des denrées agricoles en général et du maïs en particulier, ce qui a également été témoigné par le niveau d’intégration observé entre les marchés de collecte de maïs et le marché national de Kigali. Toutefois, on note que le manque de capital suffisant et le faible accès au crédit formel ont été signalés comme contraintes majeures par la plupart des acteurs de la chaîne.
A la lumière de tous ces résultats, il est clair que les conditions de production et de commercialisation du maïs ne sont pas bonnes à tous les niveaux. Ceci porte atteinte à la capacité de la filière à répondre convenablement à la demande domestique, à générer des revenus pour les acteurs et à s’intégrer sur les marchés tant domestiques que régionaux. Par conséquent, les stratégies visant à augmenter la production et améliorer les conditions de conduite de la filière ont été recommandées. Elles incluent la mise en place d’actions visant à améliorer l’accès au financement par les acteurs de la filière, à rendre disponibles et accessibles les intrants, à réorganiser le système de commercialisation surtout en matière de fixation et d’usage du prix plancher, à rendre disponibles les infrastructures de stockage dans les zones où elles sont en déficit, à améliorer le suivi, la formation et la sensibilisation des producteurs de maïs sur les techniques culturales et l’adoption des innovations, et à harmoniser au niveau national les coûts de location de la terre des marais.

Andres, Ludovic (2017). Définition d’un outil d’aide à la décision spatiotemporel structurant et articulant les potentialités de développement agricole : cas du Niger (Thèse de doctorat), Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech, 254 p., 25 tabl., 139 fig, 9 cartes.

Résumé :
Le ciblage des potentialités de développement agricole en milieu rural doit être repensé et adapté à l’ensemble des conditions de vie des ménages d’un point de vue d’une échelle spatiale concentrée et d’une analyse sur une longue période. Ce ciblage identifie des territoires sur une échelle plus fine que le niveau national afin de répartir les objectifs de développement agricole et de les articuler sur des zones ayant un haut potentiel. Ce niveau d’analyse permettra aussi de regrouper les actions menées à une échelle plus « micro » afin de structurer l’ensemble des activités menées sur la zone. En effet, le constat que l’aide au développement et d’urgence se concentre dans des zones circonscrites et que le niveau d’analyse repose sur deux échelles, l’une « macro » (national, régional, départemental) et l’autre « micro » (village, collectivité, ménage, individu et communauté) renforce le besoin de créer un niveau d’analyse intermédiaire afin d’assurer une meilleure structuration des actions menées à différents niveaux et une meilleure articulation entre un territoire considéré (zone d’actions), les activités à mener et la population cible. A partir d’un état de l’art sur les sujets connexes à notre réflexion (développement, ciblage, territoire, sécurité alimentaire, résilience), différents constats ont permis d’aboutir à la définition d’une question majeure et d’un objectif structurant la présente dissertation. La question de recherche est définie comme suit : « comment structurer le ciblage et l’identification des zones à fortes potentialités permettant d’articuler l’ensemble des actions d’urgence et de développement menées sur plusieurs échelles d’analyse ? ». A l’issue de ces constats et réflexions, l’objectif de la présente recherche est « la mise en place d’un outil d’aide à la décision spatiotemporelle articulant et structurant le ciblage des potentialités de développement agricole en matière d’aide d’urgence et de développement ». Trois considérations ressortent de cet objectif et question de recherche : l’analyse et le ciblage spatiotemporels, les potentialités de développement, les systèmes de production ruraux. L’analyse spatiale est caractérisée par l’étude des systèmes de production ruraux. Ceux-ci sont définis selon des paramètres biophysiques et socioéconomiques. Ils reflètent une vision systémique identifiant des systèmes agraires. Les différentes productions sont aussi étudiées sur une série longue afin de montrer la tendance des produits à considérer (analyse temporelle). Enfin, ces deux analyses, spatiales (systèmes) et temporelles (produits) sont croisées afin de démontrer l’apport de ce type d’outil en matière d’articulation et de structuration des deux autres niveaux de ciblage (« macro et micro »). Les principaux résultats reposent sur l’identification des produits à développer par système de production, la caractérisation des opportunités et contraintes des systèmes de production ruraux nigériens. De plus, cette analyse spatiotemporelle permet une meilleure identification des potentialités grâce à la distribution des rendements par système et leur comparaison. A l’issue de cette dissertation, l’outil a démontré son importance en matière de structuration et d’articulation du ciblage structurant à l’insécurité alimentaire dans le domaine de l’aide d’urgence et du développement agricole. Les zones territoriales définies en systèmes de production permettent une concentration des actions en fonction de la définition des objectifs généraux et spécifiques des programmes d’aide de développement agricole. Les potentiels produits ont été répartis dans les systèmes de production et permettent de diversifier l’agriculture tout en structurant le développement d’un point de vue national. A l’inverse, les zones à faible potentiel de développement agricole ont été analysées. Elles représentent les zones les plus vulnérables en matière de développement agricole. En outre, les actions définies par les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) à l’échelle d’un village, d’une communauté et/ou d’une commune peuvent s’insérer plus facilement dans cette échelle d’analyse et se structurer par après dans les politiques nationales de développement agricole. Il est à noter que l’accroissement de la productivité au Niger passe par le développement de produits au sein des zones les plus propices et non sur l’ensemble du territoire. Le présent outil permet d’acquérir une vision en réseau voire maillage de l’ensemble des potentialités agricoles et d’élevage en fonction des systèmes de production. Toutefois, il serait souhaitable d’insérer le présent outil et de le transposer à une échelle sous-régionale afin de caractériser les échanges au sein de la sous-région et d’orienter les excédents vers des zones consommatrices.

Tohinlo Yécy, Judith Peggy (2016). Évaluation des impacts des projets de développement sur les exploitations agricoles et les ménages de l’ATACORA (Thèse de doctorat), Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech, 278 p., 106 tab., 59 fig., 3 cartes et 8 encadrés.

Résumé :
La présente recherche doctorale vise à contribuer à une meilleure connaissance des effets des projets de développement sur l’amélioration des conditions de vie et d’existence des ménages ruraux du Bénin. Elle démarre par l’analyse des tendances d’évolution ducontexte socioéconomique et du système agraire de l’Atacora sur ces trois dernières décennies pour se focaliser  sur l’adéquation entre les dynamiques promues par les dispositifs d’intervention et celles endogènes ou émergentes. Cette recherche aboutit d’une part à l’examen des trajectoires et performances productives des exploitations agricoles familiales et d’autre part à l’analyse des effets des dispositifs d’intervention sur la situation alimentaire, le niveau de vie et de pauvreté des ménages ruraux. Les théories de développement et plus précisément celle du post-développement renforcée par les considérations théoriques liées aux diverses conceptions de la pauvreté ont servi de fil conducteur aux travaux de recherche.

Les dispositifs d’intervention conduits dans l’Atacora (au Nord-Ouest du Bénin) par les différentes coopérations (bilatérales et multilatérales) entre 1990 et 2010 ont constitué l’objet de recherche de cette thèse. La phase empirique s’est déroulée dans les communes de Cobly (à l’Ouest) et de Péhunco (à l’Est) du département. Ces communesont été retenues à partir  de leurs situations agro-écologiques et socioéconomiques contrastées et des indicateurs socio-économiques d’une part et d’autre part d’une typologie à dire d’acteurs relative à la concentration des projets de développement et à la perception de leurs effets par les populations locales. Après un recensement des ménages, un échantillon stratifié, de 344 ménages (214 à Cobly et 130 à Péunco) a été constitué pour l’enquête de caractérisation. Ensuite, l’enquête approfondie sur les conditions de vie et d’existence des ménages  a suivi et a concerné 208 ménages (129 à Cobly ; 79 à Péhunco). Enfin 16 études de cas (8 par commune) ont été conduites sur les trajectoires d’évolution et d’accumulation de biens et patrimoine des ménages et exploitations agricoles. Vu le caractère empirique de la recherche, une attention particulière a été accordée aux données primaires dont la collecte a duré plus de trois (3) ans. Des outils qualitatifs et quantitatifs (dont le PSM) ont été combinés pour l’analyse des données collectées par des entretiens individuels  et de groupes.

Les résultats révèlent que les dispositifs d’intervention ne promeuvent pas toujours les dynamiques endogènes mais qu’ils suscitent et entretiennent, dans les milieux ruraux, les filières qui permettent l’intégration et la participation des producteurs au marché mondial des produits agricoles. Ainsi pour bénéficier des diverses actions de promotion de filières (mise en place des intrants etde crédits, formation et renforcement de capacités techniques et organisationnelles, facilitation de l’accès aux équipements etdes aménagements hydro-agricoles, l’accès aux nouveaux marchés d’écoulement, etc.) mises en place par les dispositifs d’intervention, les producteurs adoptent les spéculations soutenues avec des conséquences à la fois positives et négatives. L’intégration et la participation des producteurs ruraux de l’Atacora au commerce international favorisent l’accroissement de la production agricole et des rendements culturaux tout en  augmentant davantage la dépendance de ces derniers aux cours mondiaux des produits  agricoles. Ainsi pendant que le revenu des producteursconnaît un accroissement, leur vulnérabilité à l’insécurité alimentaire augmente également car une bonne partie des productions vivrières, déjà insuffisantes (à cause du poids des emblavures en coton et de la politique gouvernementale de quota de production cotonnière à chaque commune) pour couvrir les besoins alimentaires, est soustraite à la consommation pour être vendue sur les marchés afin de répondre aux besoins urgents de liquidités. De ce fait, les ménages ruraux de l’Atacora, malgré l’accroissement de leurs productions vivrières, subissent une rupture des stocks vivriers avec pour conséquence une soudure alimentaire annuelle d’au moins 4 mois (soit 16 semaines) qui frappe indifféremment aussi bien les ménages bénéficiaires que ceux non bénéficiaires des projets.

Toutefois avec l’augmentation des sources et du niveau de revenu des ménages bénéficiaires (soit 36% des ménages des sites d’étude), ces derniers améliorent leurs habitations, l’autoconsommation alimentaire et investissent davantage dans l’éducation de leurs enfants ; ceci marque une différence significative entre les bénéficiaires et les non bénéficiaires des projets de développement. En effet,  installés avec les mêmes ressources, en 2014 on décompte deux fois plus de ménages prospères et moins de pauvres parmi les bénéficiaires que les non bénéficiaires. Par ailleurs les exploitations et ménages agricoles bénéficiaires des interventions ont accumulé et détiennent plus de capitaux productifs (foncier, équipements agricoles, cheptels d’élevage), économiques et patrimoine (moyens de transport, logement, parcelles et maisons mises en location, etc.) que les non bénéficiaires avec une différence hautement significative au seuil de 1%. Seulement les améliorations de niveau et conditions d’existence induites par les dispositifs d’intervention restent  encore insuffisantes et précaires de sorte que ramenés à l’équivalent adulte aussi bien le revenu que les capitaux ne présentent pas de différence significative entre bénéficiaires et non bénéficiaires. Ainsi,  les ménages (même les bénéficiaires) restent vulnérables aux crises et chocs de sorte qu’à la moindre catastrophe naturelle (inondation, sécheresse, envahissement des ravageurs, etc.), maladie, accident et décès d’un membre ou proche du ménage, le niveau de vie se dégrade rapidement et ils retombent dans la pauvreté. Cette situation est aggravée par le fait que les exploitations agricoles investissent très peu dans la restauration et l’amélioration du capital ‘’fertilité des terres ‘’ cultivées surtout à Cobly où le niveau de fertilité des sols connaît une baisse drastique avec pour conséquence une utilisation de plus en plus accrue, par les producteurs, des engrais chimiques qui dégradent davantage la structure des sols.

Il s’ensuit que toute action visant la réduction de la pauvreté doit permettre une amélioration durable des conditions et moyens d’existence des producteurs ruraux en vue de la préservation et de la restauration de la fertilité des terres d’une part et l’accroissement de la résilience aux crises d’autre part. Des actions d’identification des besoins spécifiques assortis de mesures et de solutions adaptées à chaque catégorie de producteurs et/ou ménages avec au centre des mécanismes particuliers de gestion et de restauration de la fertilité des terres agricoles devront être envisagées et mises en oeuvre.

Chabi Toko, Roukayath (2016). Place de l’élevage bovin dans l’économie rurale des Peuls du Nord Bénin (Thèse de doctorat), Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech, 167 p. (+ Annexe : 39 p.), 44 tab., 13 fig., 19 photos.

Résumé :
Les populations peules appartiennent à un groupe socio-culturel, majoritairement rencontré en Afrique de l’Ouest, qui élève habituellement le bétail. Au Bénin, les Peuls se rencontrent en majorité dans les deux départements du Nord-est du pays où ils mènent un mode de vie agropastoral. En dehors de l’élevage, ils cultivent les produits vivriers et des produits de rente comme le coton. Cependant, ils détiennent la majorité du cheptel bovin du pays. C’est pour comprendre à quel degré l’élevage bovin contribue à leur économie que la présente étude a été initiée. Pour atteindre les objectifs fixés par ce travail, un échantillon aléatoire stratifié a été constitué. Il comprend 150 chefs de ménages peuls sélectionnés dans trois communes (Malanville, Banikoara et Kalalé) des départements du Borgou et de l’Alibori. Les critères suivants ont été pris en compte à savoir : la zone agro-écologique, la taille du cheptel bovin et l’importance de la population peule. Une première série d’enquêtes a permis de caractériser leur élevage bovin et leurs exploitations familiales. Parmi les 50 chefs de ménages de la commune de Kalalé (qui a la plus importante communauté peule), 16 ont été choisis et c’est au sein de leurs ménages que l’étude s’est poursuivie. Le critère de bonne production laitière a permis de sélectionner lesdits ménages. Des enquêtes ont été menées au cours de deux années, aussi bien en saison sèche qu’en saison des pluies pour décrire l’économie des ménages peuls. Les résultats de l’étude ont révélé que la structure des troupeaux présente une forte proportion de femelles (76%). Les troupeaux bovins dont la taille moyenne est de 66 animaux sont constitués à 86% de bovins de race Borgou. Les troupeaux présentent de faibles performances d’élevage caractérisées par un fort taux de mortalité des veaux (10%) et de faibles paramètres de reproduction : taux de mise-bas et de fécondité à 64%. L’achat de fourrage en saison sèche, qui concerne 17%des éleveurs, est une pratique rencontrée dans les zones agro-écologiques qui enregistrent de faibles pluies. Les ménages peuls disposent de ménages de grande taille leur permettant de disposer d’une main d’œuvre familiale suffisante pour mener aussi bien les activités d’élevage que d’agriculture. La superficie totale disponible par ménage est de 10,5 ha essentiellement obtenus par héritage. Tous les ménages peuls cultivent des produits vivriers dont la majorité (80%) est autoconsommée. Une partie non négligeable (45%) d’entre eux cultivent en moyenne 3,3 ha de coton. Dans les exploitations familiales peules, le cheptel est dominé par les bovins (52% de l’effectif) mais est aussi marqué par la présence des petits ruminants et de la volaille. Ce cheptel bovin permet à la majorité (76%) des ménages peuls de dégager un surplus commercialisable de lait. Mais le lait est géré de façon à privilégier la consommation du ménage et à assurer la reproduction du troupeau. L’organisation autour du lait fait intervenir les hommes et les femmes. Les bénéfices issus du lait et du fromage sont distribués entre les femmes du ménage à divers niveaux. Bien que le taux de commercialisation des bovins soit faible (7%), il contribue fortement (68%) aux revenus monétaires du ménage en saison des pluies et représente la seconde source (27%) de revenus en saison sèche. Les 20% de produits vivriers vendus le sont essentiellement en saison sèche et contribuent ainsi à la majorité (64%) des sources de revenus. Cependant, avec l’installation tardive des pluies et le retard dans le paiement des fonds coton, la majorité des revenus monétaires des ménages peuls, en saison des pluies, provenaient du coton (64%) et des produits vivriers (23%). L’implication grandissante des éleveurs de bovins Peuls du Nord du Bénin sur le marché des produits vivriers et de rente conduira à deux types d’exploitations avec des objectifs de production diamétralement opposés (celles qui privilégieront l’élevage et les autres, l’agriculture). Les Peuls constituent un potentiel qui devrait bénéficier d’un soutien plus important des autorités, car les aider à valoriser au mieux leurs ressources leur permettraient d’assurer la disponibilité et l’accessibilité des produits vivriers et pastoraux et ainsi d’insuffler un élan à la production agricole du pays.

Kouangpalath, Phimthong (2016). Évaluation de l’impact socio-économique en aval des aménagements hydroélectriques : l’exemple du barrage hydroélectrique de Nam Mang 3 au Laos (Thèse de doctorat), Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech, France, AgroParisTech, 523 p., 43 tabl., 35 fig., 27 cartes, 19 schémas, 95 photos.

Résumé :
Depuis deux décennies, les projets de barrages hydroélectriques se multiplient au Laos. Ces projets sont souvent décriés dans les médias, par la société civile pour leurs impacts sociaux et environnementaux négatifs, qui peuvent être également la cause de tensions géopolitiques régionales en Asie du Sud-est. Dans ce contexte délicat, notre intérêt s’est porté sur les populations rurales en aval de barrages hydroélectriques, souvent ignorées des programmes de compensation réservées aux populations déplacées vers l’amont. L’objectif de la recherche est d’identifier et mesurer les effets socio-économiques dans la vallée de la Nam Nyam (Province de Vientiane, RDP Lao), en aval du barrage hydroélectrique de Nam Mang 3. Une analyse-diagnostic du système agraire actuel de la vallée, ainsi qu’une caractérisation de son évolution récente a été menée à partir d’enquêtes auprès de paysans de différents villages. L’étude diachronique des dynamiques agraires et la compréhension des liens de causalités nous a permis de modéliser un scénario contrefactuel pour isoler, par différence avec la situation actuelle (scénario « avec projet »), les effets spécifiques du barrage. En parallèle, une approche similaire a été retenue en aval du barrage de Nam Lik 1-2 à Meuang Feuang (Province de Vientiane, RDP Lao) afin de comparer les résultats de la vallée de la Nam Nyam, pour mieux caractériser les effets spécifiques des aménagements hydroélectriques.
Il en résulte que l’évolution des systèmes agraires des vallées situées en aval dépend de la combinaison, variable au cours du temps, de nombreux facteurs politiques, économiques, démographiques, environnementaux, techniques, sociaux, etc. Un barrage hydroélectrique, comme celui de Nam Mang 3, s’inscrit dans des dynamiques complexes et continues de transformation ; son seul impact n’est pas l’unique cause des changements affectant les sociétés villageoises. Les effets socio-économiques affectent durablement une population beaucoup plus nombreuse en aval qu’en amont, même si le caractère médiatique du déplacement ponctuel de villages pour la mise en eau d’un réservoir concentre l’attention (et les compensations).
Les effets du barrage hydroélectrique diffèrent selon les phases du projet (construction, remplissage du réservoir, opération) et les catégories sociales, en fonction des capacités d’investissement, d’adaptation et des réseaux de chacun. Si l’impact socio-économique en aval ne semble pas corrélé à la taille de l’aménagement hydroélectrique, sa conception et le mode de gestion de l’eau sont des critères déterminants de l’importance des externalités négatives.
Les investissements massifs dans ces projets ont également des effets positifs pour les populations locales, comme le développement des infrastructures locales, qui désenclavent les villages et permettent l’accès aux services publics et aux marchés. Cependant, ces externalités positives concernent principalement les villageois aisés possédant le capital et les réseaux pour saisir les nouvelles opportunités, tandis que les familles pauvres sont plus vulnérables aux changements de contextes politique, environnemental, technique et socio-économique. Ainsi, les barrages hydroélectriques contribuent à l’augmentation de la différenciation socio-économique dans les villages en aval, avec les plus pauvres laissés en marge des bénéfices tirés de l’exportation de l’énergie.

Kone, Bouréma (2016). Mesures incitatives à la production cotonnière et perspectives de la privatisation des filiales CMDT au Mali (Thèse de doctorat), Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech, 208 pages (+annexes : 31 pages), 63 tableaux et 15 figures.

Résumé :
Le coton constitue le premier produit agricole d’exportation pour le Mali avec 84,370 milliards Fcfa en 2010 (INSTAT, 2010). La production de cette culture connaît d’énormes problèmes d’origines externes (prix des intrants et du coton graine) et internes (délai de paiement des producteurs, dettes internes des coopératives). Pour augmenter la production cotonnière, en 2010/11, le gouvernemen  a maintenu le niveau de subventions des engrais à 50% du prix normal sur le marché. En 2011/12, en plus de ce niveau de subvention, un prix à caractère incitatif de 255 Fcfa/kg de coton graine a été fixé au producteur et l’Union Nationale des Sociétés Coopératives des Producteurs de Coton (UN-SCPC) a facilité l’apurement des dettes internes des coopératives. Malgré la chute des cours mondiaux après 2011/12, le prix du coton graine au producteur a peu varié. C’est ainsi que le même prix de 255 Fcfa/kg a été observé en 2012/13 pour revenir à 250 Fcfa/kg en 2013/14. Bien avant cette situation, à partir de 2001, le Mali, à la demande de la Banque Mondiale, s’était lancé dans les réformes de la filière coton. Celles-ci ont abouti à la création de quatre filiales de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT) selon un système de zonage. Cependant, à ce jour, aucune filiale n’a encore été privatisée. L’objectif de ce travail est d’analyser les effets des facteurs incitatifs à la production cotonnière dans une perspective de privatisation des filiales CMDT. Des enquêtes ont été réalisées auprès d’un échantillon de 240 exploitations dans les quatre zones CMDT à raison de deux villages par zone en 2008/09, 2010/11 et 2011/12. L’analyse de régression a été réalisée sur la base des séries statistiques sur 22 ans (de 1989/90 à 2010/11). Les résultats ont montré une évolution positive des productions (essentiellement due à une augmentation des superficies cultivées), du revenu coton des producteurs ainsi qu’un taux de remboursement plus élevé des crédits intrants. L’analyse du Coût des Ressources Domestiques (CRD), des Coefficients de Protection Nominale (CPN) et de Protection Effective (CPE) a montré une amélioration de ces indicateurs en 2011/12 avec les facteurs incitatifs. Quant à l’analyse du déterminant de l’offre du coton, seules les variables prix coton graine et le délai de paiement ont un effet significatif sur la production du coton au Mali. Les facteurs incitatifs étant favorisés par le marché de la fibre de coton en 2011/12, alors que ce marché a pris une tendance à la baisse à partir de cette campagne, une des solutions pour maintenir ce niveau d’incitation chez les producteurs, serait de créer des conditions pour améliorer le rendement du coton graine.Pour la privatisation des filiales, une mise à niveau de la situation financière de la CMDT est nécessaire avec l’appui de l’Etat malien. Mais cette mise à niveau ne doit pas contribuer à accroître excessivement le prix de vente des filiales jusqu’à mettre les nouvelles sociétés dans une situation de récupération à trop long terme des capitaux investis (un long délai de récupération des investissements). Le schéma de privatisation tel que présenté rend les grandes filiales plus compétitives que les petites. Pour réduire les coûts d’exploitation, une collaboration sous forme de prestations entre les sociétés serait nécessaire.

Sabunhungu, Emery Gaspard (2016). Analyse de la demande en charbon de bois par les ménages urbains de Bujumbura au Burundi (Thèse de doctorat), Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech, 185 pages (+ annexes : 50 pages), 41 tableaux, 6 figures et 8 photos.

Résumé :
La présente étude avait pour objectif d’évaluer la demande en charbon de bois par les ménages urbains de Bujumbura afin de formuler des recommandations dans le but d’assurer une sécurité énergétique des ménages et une protection de l’environnement. Pour atteindre cet objectif, l’analyse documentaire et la collecte des données secondaires ont été réalisées dans le but de formuler les objectifs spécifiques, les hypothèses et la méthodologie suivie le long de cette étude.

Les objectifs spécifiques sont les suivants : analyser la structure, le fonctionnement et la performance du marché de charbon de bois dans la ville de Bujumbura et le comparer aux marchés de charbon de bois dans les villes de Kigali et de Lubumbashi ; déterminer les modes de consommation du charbon de bois par les ménages urbains de Bujumbura ; identifier les facteurs qui influencent la demande en charbon de bois chez les ménages urbains de Bujumbura et évaluer la demande en charbon de bois par les ménages urbains de Bujumbura. Les hypothèses formulées pour cette étude sont : le marché du charbon de bois dans la ville de Bujumbura est un marché concurrentiel et performant ; le charbon de bois domine les combustibles de cuisson utilisés par les ménages urbains de Bujumbura et est consommé en exclusivité ou en combinaison avec d’autres ; la demande en charbon de bois par les ménages urbains de Bujumbura est essentiellement fonction du revenu du ménage, de la taille du ménage, des habitudes alimentaires (préparation des aliments qui prennent beaucoup de temps pour leur cuisson), de la fréquence des usages du charbon de bois et de la possession ou non possession de foyers de cuisson améliorés ; la demande en charbon de bois par les ménages urbains de Bujumbura est importante et entraîne annuellement d’importants déboisements.

Pour collecter les données primaires, trois enquêtes ont été réalisées. La première enquête, ayant pour objectif spécifique d’analyser le marché du charbon de bois à Bujumbura, a été réalisée auprès des acteurs principaux de la chaîne de valeur du charbon de bois produit dans les communes de Mugamba et de Muramvya et consommé dans la ville de Bujumbura. Les deux autres enquêtes, ayant pour objectif spécifique d’analyser la consommation du charbon de bois par les ménages, ont été réalisées chez les ménages-utilisateurs du charbon de bois dans trois zones de la ville de Bujumbura différentes du point de vue du niveau de vie des ménages (les zones de Buterere, de Cibitoke et de Rohero).

Les résultats de ces enquêtes indiquent que le marché du charbon de bois est un marché concurrentiel et que les activités de production, de commercialisation et de consommation du charbon de bois permettent de créer une valeur ajoutée positive tout au long de sa chaîne de valeur. La situation d’utilisation des combustibles de cuisson par les ménages de Bujumbura montre que ces derniers n’ont pas encore réalisé une transition énergétique. En effet, 83 % des ménages interrogés consomment uniquement le charbon de bois ; 12 % combinent l’utilisation de charbon de bois et d’électricité et 5 % combinent l’utilisation du charbon de bois et de bois de feu. Pour les facteurs qui influencent la demande des ménages en charbon de bois, les résultats ont révélé que le revenu du ménage, la taille du ménage, le nombre de cuissons par jour, la fréquence de préparation des feuilles de manioc et la possession ou non des braséros améliorés en sont les principaux éléments.

Pour remédier au problème énergétique et environnemental, plusieurs recommandations ont été formulées à l’issue de cette étude à savoir : la réhabilitation des boisements coupés, la mise en place de meilleures techniques de peuplement des boisements avec des essences plus adaptées sur des parcelles productives, une plus grande pénétration des énergies substituables au bois-énergie telles que le gaz, l’électricité ou les briquettes combustibles, une croissance de l’utilisation des foyers améliorés dans les ménages et une plus grande efficacité dans la carbonisation du bois. En effet, ces actions permettraient de diminuer le nombre d’hectares à déboiser pour les besoins en bois-énergie.

Mokhtari, Nourredine (2016). Étude de la dynamique de la désertification dans le bassin versant de la Moulouya en intégrant les données issues de la télédétection et les données socio-économiques, Maroc (Thèse de doctorat), Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech, 266 p., 108 tableaux., 143 figures.

Résumé :
La recherche sur la désertification et la dégradation de l’environnement est très complexe et vise la mise en relation entre les ressources de l’environnement, leurs limites de durabilité et des usages qui se font de ces ressources par l’homme en tant qu’agent économique qui vise à améliorer son bien-être.
Dans le bassin versant de la Moulouya caractérisé par un climat essentiellement aride à semi-aride, une augmentation sensible de la population et une forte hausse de la demande en ressources naturelles, le problème de la désertification se pose en termes d’adaptation des besoins de la population aux contraintes du milieu en vue de maintenir la durabilité des ressources.
Dans ce sens, le challenge consiste en un double objectif, premièrement l’évaluation de la désertification à travers l’analyse de l’état de dégradation du milieu et deuxièmement, l’étude des causes de cette dégradation moyennant des enquêtes axées sur les pratiques agricoles et la formulation de propositions d’actions à entreprendre pouvant être utilisées de manière opérationnelle par les acteurs locaux et les pouvoirs publics.
Concrètement ceci a été réalisée en trois étapes successives, à savoir premièrement l’évaluation des dynamiques biophysiques du milieu à travers l’étude des données climatiques et celles issues de la télédétection et l’identification des zones de sensibilité à la désertification moyennant l’intégration des données biophysiques et socio-économiques, deuxièmement l’analyse des stratégies de production des agriculteurs dans une zone d’intérêt en vue de comprendre les mécanismes d’allocation des ressources et finalement la proposition de scénarios d’adaptation en tenant compte des contraintes liées à la gestion durable des ressources et au respect de l’environnement.
Le suivi de la dynamique des phénomènes biophysiques liés à la désertification s’est fait essentiellement à travers l’étude de l’évolution du climat et de la qualité de la végétation à l’échelle de l’ensemble de la zone étudiée (NDVI) et au niveau d’une zone d’intérêt pour la recherche (occupation du sol). Ceci a été réalisé à travers l’utilisation d’un ensemble d’indicateurs relatifs à l’évolution de la qualité du climat (précipitations et températures) et moyennant l’utilisation des données de télédétection relatives à la qualité de la végétation et au suivi des changements d’occupation du sol.
Pour la végétation, le suivi spatio-temporel de la végétation pour l’ensemble du bassin versant de la Moulouya a montré pour les trois sources de données à basse résolution utilisées et relatives au NDVI (GIMMS, MEDOKADS et SPOT) des évolutions similaires de l’indice de végétation NDVI. Malgré les différences entre les amplitudes de variation du NDVI, liées essentiellement aux spécificités des algorithmes de traitement, les trois séries de données conservent la même tendance stationnaire au cours du temps. D’une manière générale, les fluctuations du NDVI mises en évidence à l’aide des données NDVI à basse résolution reflètent principalement les variations spatio-temporelles en quantité et en qualité des précipitations d’une année par rapport à une autre et ne montrent aucune tendance particulière concernant la qualité de la végétation.
Pour le climat, l’exploitation des différentes sources de données (précipitations et température), en vue de caractériser la dynamique du climat ainsi que ses scénarios d’évolution pour le 21ème siècle à l’échelle du bassin versant montre que la qualité du climat de la zone a connu une détérioration (diminution des précipitations et hausse des températures) au cours du siècle précédent qui s’est traduite par une augmentation de l’aridité. L’analyse des données relatives aux précipitations et aux températures enregistrées au cours de la période 1994-2014 et leur comparaison avec les scénarios d’évolution du climat (HADCM3) montrent que le climat régional est resté relativement stable au cours de cette période et que sa tendance s’écarte sensiblement du scénario 2000-2020, soit un écart minimal en moins de l’ordre de 0,5 °C pour les températures et en plus de 3 mm pour les précipitations.
L’identification des zones sensibles à la désertification, réalisée sur la base de l’approche MEDALUS, a montré que les zones fragiles et critiques totalisent 61% de la superficie du bassin versant, soit une superficie d’environ 3,25 millions d’ha. Spatialement, les zones sensibles à la dégradation se trouvent aussi bien dans la Basse Moulouya que dans les Hauts Plateaux et la vallée de Missour constitués essentiellement de parcours steppiques.
Dans la zone côtière, cette sensibilité à la désertification est surtout liée à l’intensification de l’agriculture caractérisée par la mise en place depuis plus d’un demi-siècle du périmètre irrigué de la Moulouya, mais aussi par la forte densité de la population.
Pour les Hauts Plateaux et la vallée de Missour, les facteurs explicatifs de cette sensibilité à la désertification sont liés à la densité du cheptel qui se manifeste surtout à travers la dégradation du couvert végétal.
L’analyse de la dynamique d’occupation du sol à travers l’utilisation des images satellites (LANDSAT) pour la commune de Tissaf, choisie comme zone d’intérêt pour la recherche, a révélé une dégradation qualitative de la végétation. En effet, de grandes superficies d’Alfa dense à très dense (végétation climacique) se sont dégradées pour se retrouver dans la classe d’Alfa faiblement dense, soit une diminution de l’ordre de 16.199 ha sur 20 ans.
L’analyse des causes de la dégradation des parcours au niveau de la commune de Tissaf à travers l’étude de la productivité des parcours et du système d’élevage pastoral a révélé que le capital, en tant que facteur de production, joue un rôle important dans les stratégies d’utilisation des ressources fourragères « gratuites » issues des parcours collectifs. Ainsi, les grands éleveurs sédentaires ou semi-nomades disposant d’importants fonds propres et grâce à une utilisation plus opportuniste des parcours collectifs paraissent profiter davantage de ces ressources (46.478,15 UF) par rapport aux petits éleveurs sédentaires et transhumants (5.148,70 UF et 18.714,40 UF). Les petits éleveurs qui adaptent l’effectif de leur cheptel en fonction des conditions du milieu (décapitalisation en période de sécheresse) semblent profiter moins en quantité et en qualité des ressources pastorales disponibles.
L’analyse des scénarios d’adaptation en relation avec l’augmentation de l’aridité du milieu en vue de lutter contre la désertification a montré la nécessité de tenir compte du potentiel biophysique et de ses dynamiques spatio-temporelles dans les stratégies de développement durable à l’échelle régionale et a révélé qu’une forte capitalisation de l’agriculture à travers un financement non adapté peut avoir un effet négatif sur la durabilité des ressources et la pérennité des systèmes de production agricoles en particulier. En guise de conclusion la thèse propose des scénarios d’adaptation des systèmes de production allant de l’amélioration des productivités à l’adaptation des technologies agricoles à la fragilité du milieu en vue d’orienter les stratégies de développement et d’investissement vers les secteurs rentables économiquement et qui respectent en même temps l’environnement.

Zongo, Bétéo (2016). Stratégies innovantes d’adaptation à la variabilité et au changement climatiques au Sahel : cas de l’irrigation de complément et de l’information climatique dans les exploitations agricoles du Burkina Faso (Thèse de doctorat), Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech, 257 p., 78 tab., 55 fig., 4 cartes.

Résumé :
Dans les pays sahéliens, les agriculteurs, la communauté scientifique, les Etats et leurs partenaires sont à la recherche de nouvelles pratiques agricoles pour faire face aux conséquences des poches de sécheresse aggravées par les changements climatiques. Afin de contribuer à relever ce défi, cette étude s’est intéressée à la problématique de l’adoption des innovations agricoles dans les zone sahélienne et soudano-sahélienne du Burkina Faso. Parmi les innovations prometteuses, l’étude a exploré les possibilités de diffusion de la pratique de l’irrigation de complément à partir de bassins individuels (ICBI) et d’utilisation de l’information climatique (IC) dans les exploitations agricoles.

La démarche adoptée au cours de cette étude a consisté à collecter des données auprès d’un échantillon de ménages agricoles à travers les enquêtes et à conduire des expérimentations sur la pratique de l’ICBI et sur l’utilisation de l’IC en agriculture pluviale. Outre les statistiques descriptives usuelles et les analyses de variances, le modèle Logit multinomial a été utilisé pour analyser les déterminants de la diffusion des innovations agricoles. Les facteurs d’acceptabilité de l’ICBI dans les exploitations agricoles ont été déterminés à partir du modèle Logit binaire. La rentabilité économique de la pratique de l’ICBI a été évaluée. Le modèle de sélection d’Heckman associé à l’approche d’évaluation contingente a été employé pour analyser le consentement des ménages à utiliser l’IC. Des simulations ont été réalisées à partir d’un modèle bioéconomique afin de proposer des mesures techniques et politiques pour contribuer à faciliter l’adoption de ces innovations agricoles.

L’étude montre qu’au terme des quatre décennies de diffusion, le taux d’adoption est de 69,3% pour les cordons pierreux, 49,1% pour le zaï, 39,1% pour les semences améliorées et 26,2% pour les bandes enherbées. LE taux d’adoption des autres innovations (demi-lunes, diguettes, paillage) est inférieur à 10%. Selon l’analyse des facteurs explicatifs, les faibles niveaux d’organisation et d’accès des agriculteurs aux services des agents de vulgarisation constituent les contraintes significatives à l’adoption de ces innovations agricoles. La majorité des ménages (78,4%) estime que la pratique de l’ICBI constitue une alternative intéressante pour atténuer les effets de poches de sécheresse sur la production agricole. L’évaluation agronomique montre que la pratique de l’ICBI permet d’accroître le rendement du maïs de 1,08 T/ha (88,3%) comparativement à la situation sans irrigation. Le surplus de production de maïs obtenu avec cette pratique peut combler les besoins céréaliers mensuels de 17 personnes de dégager unemarge brute de 178 483 F CFA par campagne agricole. L’estimation de la valeur actuelle nette, du taux interne de rentabilité, du délai de retour sur investissement et de la marge nette montre que la rentabilité de la pratique de l’ICBI dépend du type de bassin construit. Par ailleurs, la majorité (93%) des ménages estime avoir besoin de l’IC pour orienter leur prise de décisions. Environ 64% des ménages consentiraient à payer pour en bénéficier. Les expérimentations montrent que le surplus de production du maïs et sorgho obtenu à partir de l’utilisation de l’IC satisfait les besoins céréaliers mensuels de 7 personnes en moyenne par rapport aux prévisions saisonnières traditionnelles. Les simulations indiquent que la pratique de l’ICBI en année moyenne permet d’accroître le revenu espéré de 26,5% (133 030 F CFA) comparativement à la situation sans irrigation. Les politiques agricoles de vulgarisation examinées concernent six modalités de subvention et l’instauration d’un système d’octroi de crédit aux ménages pour le financement de l’ICBI. La mise en oeuvre de ces politiques contribuera à faciliter l’adoption de l’ICBI à grande échelle. Les acteurs de la recherche-développement devraient expérimenter la combinaison de l’ICBI et de l’IC.

Sossou, Comlan Hervé (2015). Le financement de l’agriculture au Bénin : stratégies de gestion et d’adaptation des exploitations agricoles (Thèse de doctorat en français). Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech. 181 pages, 31 tableaux, 47 figures, 1 carte.

Résumé :
Le Bénin est un pays en voie de développement dont l’économie repose essentiellement sur le secteur agricole. 80% de la population est rurale et caractérisée par des exploitations de type familial. Aujourd’hui, l’enjeu est de créer les conditions favorables à l’amélioration et la compétitivité des systèmes d’exploitation agricoles et la création de petites et moyennes entreprises le long des différentes chaînes de valeur agricoles. Un tel enjeu suppose la facilitation de l’accès des agriculteurs aux marchés des intrants, produits et surtout aux services financiers. Cela met en évidence la nécessité de définir un cadre optimal de financement des activités de production agricole en s’appuyant sur les leçons tirées des expériences en cours, et en utilisant au mieux les innovations institutionnelles récentes en la matière. La présente thèse focalise les réflexions sur la problématique du financement de l’agriculture et les stratégies développées par les divers acteurs du secteur agricole. A cet effet, un travail de recherche a été initié à partir de 2010 et s’est articulé autour des exploitations agricoles et de leur accès aux services financiers. Une enquête auprès de 475 exploitations agricoles a été réalisée en 2011. En 2014, une phase d’approfondissement a été effectuée sur 40 exploitations agricoles. Les données collectées ont été soumises à une analyse de contenu thématique appuyée par des statistiques descriptives et une régression logistique.

Les résultats de la recherche ont révélé que les besoins des exploitations ne sont pas totalement satisfaits. Les crédits accordés concernent en grande partie de faibles montants. Les investissements productifs qui constituent les investissements à moyen et long termes pouvant induire des améliorations notables de la production agricole sont quasi insatisfaits. Par ailleurs, les analyses ont montré que le revenu détermine l’accès au crédit. Ce facteur traduit à un certain niveau la capacité des exploitants agricoles à fournir les garanties financières exigées par les institutions de microfinance. Aussi, la capacité du producteur à investir, sa constance au niveau de la structure et la conformité aux règles des institutions de microfinances facilitent-elles l’accès à des montants de prêts élevés. Les analyses ont aussi montré que le rationnement du crédit concerne un grand nombre de producteurs. La conséquence de ce rationnement est la réduction de l’utilisation des intrants agricoles, la faible utilisation de la main-d’œuvre salariée, la réduction des emblavures à exploiter, etc.

En conclusion, les conditions actuelles offertes par les institutions de microfinance ne favorisent pas le développement du secteur agricole et l’amélioration des conditions de vie des populations en milieu rural. Il s’avère donc nécessaire de repenser le financement des activités agricoles et de définir un mécanisme de financement pérenne et durable. A cet effet, l’initiative pour la mise en place d’un Fonds National de Développement Agricole (FNDA) devrait être accélérée pour son opérationnalisation afin de permettre aux exploitants agricoles un accès plus facile et adéquat au crédit.

Dang, Thi Minh Luyen (2015). Indication géographique au Vietnam : Cas du thé vert Tan Cuong, Thai Nguyen (Thèse de doctorat en français). Belgique, Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech. 165 pages, 77 tableaux, 31 figures.

Résumé :
Le thé vert de Tan Cuong est apprécié pour sa qualité depuis longtemps par les consommateurs vietnamiens. Depuis peu celui-ci est certifié “Indication Géographique Protégée” par le NOIP du Vietnam.
Dans le cadre du projet PIC “Développement de l’entrepreneuriat en amont et en aval de l’activité agricole au Vietnam”, financé par la Commission Universitaire pour le Développement, Belgique, l’Institut Polytechnique de Hanoï a souhaité conduire des recherches multidisciplinaires sur ce produit certifié en vue de mieux comprendre les atouts d’une IGP et d’identifier les contraintes qui pèsent sur les producteurs. Afin d’atteindre ce but, des recherches sur la filière, auprès de consommateurs et sur les caractéristiques des produits issus du thé vert Tan Cuong ont été réalisées.
La recherche sur la filière vise à comprendre la situation et les problématiques à Tan Cuong. Elle se base sur une enquête réalisée auprès de 90 foyers producteurs, des commerçants de la commune et de Hanoi, des fournisseurs de matériel…
Ensuite, une recherche a été réalisée auprès de 150 consommateurs de la capitale, Hanoï étant le marché principal du thé Tan Cuong, afin de comprendre leurs perceptions, leurs opinions et leurs recommandations envers le produit.
La dernière partie a pour objectif de contribuer à une meilleure connaissance de la qualité du produit. Pour cela nous avons réalisé des recherches sensorielles et une recherche bibliographique sur les composants chimiques du thé Tan Cuong.
Il ressort de cette étude que le thé de Tan Cuong est un produit de qualité et de haute rentabilité économique. Les consommateurs apprécient la qualité du thé de Tan Cuong (Thai Nguyen) et ont exprimé des attentes pour un produit sain et de qualité. [ l’issue de cette étude et sur base des résultats des différentes recherches, trois recommandations principales ont été mises en évidence : la première concerne l’importance de la mise en oeuvre d’un système de contrôle de l’IGP pour le thé vert Tan Cuong, la deuxième souligne l’intérêt d’orienter la production de thé de Tan Cuong vers un label biologique et la troisième vise à renforcer les coopérations à tous les échelons de la filière.

Redani, Latifa (2015). Compétitivité, valorisation des ressources et objectifs de sécurité alimentaire pour la filière sucrière au Maroc (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 137 p., 54 tab., 9 fig., 59 graphiques.

Résumé :
L’objectif de ce travail est d’interroger la cohérence des politiques de sécurité alimentaire avec les politiques d’efficacité économique et de valorisation des ressources pour le secteur sucrier au Maroc. Une politique de sécurité alimentaire sous-entend une intervention de l’Etat et donc, implicitement, des distorsions de marché, alors qu’une politique de valorisation des ressources, elle, sous-entend un marché libre. Pour traiter de cette problématique, l’approche suivie a consisté en une analyse du marché du sucre au Maroc (déterminants de la demande et évolution des cours mondiaux et leur impact sur la sécurité alimentaire), une analyse économique ayant pour objectif d’évaluer la compétitivité des différents segments de la filière sucre, et une analyse de la valorisation relative des ressources (capital, travail et eau d’irrigation) par les cultures sucrières en comparaison aux différentes cultures irriguées en vue de déterminer leurs rentabilités relatives privées et sociales. L’analyse de la consommation sur la décennie 2000-2010 montre que la tendance est à l’augmentation de la consommation nationale et, donc, à une accentuation de l’insécurité alimentaire du pays en sucre dans l’avenir. Quant  à l’analyse de la volatilité des cours mondiaux du sucre, de 1960 à 2010, grâce à la méthode de décomposition des séries chronologiques, elle permet l’isolation d’un effet accidentel, qui reflète la variabilité non due aux effets saisonnier et tendance. Cet effet accidentel est principalement marqué durant les périodes : 1973 à 1975, 1980 à 1981 et 2009 à 2010. En termes de sécurité alimentaire, ces fluctuations des cours mondiaux du sucre n’ont pas d’impact sur l’accès des ménages à ce produit, par contre elles ont un impact important sur le budget de l’Etat. Toute variation des cours sur le marché international est absorbée par le système de compensation des prix mis en place puisque les prix du sucre sont réglementés. La politique de sécurité alimentaire entreprise dans les années soixante et soixante-dix ont permis d’atténuer la dépendance du pays aux importations et, donc, de réduire l’impact des fluctuations des cours mondiaux du sucre.  Cependant, cette politique a été souvent critiquée sur la base de l’efficience des marchés et de la valorisation des ressources. L’analyse économique de la filière sucrière montre que les différents segments de la filière ne bénéficient pas du même niveau de protection. Si le segment de production de la betterave sucrière ne bénéficie plus d’aucune protection, le sucre brut reste globalement protégé. Cependant, le niveau de cette protection a globalement baissé pendant la période post ajustement structurel. Sur le plan compétitivité, alors que la culture de la betterave sucrière s’avère devenue compétitive, la compétitivité effective du segment industriel, et compte tenu des distorsions importantes sur le marché mondial, est difficile à évaluer. L’analyse de la valorisation des ressources (capital, emploi et eau) montre que les cultures sucrières, et plus particulièrement la betterave, valorisent relativement mieux les ressources capital et travail que la plupart des cultures non horticoles. Cependant, la valorisation de l’eau d’irrigation reste faible pour la betterave (hormis la betterave dans les Doukkala). Mais la tendance technologique laisse prévoir des possibilités d’amélioration substantielles. La politique de sécurité alimentaire en matière de sucre s’est avérée efficace puisqu’elle a permis de mettre en place une production nationale compétitive et qui valorise bien les ressources. Les distorsions introduites par les interventions de l’État ont donné le temps aux agriculteurs pour améliorer leur technicité et devenir ainsi compétitifs dans un contexte de marché international marqué par des distorsions importantes. Finalement, une politique de sécurité alimentaire n’est nullement contradictoire avec une politique de valorisation des ressources à condition que lorsque les filières de production deviennent compétitives, il faut laisser la place aux mécanismes du marché.

Moussa Dit Kalamou, Mahamadou (2015). Impact de la dynamique foncière dans la lutte contre l’insécurité foncière et la pauvreté des femmes dans la région de Tahoua au Niger (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 249 p. (+ annexes 20 p.), 46 tab., 28 fig. et 2 cartes.

Résumé :
Au Niger, la question foncière reste au centre des préoccupations de tous les acteurs du monde rural. Les sécheresses cycliques de ces dernières décennies et l’accroissement rapide de la population en sont les facteurs déterminants de dégradation des terres de culture avec comme conséquence l’insécurité foncière et alimentaire des ménages notamment dans la région de Tahoua. Malgré les efforts consentis par l’État et ses partenaires à travers les programmes de gestion des terroirs villageois et de régénération naturelle, les difficultés d’accès au foncier persistent particulièrement pour les ménages femmes. L’objectif étant d’apprécier et d’analyser l’impact de la dynamique foncière induite par la récupération des terres afin de trouver certaines réponses aux problèmes d’insécurité foncière et d’accès et contrôle des ressources naturelles par les ménages, un travail d’enquête a été mené en deux phases. La première en 2010 pour un échantillon de 450 ménages répartis dans vingt villages sélectionnés suivant un échantillonnage stratifié. La deuxième en 2012 pour un échantillon de 84 ménages dont 42 chefs de ménage femmes issus du premier échantillon auquel a été associé un groupe de 42 chefs de ménages homme pour une analyse spécifique sur le genre. Il ressort alors de cette étude que les ménages hommes possèdent une superficie moyenne des terres environ double de celle des ménages féminins. Il a été également constaté que les terres sont généralement concentrées aux mains des chefs de ménage âgés de plus de 60 ans. Il est remarqué que l’héritage est aussi l’un des modes d’accès à la terre les plus dominants. Le morcellement et l’extension des terres de culture favorisent l’émergence des champs au-delà de la limite nord des cultures réservée à l’élevage. Enfin, ces trois dernières années, les productions agricoles sont généralement en baisse. L’analyse des résultats montre également que contrairement aux hommes, les femmes chefs de ménage disposent de moins de facteurs de production, d’une par, et de peu de revenu, d’autre part. Cela prouve que les ménages femmes restent les plus pauvres avec un accès limité aux ressources naturelles. Pour lutter contre l’insécurité foncière des ménages et la pauvreté, des recommandations et perspectives ont été dégagées visant l’instauration d’une bonne gouvernance des ressources foncières, une intensification des ouvrages antiérosifs par les ménages avec des moyens conséquents et l’initiation d’autres recherches complémentaires pour un développement durable de cette région.

Laouali, Abdoulkadri (2015). Contribution à l’étude de la dynamique de l’élevage pastoral au Niger : cas de la région de Diffa (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, 189 p., 63 tab., 73 fig. + annexes.

Résumé :
Dans les pays du Sahel où se pratique un élevage pastoral du type extensif, l’élevage joue un rôle essentiel dans la vie socio-économique et l’équilibre alimentaire des ménages. Cependant, à travers les littératures, un certain nombre d’études pointent du doigt cette activité, notamment sa contribution à la dégradation de l’environnement ; l’émission de gaz à effet de serre ; sa faible performance économique ; etc. Par contre, d’autres études ont fait relever l’importance et l’efficience de la pratique pastorale dans un milieu naturel à équilibre instable comme le Niger, grand pays d’élevage au cœur du Sahel, avec un cheptel de plus de 37 millions d’animaux. Et dans ce cadre, cette recherche a essayé de repositionner le débat en soulignant le rôle et l’importance de l’élevage pastoral dans les pays sahéliens en général, au Niger en particulier et de manière spécifique dans la région de Diffa. Située entre une zone désertique au Nord et une zone sahélienne au Sud, Diffa est une région pastorale par excellence au Niger. L’élevage, avec un cheptel très diversifié, est l’activité économique dominante de la région. Il occupe 95 % de la population et contribue annuellement à hauteur de 55 % à la formation du produit intérieur brut de la région. Toutefois, cette activité fait face à diverses contraintes d’ordre biophysique et anthropique. Pour comprendre la dynamique pastorale au niveau de cette région, un travail de recherche a été initié à partir de 2010 suivant une approche systémique. Le travail s’est articulé autour de trois pôles : Homme-Ressources naturelles-Animaux. Une enquête auprès de 300 ménages (150 ménages à troupeau sédentaire et 150 à troupeau mobile) a été réalisée au cours du 1er semestre 2012. Les investigations ont été faites sur la base de l’identification préalable de trois zones agro-écologiques (cuvettes pastorales, rivière de Komadougou, lac Tchad) à raison, pour chacune, de 100 ménages. Les résultats de la recherche ont révélé que l’élevage pastoral dans la région de Diffa est en mutation. Les troupeaux (sédentaires et mobiles) sont de taille relativement réduite et de plus en plus composés en majorité de petits ruminants. La reproduction est assurée par un noyau de reproductrices plus ou moins stable et largement dominé par les jeunes femelles. Une analyse croisée des données a mis en évidence l’existence de déficits fourragers récurrents, consécutifs aux séries de déficits pluviométriques annuels, ainsi que des épizooties, comme principales causes des mutations de l’élevage pastoral dans la région de Diffa. Pour y faire face, les populations pastorales et agro-pastorales ont construit et développé un ensemble de stratégies adaptatives pour se prémunir de chocs ou pour atténuer leurs effets et assurer la survie des ménages et du cheptel. Cependant, avec les années et la récurrence des chocs, les stratégies traditionnelles de gestion de risques et d’incertitudes se sont fragilisées avec des conséquences socio-économiques tant chez les ménages pastoraux qu’agro-pastoraux. Une intervention de l’État, des ONGs et/ou des associations et d’autres partenaires au développement, permettrait de booster ces stratégies et de renforcer la capacité des ménages à gérer les risques sur le long terme.

Minani, Bonaventure (2014). Analyse et stratégies de développement de l’agriculture familiale dans un pays post-conflit : cas de la Province de Kirundo au nord du Burundi (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 162 p. (+ Annexes : 20 p.), 24 figures, 8 cartes et 45 tableaux.

Résumé :
L’agriculture familiale burundaise est au centre des solutions à apporter à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui prévaut actuellement au Burundi. En effet, le secteur agricole contribue à plus de 40 % du PIB et emploie plus de 90 % des actifs agricoles.
Les fermiers de la Province de Kirundo pratiquaient l’agriculture familiale orientée vers le marché. Cette région était jadis considérée comme le grenier du pays car elle permettait d’alimenter plusieurs autres régions en céréales et légumineuses. Avant 1993, cette Province était la deuxième province rurale qui avait le moins de ménages (28 %) vivant en dessous du seuil de pauvreté. Aujourd’hui, leur agriculture est tournée vers l’autoconsommation. Plus de 60 % des ménages de la Province de Kirundo vivent dans l’insécurité alimentaire et nutritionnelle tandis que 83 % de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté.
L’étude avait comme objectif d’analyser les contraintes qui handicapent les performances des systèmes de production de cette région en vue de formuler des stratégies pouvant impulser l’agriculture familiale dans cette province. Pour cela, une enquête a été menée auprès de 355 ménages agricoles répartis dans 7 communes de cette province.
Les résultats de cette étude a montré que 282 fermiers (79 % des enquêtés) avaient l’amenuisement des terres et/ ou les conflits fonciers comme obstacles au développement de leur agriculture familiale. Par contre, l’étude a également décelé l’existence de 73 fermiers (soit 21 % des enquêtés) qui ne connaissaient pas de conflits fonciers ou amenuisement de terres comme contraintes à la performance de leurs systèmes de production. Ces fermiers étaient subdivisés en deux groupes: le premier groupe (groupe A) englobait 41 fermiers qui ne parvenaient pas à exploiter totalement leurs terres, tandis que le second groupe (groupe B) comprenait 32 fermiers avec des forte productivités agricoles. C’est ainsi qu’une étude de cas a été menée auprès de ces fermiers pour connaître les contraintes qui sont à la base de la non rentabilisation du foncier chez les fermiers du premier groupe (groupe A) d’une part, et les stratégies mises en place par les autres fermiers du groupe B pour accroître la productivité agricole d’autre part.
Les résultats issus de cette étude de cas montrent que les fermiers exploitant partiellement leurs terres possèdent en moyenne une superficie équivalente à 1,6 hectare par ménage, seulement un tiers de cette superficie est mise en valeur. Les rendements des cultures (caféier, bananier, haricot, maïs, manioc, riz, sorgho, patate douce, etc.) étaient inférieurs à ceux observés au niveau national. Les principales contraintes de cette faible performance de leurs systèmes de productions sont notamment: l’insuffisance de la main-d’œuvre agricole, qui peut s’expliquer par (i) l’exode rural et le mariage précoce des enfants ainsi que le départ des chefs de ménages à la recherche de l’emploi au Rwanda ou dans d’autres exploitations familiales des régions voisines, (ii) le manque d’intrants agricoles, (iii) le manque d’équipements agricoles, (iv) le recours aux usuriers, (v) l’insuffisance des pratiques antiérosives, (vi) le taux élevé d’analphabétisme, (vii) la mauvaise répartition de la fumure organique entre la bananeraie et les autres cultures vivrières, (viii) la persistance de techniques agro-pastorales traditionnelles, (ix) la forte mortalité animale, (x) le faible taux de ménages disposant de champs dans les bas-fonds ou marais, (xi) le manque d’autres opportunités en dehors du secteur agricole.
Par ailleurs, les principales stratégies utilisées par les fermiers à forte productivité agricole pour augmenter les performances technico-économiques de leurs systèmes de productions sont les suivantes: (i) un taux élevé d’adoption des technologies (de lutte antiérosive, de fertilisation de cultures et de lutte contre les maladies et ravageurs), (ii) le développement du capital social à travers l’adhésion des membres aux associations locales de développement bien structurées et organisées, (iii) la répartition raisonnée de la fumure organique entre la bananeraie et les cultures vivrières, (iv) l’application des techniques agro-pastorales modernes, (v) le renouvellement des outils agricoles, (vi) le pourcentage élevé de ménages ayant des champs dans les bas-fonds ou marais où ils pratiquent la culture du riz et les autres cultures vivrières, (vii) le taux élevé d’alphabétisation, (viii) le recours aux institutions bancaires pour le crédit et (ix) le développement des activités extra-agricoles comme le commerce et l’artisanat.
L’auteur termine son étude en recommandant le développement des activités extra-agricoles, la formation des fermiers aux techniques agricoles modernes, le renouvellement des outils agricoles, la pratique des cultures vivrières dans les bas-fonds et marais, le développement de l’élevage à travers l’introduction des petits ruminants ainsi que la pratique de l’élevage en stabulation comme stratégies pouvant développer l’agriculture familiale dans la Province de Kirundo.

Assogba Sonagnon, Claude-Gervais (2014). Représentations de l’environnement et adoption des pratiques durables de production par les cotonculteurs du Bénin (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 204 p., 44 tabl., 31 fig., 15 encarts.

Résumé :
La présente recherche vise à contribuer à une meilleure compréhension du phénomène d’adoption des innovations environnementales. Elle part de l’analyse des représentations de l’environnement et des pratiques culturales associées à la gestion durable des exploitations cotonnières afin de mieux saisir les logiques et stratégies qui les fondent d’une part ainsi que les raisons qui expliquent les comportements paysans dans l’adoption des systèmes alternatifs de production de coton (SAPC) au Bénin d’autre part. Les théories d’analyse du changement technique, plus particulièrement la théorie de l’appropriation des innovations, renforcée par la théorie orientée vers les acteurs et les considérations théoriques sur les logiques et stratégies d’acteurs et les représentations sociales, ont servi de fil conducteur.
Les systèmes de production de coton biologique (SCBIO) et du Cotton made in Africa (SCMIA) ont servi de cas d’étude. La phase empirique de la recherche s’est déroulée dans les communes de Kandi et de Péhunco, situées dans le bassin cotonnier du Nord Bénin. Un échantillon de 90 exploitants SCBIO, de 100 exploitants SCMIA et de 39 agents des structures promotrices de ces systèmes, a été constitué à partir d’une typologie à dires d’acteurs, conçue sur la base de critères endogènes de prospérité. Vu le caractère empirique de la recherche, une attention particulière a été accordée aux données primaires. Des outils qualitatifs et quantitatifs ont été combinés pour l’analyse des données collectées grâce à des entretiens individuels et de groupes.
Il ressort de l’étude que la contribution du SCBIO et du SCMIA à l’économie nationale reste marginale en comparaison au mode conventionnel, système pourtant décrié. Au niveau paysan, l’analyse de ces systèmes de production montre qu’ils ne sont pas durablement intensifs et leur appropriation est caractérisée par des divergences entre les exigences et pratiques recommandées et les pratiques paysannes. En particulier, la gestion de la fertilité des sols et des ravageurs reste problématique. En clair, l’utilisation de la matière organique et la pratique de la rotation intégrant des légumineuses constituent les principales formes de gestion de la fertilité des sols au sein des exploitations SCBIO. Cependant, les apports de la matière organique en quantité et en qualité restent limités par la faible disponibilité de la matière organique, le manque crucial de matériel de transport, les conditions de production de la fumure, etc. Par ailleurs, la difficulté liée à la préparation des biopesticides et leur efficacité réduite, les contraintes liées à l’observation du complexe parasitaire, etc. constituent d’énormes contraintes à une gestion efficace des ravageurs. Au niveau des exploitations SCMIA, la pratique de la fertilisation organo-minérale reste peu répandue ; les apports de fumure organique sont très infimes et ceux des engrais minéraux insuffisants. L’application de la lutte étagée ciblée (LEC), principale méthode de gestion des ravageurs, est limitée par des contraintes de mise en place tardive des insecticides, leur faible efficacité, la pénibilité de la méthode, etc. ; ce qui contraint les exploitants à l’usage de pesticides en surdose ou au recours aux pesticides prohibés tels que l’endosulfan. Jugeant de la nécessité de recourir aux engrais minéraux pour les vivriers, notamment le maïs, certains producteurs développent diverses logiques stratégiques pouvant revêtir la forme de ruse, de contournement, de non-respect des cahiers de charges, d’abandon, etc. en vue d’y accéder. L’analyse de ces logiques stratégiques a montré qu’elles constituent un équilibre provisoire, une résultante de différents registres explicatifs relatifs aux représentations sociales de l’environnement, à la perception des dispositifs de développement, aux objectifs de production et de reproduction sociale, à la particularité de la demande de coton « durable », etc. Dès lors, toute action visant la durabilité des systèmes de production de coton doit permettre l’amélioration des moyens d’existence des producteurs afin de favoriser leur accès aux intrants en quantité et en qualité suffisantes pour une meilleure gestion de la fertilité des sols et des ravageurs. Des actions de sensibilisation et de renforcement des capacités sur l’importance de l’intégration des légumineuses au système de rotation, l’amélioration de la méthode de la lutte étagée ciblée, etc. devront être envisagées. Au niveau politique, il serait souhaitable que les décisions politiques n’affectent pas négativement le développement de filières cotonnières alternatives. Il importe aussi que des mesures soient prises en vue de faciliter l’accès des exploitants aux engrais minéraux destinés aux cultures vivrières dont principalement le maïs afin d’éviter le bradage des vivriers.

Muteba Kalala, Damien (2014). Caractérisation des modes de consommation alimentaire des ménages à Kinshasa : analyse des interrelations entre modes de vie et habitudes alimentaires (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 179 p., 59 tabl., 10 fig., 4 cartes et 5 photos.

Résumé :
La présente étude a été initiée au départ d’une hypothèse selon laquelle des ménages se retrouvent dans une situation d’insécurité alimentaire lorsque leurs modes de vie et moyens d’existence ont changé ou ne se sont pas adaptés et qu’ils n’ont pas la capacité de trouver un  équilibre entre un ensemble de besoins. La demande alimentaire des ménages ne peut donc  être analysée indépendamment de l’ensemble des moyens d’existence et conditions de vie.  Pour réaliser cette étude, une méthodologie basée sur les enquêtes auprès des ménages a été  adoptée. Sur base de leur niveau présumé de richesses, trois quartiers ont été choisis ; le Quartier Résidentiel à Limete, le quartier Mabulu à Makala et les Quartiers I et VII à N’djili.Un échantillon de 346 ménages a été constitué.Les résultats de la première enquête sur la caractérisation des ménages ont permis d’atteindre les trois premiers objectifs de l’étude :
– Analyser les caractéristiques socio-économiques des ménages kinois ;
– Analyser la structure des dépenses de consommation des ménages ;
– Analyser les facteurs qui influencent les pratiques alimentaires des Kinois.
La deuxième enquête a consisté en un suivi des ménages ciblés par rapport aux critères précis. Trente ménages ont été choisis, à raison de 10 dans chacun des trois quartiers. Ils ont été suivis d’abord en saison sèche pendant trois mois, de juin à août 2011, et par la suite en saison pluvieuse, pendant trois mois également, entre février et avril 2012. Les résultats issus de cette étude ont montré, entre autres, que les dépenses alimentaires sont beaucoup plus importantes en saison pluvieuse qu’en saison sèche. Cependant, les quantités consommées sont relativement plus élevées en saison sèche qu’en saison pluvieuse. La quantité d’aliments consommés par personne et par jour a été estimée en saison sèche respectivement à 1202g (dans les ménages aisés), 833g (dans les ménages moyens) et 506g (dans les ménages pauvres). En saison pluvieuse, les quantités consommées sont respectivement dans l’ordre de 1120g (dans le quartier aisé), 801g (dans les ménages moyens) et de 493g (dans les ménages les moins aisés). Les apports énergétiques par personne et par jour en saison sèche sont respectivement de 2571 calories (dans les ménages aisés), 1864 calories (dans les ménages moyens) et de 1094 calories (dans les ménages pauvres). Les apports énergétiques sont également en baisse en saison pluvieuse. Ils sont respectivement de 2452 calories (dans les ménages aisés), 1838  calories (dans les ménages moyens) et de 1130 calories (dans les ménages pauvres).  Les apports protéiques par personne et par jour ont été estimés en saison sèche respectivement  à 102g (ménages aisés), 81g (dans les ménages moyens) et 51g (dans les ménages pauvres). En saison pluvieuse, ces apports sont également faibles. Ils sont de l’ordre de 100g dans les ménages aisés; 80g dans les ménages moyens et 50g dans les ménages pauvres. L’analyse de différents modes de consommation a montré que les habitudes alimentaires des Kinois ne semblent pas rencontrer les exigences nutritionnelles. Entre les deux considérations,  les ménages ont de plus en plus de difficultés à trouver un point d’équilibre. Les éléments qui  justifient ce difficile équilibre sont notamment : la monotonie alimentaire dans les ménages, la  tendance à favoriser la consommation des aliments bon marché, le choix des aliments sans  lien avec les considérations diététiques, l’apparition de plus en plus de problèmes de santé  publique liés aux modes de consommation alimentaire. Toutefois, le déséquilibre alimentaire dans les ménages kinois n’est pas toujours lié au revenu.

Vwima Ngezirabona, Stany (2014). Le rôle du commerce frontalier des produits alimentaires avec le Rwanda dans l’approvisionnement des ménages de la ville de Bukavu (Province du Sud-Kivu) (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 170 p., 48 tabl., 27 graph., 5 fig., 7 cartes.

Résumé :
Ce travail se propose de mettre en évidence l’importance des approvisionnements des produits alimentaires en provenance du district de Rusizi (Rwanda) dans la sécurité alimentaire de la ville de Bukavu. Pour cela, il s’est alors avéré nécessaire de connaître leurs ampleurs et déterminants ainsi que leurs conséquences qui restent insuffisantes en raison de leur caractère informel, afin de définir des politiques visant à améliorer la situation et pouvant faciliter l’intégration sous-régionale. Le travail de terrain a consisté en deux séries d’investigations : d’une part les pointages des flux des produits alimentaires pour trois mois (mai, juin et juillet 2010) et par axe d’approvisionnement de la ville de Bukavu, d’autre part une enquête par questionnaire sur un échantillon de 233 ménages dont 76 ménages-consommateurs et 157 ménages-revendeurs. Le pointage des flux des produits alimentaires montre que 2.021 ménages en moyenne traversent chaque jour les deux frontières pour y effectuer leurs approvisionnements alimentaires dont 661 ménages (32,7%) sont des consommateurs directs des produits alimentaires et 1.360 ménages (67,3%) sont des revendeurs. Excepté le manioc qui est une culture traditionnelle du Sud-Kivu, les bananes plantains à cause du problème de conservation, provenant beaucoup plus de l’intérieur de la province, et le haricot provenant beaucoup plus du Nord-Kivu, les pointages des flux des produits alimentaires, ont montré que les taux de dépendance au Rwanda restent fort élevés pour les produits comme le maïs (66%), la pomme de terre (82%), le sorgho (73%), l’arachide (69%), la patate douce (98%), le riz (70%) et les viandes de boeuf et porc (85%). Avec ces taux de dépendance, la ville de Bukavu constitue l’un des grands marchés des produits alimentaires du district de Rusizi (Rwanda), ce qui est loin d’être confirmé par les statistiques officielles des importations de l’Office Congolais de Contrôle (OCC/Sud-Kivu) qui, excepté pour le riz, sous-estiment les flux frontaliers d’une grande partie des produits alimentaires de base. Les produits de base concernés fournissent à la population de la ville de Bukavu 1.027 kcal par personne et par jour dont 593,5 kcal, 338,9 kcal et 92,4 kcal sont fournis par les produits en provenance respectivement du Rwanda, du Nord-Kivu et de l’intérieur de la province du Sud-Kivu. Les calories consommées dans la ville de Bukavu sont essentiellement d’origine végétale dominées par le maïs (563,1 kcal), le manioc (120 kcal) et le haricot (167,1 kcal) qui jouent un rôle stratégique étant donné leur importance dans les habitudes alimentaires de la ville de Bukavu. Les flux importants des approvisionnements alimentaires en provenance du district de Rusizi font vivre des milliers de familles dans la ville de Bukavu. Il se dégage que tous les produits approvisionnés du district de Rusizi par les ménages-revendeurs réalisent des résultats positifs par mois qui constituent la rémunération non seulement du capital mais aussi de l’effort et du temps investis par les ménages-revendeurs pour leur activité (en moyenne 5,67 heures). Plus de 68% des ménages-revendeurs affirment être satisfaits du résultat de cette activité et l’orientent principalement à couvrir les besoins de subsistance. L’analyse du budget des ménages-consommateurs montre que 69,1% des dépenses alimentaires et 48,8% des dépenses totales des ménages-consommateurs traversent les frontières. L’impact significatif des approvisionnements alimentaires issus du district de Rusizi sur la réduction de l’état de pauvreté monétaire des ménages-consommateurs, témoigne de l’intérêt du commerce frontalier qui ne fait que renforcer le déclin structurel et relatif du secteur agricole du Sud-Kivu, déjà confronté à divers problèmes. La politique de libre-échange prônée par un grand nombre de groupements sous-régionaux et régionaux comme la CEPGL et le COMESA permettra de rendre efficace les approvisionnements alimentaires de la ville de Bukavu en provenance du district de Rusizi, mais cette dernière reste une solution à court terme pour la sécurité alimentaire de la ville de Bukavu en particulier et la province du Sud-Kivu en général. A long terme, il convient de stimuler la production et de favoriser le commerce des produits alimentaires locaux. Pour cela, il faut investir dans le secteur agricole. C’est à ce prix-là qu’on peut parvenir à relancer le secteur agricole du Sud-Kivu et atteindre le seuil de l’autosuffisance, voire réaliser un surplus à exporter. Certes, cette solution posera alors le problème de reconversion des ménages-revendeurs et ménages-consommateurs qu’il conviendra de repenser dès le début.

Le Thi Long, Vy (2014). Production, transformation artisanale et commercialisation locale des produits alimentaires traditionnels au Vietnam: le cas du vermicelle de tolomane à Hung Yen (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 203 p., 50 tab., 20 fig. et 14 schémas.

Résumé :
Au Vietnam, le vermicelle de tolomane est un produit artisanal et traditionnel, régulièrement consommé dans les occasions festives. De la production du canna comestible (Canna edulis Ker Gawl.) à la commercialisation de vermicelle de tolomane au niveau local, la filière qui relève de l’économie populaire concerne une multitude d’acteurs et livre un aliment traditionnel. Notre recherche vise à mieux comprendre la façon dont les intervenants de la filière de vermicelle de tolomane s’adaptent aux conditions économiques, sociales et environnementales actuelles dans les villages de métier de deux communes (Tu Dan et Yen Phu) localisées dans la province de Hung Yen.
Les enquêtes réalisées au niveau de la filière de vermicelle de tolomane auprès de 90 entrepreneurs ruraux et les discussions avec un groupe de production et transformation de farine et avec un groupe de transformation de vermicelle de tolomane ont été menées de 2010 à 2012. D’après nos observations, le développement des activités dans cette filière crée de façon très significative des emplois complémentaires aux travaux agricoles dans les deux communes concernées mais aussi dans les villages voisins. L’activité permet d´améliorer le revenu des ruraux avec une valeur du revenu net d’exploitation qui rémunère le travail familial et le capital mis en œuvre par l’entrepreneur estimée à 22,2 millions VND (environ 822 €) par hectare de canna, à près de 4,5 millions VND (environ 167 €) par tonne de farine produite et à 1,7 millions VND par tonne de vermicelle de tolomane (environ 63 €). En outre, ces activités permettent de diversifier les sources de revenu en milieu rural. Elles contribuent à stabiliser et à augmenter le niveau de vie des paysans (en 2010, le RNE lié à la production de canna représentait 8% à 34% du revenu des exploitants agricoles; le RNE tiré de la transformation artisanale représentait entre 35% et 86% du revenu total des entrepreneurs). La valeur ajoutée générée par cette filière est élevée avec 186 millions VND (environ 7 900 €) par hectare de canna dont 38% pour la transformation de farine, 20% pour la production de canna et 20% pour la transformation de vermicelle. La filière de vermicelle de tolomane contribue donc à une demande spécifique pour les aliments traditionnels au Vietnam. Elle contribue à l’économie rurale des villages traditionnels en améliorant les sources de revenu des ménages. Toutefois, pour le développement durable de cette filière, il est nécessaire d’augmenter la qualité des produits et d’améliorer les liens verticaux et horizontaux entre les acteurs.

Le Thi Long, Chau (2014). An analysis of access to credit by animal producing households in Hai Duong Province, Vietnam (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 220 p., 66 tab. et 44 fig.

Résumé :
Face à une forte évolution de la demande en viande et en poisson, le secteur des productions animales est perçu comme un moteur de croissance pour l’agriculture de la province de Hai Duong, au Vietnam. Cependant, les perspectives d’expansion de ce secteur semblent hypothéquées par une offre de financement limitée. Cette étude a pour objectif d’analyser l’accès au crédit des exploitations orientées vers les productions animales ainsi que l’influence du financement, entre autres facteurs, sur les performances économiques de ces activités. Les résultats de l’étude montrent que tous les ménages interrogés ont des besoins de financement tant pour les activités de production que pour leur consommation. Le secteur formel, qui assure majoritairement le crédit destiné aux activités de production, ne rencontre toutefois pas les besoins exprimés par les producteurs. Parmi les ménages sondés, 52 % d’entre eux seulement s’adressent au secteur formel, les autres estimant n’avoir aucune chance d’être financés. Les analyses montrent que certaines caractéristiques des ménages telles que la possession de garanties physiques, la taille des mares piscicoles et l’insertion sociale influencent positivement l’accès au crédit. Les deux derniers facteurs de même que le niveau de revenu dégagé par les productions animales et le nombre d’actifs sur l’exploitation semblent être déterminants dans l’importance des montants alloués par les banques. Il arrive en effet fréquemment que les demandes de crédit soient rationnées par les bailleurs du secteur formel. Globalement, l’étude démontre que 71 % des ménages interrogés se trouvent dans une situation contraignante vis-à-vis de l’accès au crédit. L’analyse se base ensuite sur des échantillons d’exploitations qui se distinguent par la présence ou l’absence de contrainte de financement pour comparer la rentabilité des productions animales. Les résultats montrent que les ménages en situation contraignante vis-à-vis de l’accès au crédit génèrent un revenu unitaire moindre que ceux qui bénéficient d’un meilleur accès au crédit. D’autres contraintes relatives à la production et à la commercialisation sont également mises en évidence ainsi que leur effet négatif sur les performances économiques des éleveurs. En conclusion, l’amélioration conjuguée de l’offre de crédit et la levée de certains autres facteurs limitants devraient procurer une augmentation significative des revenus générés par les productions animales. L’étude suggère notamment que les autorités locales soutiennent les initiatives de groupements d’éleveurs susceptibles de surmonter ces contraintes. Ainsi, outre le renforcement de l’offre de crédit à un emprunteur individuel, le secteur formel devrait pouvoir octroyer des bons d’achat à crédit pour des groupes d’éleveurs.

Mai Lan, Phuong (2014). Ménages ruraux et lutte contre la pauvreté : cas des communes de Tu Ly et de Xuang Phong dans la province de Hao Binh Viet Nam (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 196 p., 59 tab. et 24 fig.

Résumé :
Depuis 1998, le Gouvernement vietnamien a lancé un programme d’aide pour les ménages pauvres, dans tout le pays, grâce au soutien de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International. Bien que le taux de pauvreté ait diminué en termes absolus cela ne signifie pas  pour autant une véritable réduction de la pauvreté et ne tient pas compte de la nature même  de la pauvreté. L’inégalité des revenus et des opportunités s’est accrue entre les zones urbaines et les campagnes, entre les différentes classes sociales et entre les Kinh (groupe majoritaire au Viet Nam) et les minorités ethniques. La lutte contre la pauvreté des minorités  ethniques est devenue un défi permanent. En 2010, on recensait 66,3 % de pauvres chez les minorités ethniques, contre 12,9 % parmi la population Kinh.  Cette thèse mène une réflexion sur la question de la pauvreté dans son ensemble au Viet Nam, et en particulier dans les régions montagneuses du Nord, où le taux de pauvreté est le plus  élevé et atteint 39,4 % en 2012. L’approche historique, l’approche individualiste de la capacité des ménages, l’analyse statistique descriptive et l’analyse de cas sont utilisées pour réaliser cette recherche. La première difficulté rencontrée fut l’identification des ménages pauvres et des bénéficiaires des stratégies de lutte contre la pauvreté. D’autres difficultés furent encore mises en évidence par l’analyse des stratégies de lutte contre la pauvreté : le caractère confus des données disponibles, la faible participation des populations locales dans la planification et le suivi des  opérations et l’autonomie limitée des autorités locales. Il apparaît finalement que les mesures de lutte contre la pauvreté sont peu efficaces.  De plus, la privatisation des ressources forestières limite la capacité des minorités ethniques à faire face à certains risques. Face à cette situation, une piste de solution pourrait être le renforcement du rôle des associations paysannes. La prise en compte des idées et des initiatives des acteurs de terrain, portées par les associations paysannes, aurait un impact positif sur la lutte contre la pauvreté. Les dons et l’octroi de subsides à des individus ne devraient plus être pratiqués. Dans le monde menaçant d’aujourd’hui, la solidarité entre petits paysans est plus que nécessaire pour leur permettre de trouver leur place dans le système de production et d’en garder les bénéfices justifiés. A long terme, il apparaît judicieux d’accorder un soutien financier afin d’assister les groupements et soutenir les initiatives des associations de petits paysans afin de faciliter leur participation à l’économie de marché tout en améliorant leur bien-être.

Militery Ngamata, Olivier (2014). La résilience chez les plus vulnérables au Rwanda (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 160 p., 28 tab., 20 fig., 2 cartes et 3 photos.

Résumé :
Après la tragédie du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, le gouvernement du Rwanda a élaboré et mis en oeuvre différentes régimes et interventions dans le secteur de la protection sociale afin de réduire la pauvreté de la population vulnérable et d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Les interventions en matière de protection sociale des personnes pauvres sont considérées comme des moyens de contribution à la croissance économique, à l’intégration des personnes sur le marché du travail à l’amélioration du développement humain grâce à un meilleur accès à la santé et à l’éducation, et à la réduction de la pauvreté.
Après avoir présenté le contexte et la justification de la recherche ainsi que la méthodologie de collecte des données, ce travail s’est penché, en premier lieu, sur la conceptualisation de la résilience ainsi que sur les concepts connexes. Deuxièmement, elle analyse l’impact de trois programmes de protection développés sur la réduction de la pauvreté des bénéficiaires. Ces programmes comprennent le FARG qui appuie les rescapés du génocide dans le domaine de la scolarisation, de l’accès au logement, aux soins de santé et au financement des activités génératrices de revenus. Le second programme est l’Ubudehe-VUP-2020, qui soutient les ménages les plus pauvres par des transferts financiers directs, la création d’emplois, et l’accès aux services financiers. Un autre programme, nommé « Girinka », a contribué à l’amélioration alimentaire, aux moyens de subsistance et à la fertilité du sol en fournissant une vache laitière aux familles pauvres. Troisièmement, cette recherche évalue les réalisations de l’association des veuves rescapées du génocide-Agahozo (AVEGA), considérée comme un important « tuteur de résilience ». L’AVEGA s’occupe non seulement des aspects psychiques liés aux drames vécus, mais aussi de la promotion et du développement des activités économiques susceptibles de procurer aux veuves un revenu leur permettant la réinsertion dans la société, tant sur le plan économique que social. C’est ainsi que l’AVEGA mobilise toute une série d’acteurs afin d’aider les veuves à mettre en place des activités génératrices de revenus. Des enquêtes organisées auprès des veuves du génocide ont ciblé en dernier lieu, les plus résilientes. Ces dernières ont eu des appuis, au départ des PPS et de l’AVEGA, pour initier les activités génératrices de revenus. Parmi les activités développées figurent le plus souvent l’agriculture, l’élevage et le commerce. Globalement, les veuves du génocide enquêtées affichent une appréciation positive envers les appuis des PPS et de l’association AVEGA.

Han Quang, Hanh  (2013). Dynamics of agrarian systems in Hai Duong Province, North Vietnam (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 271 p., 61 tab., 80 fig. et 8encadrés.

Résumé :
In Vietnam, the agrarian systems have evolved considerably during the socio-economic transformation period initiated in the late 1980s with the political reform (Doi Moi). In a region around the capital, where the process of industrialization, urbanization, and international integration has been accelerating, a number of questions about the sustainability of agrarian systems are raising. By diagnosing and analysing the dynamics of agrarian systems from 1980 to 2010, this study aims to provide decision-makers with some sectorial and territorial policy options authorizing the sustainable development of agriculture and rural society in the new socio-economic context. Combining the historical, adaptive, and systematic approaches, this study shows that farmers in Hai Duong province adapted effectively to the socio-economic and institutional changes, notably by transforming part of the rice land areas into other agricultural land use purposes such as fish ponds, animal buildings, vegetable fields and fruit orchards. These rapid changes, however, do not go in the direction of improving the sustainability of agrarian systems. Farm holders are now facing with many technical and economic contradictions whereas land issues are not only related to the agricultural purposes. Competition functions in land use, fragmentation of plots, the imperfection of the land market and rising property values are all emerging. The prospects for sustainability of agrarian systems are analysed under different scenarios which highlight the complexity of policy options. The recommendations are made not only for the agricultural sector in general, but also for different agrarian systems in specific regions.

Zossou, Enangnon Espérance Bénédicte Eversun (2013). Etude d’impact de l’apprentissage par la vidéo et la radio rurale sur la transformation à petite échelle du riz local au Bénin (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 160 p., 35 fig. et 50 tab.

Résumé :
La culture du riz a été reconnue par les Nations Unies comme l’une des principales sources de nourriture pouvant favoriser la sécurité alimentaire, l’éradication de la pauvreté et la réalisation à l’échelle internationale des objectifs du Millénaire. Au Bénin, beaucoup de réformes ont été faites dans la filière riz pour accroître la production nationale. La production et la transformation du riz sont des tâches souvent réparties sur la base du sexe avec les femmes en grande partie responsables des opérations post-récoltes. La transformation du riz au Bénin est généralement faite à petite échelle et constitue une source non négligeable de revenus. Dans le but d’améliorer l’apprentissage au sein des acteurs du riz, des chercheurs et des partenaires, en collaboration avec les producteurs et transformateurs de riz au Bénin, ont élaboré une série de vidéos sur la production de riz et les activités post-récoltes. Les vidéos ont été utilisées comme une ressource à partir de laquelle des scripts radiophoniques ont été développés. Cette étude s’intéresse à l’impact de l’apprentissage par les vidéos et émissions radiophoniques (relatives à la post-récolte du riz) sur (i) les pratiques des transformateurs, (ii) les caractéristiques physiques et les propriétés de cuisson du riz local, (iii) la valorisation du riz local par les consommateurs et (iv) le capital financier, social et humain des transformateurs du riz local. L’étude a été menée dans le sud et le nord du Bénin avec 240 transformateurs de riz et 270 femmes consommatrices de riz ; et dans le centre du Bénin avec 160 femmes étuveuses de riz et 100 consommatrices de riz. En plus des interviews structurées et des fiches de suivi hebdomadaire, l’évaluation participative utilisant l’approche des moyens d’existence durable a été utilisée pour apprécier l’état du capital financier, social et humain des transformateurs de riz. Pour l’analyse des données, nous avons utilisé le modèle de la double différence « Diff-in-Diff », le modèle de régression OLS (Ordinary Least Squares), le modèle de régression de Poisson et l’effet moyen de traitement (ATE). Pour apprécier la volonté des consommateurs béninois à payer pour le riz local, nous avons mené des enchères expérimentales dans les marchés au nord, centre et sud du Bénin.  Avant l’apprentissage par la vidéo ou la radio, les transformateurs de riz avaient moins accès aux sources formelles d’apprentissage et avaient des pratiques peu recommandées. Les méthodes traditionnelles ne conduisant pas à une bonne qualité de riz étaient prédominantes. Par conséquent, l’état général des capitaux des moyens d’existence était faible. Les projections publiques des vidéos et les émissions radiophoniques ont été très bien appréciées par les transformateurs de riz dans les zones d’étude. La radio rurale semble être moins efficace que la vidéo et doit être utilisée avec précaution dans la vulgarisation agricole. Les animateurs des radios rurales ont en effet besoin d’une connaissance suffisante des sujets agricoles et de se familiariser avec le vernaculaire agricole local afin de diffuser des messages appropriés. Les scripts radiophoniques développés à partir des vidéos aident à relever ces défis. Les transformateurs de riz qui ont suivi les vidéos et les émissions radiophoniques ont amélioré leurs pratiques et leur créativité en développant des technologies appropriées à leur environnement. Ce qui a eu un impact positif sur la qualité du riz local transformé ; améliorant ainsi le prix sur le marché. Par rapport au prix du riz étuvé traditionnel, les consommateurs sont prêts à payer un surplus de 9 à 27% pour avoir le riz étuvé avec des technologies d’innovation locale; et 25 à 34% pour avoir le riz étuvé avec la technologie améliorée. Comparativement aux offres du groupe témoin, la sensibilisation par la vidéo et la radio a augmenté respectivement les offres des consommatrices pour le riz étuvé avec la méthode améliorée de 23 à 47F CFA et de 9 à 18 F CFA. En 2012, on constate dans les villages vidéo une augmentation du pourcentage de transformateurs de riz qui font la vente dans les marchés régionaux ; ce qui constitue un indicateur de la bonne qualité du riz. Avec l’utilisation du modèle de l’ATE, nous notons pour le riz blanc qu’il n’y a pas eu un impact significatif de la radio sur les revenus parce que le message a été à un moment mal compris. La vidéo par contre a eu un impact significatif sur les revenus des transformateurs aussi bien pour le cas du riz blanc que pour celui du riz étuvé. L’impact de la vidéo sur les revenus des transformateurs de riz étuvé est pratiquement le double de ce qui a été noté dans le cas de la radio rurale. Les transformateurs de riz qui ont suivi la vidéo et les émissions radiophoniques ont perçu une amélioration significative au niveau de leur capital financier, social et humain. Des campagnes d’information sur les technologies améliorées de transformation du riz ont non seulement joué un rôle important au niveau des transformateurs de riz en améliorant la qualité de leurs produits ; mais aussi elles ont permis d’informer les consommateurs sur la valeur du produit final.  Les résultats de la présente étude ont été certainement influencés par (i) l’approche participative utilisée lors de la réalisation des vidéos et des émissions radiophoniques ; (ii) le mode d’utilisation des vidéos, c’est-à-dire leurs projections publiques sur des écrans géants ; et (iii) l’utilisation des vidéos comme des ressources à partir desquelles les émissions radiophoniques ont été réalisées. D’autres projets utilisant la vidéo et la radio rurale pourraient ne pas avoir les mêmes résultats si les conditions précitées n’ont pas été remplies. Ce qui nécessite des études ultérieures quant à l’influence du mode de réalisation et d’utilisation des vidéos et émissions radiophoniques dans le monde rural sur leur efficacité et durabilité dans le temps. Dans un contexte de pauvreté généralisée, d’insécurité alimentaire, de fort taux de ruralité et de faible taux d’alphabétisation, l’utilisation dans la vulgarisation agricole de la vidéo et de la radio rurale (fondées sur les principes de base des approches participatives) constitue une opportunité pour favoriser l’accès général des populations rurales à l’information agricole. Ce qui constitue un potentiel pouvant promouvoir une agriculture durable en encourageant les innovations locales. Au regard de l’intérêt que présentent la vidéo et la radio rurale, des suggestions ont été faites à l’endroit de la recherche, du développement et des décideurs politiques afin qu’une attention particulière soit portée sur ces outils de communication dans la vulgarisation agricole.

Phan Dang, Thang (2013). La filière avicole de chair dans les zones périurbaines de Hanoï, Vietnam : situation économique et perspectives (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 183 p., 67 tab., 17 fig., 3 schémas et 3 cartes.

Résumé :
Au Vietnam, suite à la croissance économique de ces dernières années, on observe une demande accrue de consommation pour les protéines animales dont la viande de volaille. Cette recherche vise à mieux comprendre la façon dont les acteurs de la filière avicole de chair s’adaptent aux conditions économiques actuelles dans les zones périurbaines de Hanoï par l’analyse de la filière produit agricole (de l’amont et l’aval). Deux enquêtes sur les acteurs de la filière avicole ont été menées d’octobre 2008 à novembre 2010. Sur base de celles-ci, trois systèmes de production avicole de chair ont été identifiés. Les fermes industrielles par contrat agricole ont les revenus nets (de 28.923.000 VND par ferme par an pour les poulets colorés à 67.341.000 VND pour les poulets standards) les plus importants. La productivité technique est assez élevée. Le taux de mortalité se situe à 5 % pour les poulets colorés et standards. Mais ces fermes sont encore limitées du fait qu’elles requièrent un gros investissement au départ et que la surface disponible est faible. Les prix de revient des poulets standards sont très concurrentiels par rapport à ceux des autres volailles sur le marché. Les fermes avicoles de taille semi-industrielle ont une productivité technique faible. Le taux de mortalité est de 13 % pour les poulets colorés et les canards. Les sous-produits agricoles issus des fermes familiales sont généralement utilisés pour l’élevage avicole. Les revenus nets varient entre 14.279.000 VND par ferme par an pour les poulets colorés à 25.424.000 VND pour les poulets standards. La production avicole de petite taille quant à elle est très pratiquée par les exploitations agricoles familiales. La productivité technique est très faible. Le taux de mortalité est de 19 % pour les poulets locaux. Le revenu net de la production avicole est faible dans l’économie familiale (4.432.000 VND par ferme, ce qui équivaut à 9 % du revenu net de la ferme). La production avicole de chair est très diversifiée et différents types de volaille sont produits. Cette diversification permet une meilleure gestion des risques et répond à une demande variée du marché selon le goût des consommateurs. La production avicole de chair vise également à satisfaire une part importante pour la demande d’autoconsommation en viande avicole dans les petites fermes.

Bui Thi, Nga (2013). Cost monitoring in dairy farms to promote the value chain of fresh milk in North Vietnam (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 172 p., 38 tab. et 48 fig.

Résumé :
In Vietnam, the consumption of dairy products has increased dramatically in recent years due to rising incomes. To meet this growing demand, and reduce imports, the Vietnamese. Government has encouraged milk production. In this context, our research is primarily interested in the distribution of value added among the actors within the fresh milk chain observed in the province of Son La. Our study demonstrates that value added within the fresh milk chain was unequally distributed among actors in the chain in the bias orientation to the non-farmers (nonproducer). The key feature in the chain was the dairy farmers, but they were also the most vulnerable actors of the chain. Given the balance of power among the actors, the most appropriate method to promote the added value for dairy producers is to help a better control on their production costs by improving the management at the dairy farm. In the second part of the work, we are inspired from foreign experience in this field to define an accounting system for technical-economic monitoring of dairy cattle adapted for the situation of Vietnamese farmers. This system has been tested in Moc Chau in an experimental dairy farm to provide data regarding the efficiency and profitability of operations. Dairy farmers were interested in the proposed monitoring system because it allows them to know the level of performance and to compare it to the others. They were interested in revenue generated from costs control. The major constraints in the application of this monitoring in selected farms were the lack of capacity and knowledge from producers. In conclusion, our study provides an appropriate model for the establishment of a management system of milk production. The most suitable model is to set up an independent agency. The cost of this monitoring was estimated, and scenarios for sustainability have been proposed. Contributing to lower costs through a better understanding of technical and economic performance of farmers, the service management operations will improve the competitiveness of locally produced milk with imported products.

Gisaro Ca-Madeberi, Ya-Bititi (2013). La structuration du monde paysan au Rwanda : cas des coopératives et des stations de lavage de café de Maraba et de Karaba, District de Huye (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 204 p., 53 tab., 32 fig. et 3 cartes.

Résumé :
Au Rwanda, l’agriculture est la principale activité économique qui occupe environ 90% de la population active dans les zones rurales. Elle contribue pour plus de 36% dans la formation du PIB. Le café est la principale culture de rente et source de revenu des producteurs, et qui procure des devises importantes pour l’économie nationale. Même si le café n’occupe que 6,3% des superficies cultivées, il est exploité par plus de 500.000 ménages au niveau national. Depuis son introduction au Rwanda en 1904, le café a toujours été exploité par des producteurs individuels au sein de leurs collines. Après la libéralisation de la filière café au Rwanda en 1998, la quantité et la qualité produites ne cessent de décroître, ce qui influe sur le prix et sur le revenu des caféiculteurs. Dans la recherche de solutions à ce problème, l’État rwandais a misé sur le regroupement des producteurs en coopératives et dans la construction des stations de lavage de café (SLC) dans toutes les zones caféicoles au niveau national. Le but est de produire un café entièrement lavé, exportable et mieux coté sur le marché international, et qui puisse fournir des revenus meilleurs pour les paysans producteurs. Les stations de lavage sont alors perçues comme des procédés de production de café de qualité, sont principalement gérées par des coopératives, qui sont des éléments structurants dans le monde rural. Un travail d’enquêtes auprès d’un échantillon de 80 caféiculteurs pendant trois campagnes (2008, 2009, 2010), des interviews, des observations ainsi que des entretiens auprès de différents agents intervenant dans le secteur caféier ont été menés pour comprendre et analyser les effets des SLC et des coopératives sur les producteurs. La présente dissertation originale est consacrée à analyser l’impact de la structuration du monde paysan à travers les coopératives et les stations de lavage de café de Maraba et de Karaba au sud du Rwanda, sur le développement socio-économique des producteurs membres et du monde environnant, en les comparant aux caféiculteurs non membres des coopératives. A travers ces infrastructures et structures mises en place, des emplois sont créés pour les producteurs, les paysans sont motivés, les revenus augmentent, le marché est garanti, les prix sont meilleurs pour les membres, les crédits sont accordés, ce qui améliore le bien-être socioéconomique voire technique des caféiculteurs, et permet de réduire la pauvreté au sein des ménages producteurs.

Bolakonga Ilye, Antoine Bily (2013). Influence de l’enclavement sur le développement rural (Cas du territoire d’OPALA, district de la Tshopo, R.D. Congo) (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 227 p., 42 tab., 21 fig. et 6 cartes.

Résumé :
Le territoire d’Opala est reconnu pour son enclavement et pour les conditions très précaires de survie de sa population. Les facteurs naturels (climat, environnement forestier, érodabilité des sols) et les facteurs socioculturels, contribuent à son isolement. A ces deux facteurs sont venus s’ajouter les guerres et les mouvements insurrectionnels depuis l’Indépendance. Après une approche théorique qui analyse les problématiques spatiales et territoriales, le cadre général relatif aux politiques économiques menées et aux contextes institutionnels est précisé dans la thèse. L’accent est mis plus particulièrement sur le mauvais état des infrastructures dont découle l’enclavement d’une grande partie du territoire congolais. Sur le territoire d’Opala, un code de vie communautaire, le Lilwa, relativement coercitif, voire restrictif, régit les relations sociales. Il contribue à l’enfermement cognitif des Mbole majoritaires à Opala, en les rendant méfiants et moins réceptifs à l’adoption de certaines innovations techniques. Il présente, en même temps, un socle de cohésion sociale solide, sur la base duquel devrait s’appuyer toute stratégie visant le développement intégral de ce territoire. La thèse comprend une recherche empirique basée sur un échantillon de 120 ménages agricoles repartis sur 4 secteurs géographiques choisis en fonction de l’éloignement avec Kisangani. L’analyse des principales variables retenues dans le cadre de cette recherche met en évidence une adaptation des systèmes de production agricole à l’enclavement. Par ailleurs, il convient d’insister sur le caractère multidimensionnel de la pauvreté qui est affectée par les faibles performances agronomiques mais également par le manque d’infrastructure. La thèse se conclut par des recommandations formulées pour une relance des activités économiques sur le territoire d’Opala.

Gahungu, Antoine (2012). Dynamique et perspectives de la filière cotonnière du Burundi (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 200 p., 48 tab. et 38 fig.

Résumé :
La culture du coton a été introduite au Burundi en 1919 sous le mandat belge dans l’objectif de monétiser le monde rural et d’ouvrir le pays aux échanges internationaux.
Après l’indépendance du pays (1962), la culture cotonnière continuait à prospérer sous forme d’une filière verticalement intégrée de l’amont à l’aval en poursuivant les objectifs de création d’emploi, de substitution des importations et de maximisation de la valeur ajoutée générée par divers produits cotonniers.
Depuis 1993, la culture du coton est en perpétuelle régression sous l’effet de divers facteurs tant endogènes qu’exogènes, jusqu’à atteindre en 2009 le niveau le plus bas de son histoire. Sa compétitivité est mise à l’épreuve par l’instabilité du marché mondial de la fibre du coton, les politiques (subventions) des grands producteurs (Chine, Inde, USA, Pakistan,…), la concurrence du synthétique dans l’industrie textile, le prix des intrants agricoles (engrais chimiques et produits phytosanitaires) et des matières premières pour les industries, la concurrence des cultures vivrières sur des facteurs de production déjà contraignants et surtout le prix au producteur moins rémunérateur.
Un travail d’enquête auprès d’un échantillon de 120 exploitations pendant trois campagnes (2007/2008, 2008/2009, 2009/2010) ainsi que des interviews auprès de différents agents intervenant dans le secteur cotonnier ont été menés pour comprendre les raisons du déclin de la filière et voir les mécanismes d’adaptation mis en œuvre dans le segment de la filière « producteurs-COGERCO ».
Il ressort de ces investigations que la culture du coton n’est plus compétitive face aux vivriers dans les exploitations. Le prix octroyé au producteur n’est pas motivant, les coûts de production sont élevés et les facteurs de production deviennent de plus en plus contraignants. La COGERCO continue cependant à subventionner le coton sans en tirer profit.
Dans ce contexte, la majorité des producteurs associent le coton au haricot et au niébé pour profiter des subventions (intrants, encadrement,…) et autres avantages (crédits, champs…) que la compagnie offre aux producteurs sans que cela ne lui profite. Cette dernière est en déficit chronique suite à une mauvaise gouvernance de la filière, ce qui la soumet à une pression de privatisation déjà imposée aux autres filières agro-industrielles du pays (café, thé).

Dembélé, Kouloumégué (2012). Alternative possible à la production traditionnelle du coton en Afrique dans une perspective de développement durable ? Le cas du système de production biologique et équitable au Mali (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 159 p., 50 tab., 6 fig., 13 graph. et 2 cartes.

Résumé :
L’objectif général de ce travail consiste à analyser la viabilité de la culture du coton bio-équitable en comparaison avec celle du coton conventionnel. L’étude est menée auprès d’un échantillon de 45 exploitations à raison de 15 exploitations par système, suivant une démarche systémique à trois niveaux : la parcelle de coton, les systèmes de culture à base de coton et les systèmes de production. Au niveau de la culture du coton, quelle que soit la catégorie socio-économique du producteur, le coton biologique comparé au coton conventionnel a des rendements moyens inférieurs, des temps de travaux plus élevés et des parcelles de plus petite taille (0,85 ha en production bio-équitable contre 2,35 et 1,76 ha respectivement en production conventionnelle calendaire et sur seuils). Le coton bio-équitable génère moins de revenus étant donné des parcelles de plus petite taille. Toutefois, la culture du coton bio-équitable met en évidence deux grandes catégories d’exploitations : les exploitations à haut niveau de ressources qui disposent d’un cheptel important et les exploitations pauvres avec peu de moyens de production, pour qui le coton bio-équitable constitue une des seules alternatives pour obtenir des revenus monétaires. Seules les exploitations à haut niveau de ressources qui disposent d’un cheptel important peuvent tirer profit de la culture bio-équitable. Cependant, il est à noter qu’au niveau des exploitations pauvres, ce sont souvent les femmes et les dépendants du chef d’exploitation qui pratiquent la culture bio du cotonnier. L’alternative bio-équitable permet un accès à la terre et un accès à la culture du coton pour ces groupes jadis marginalisés, contrairement au coton conventionnel où seul le chef d’exploitation gère la culture du coton. On assiste donc à l’amélioration de la condition féminine. Cependant, l’absence d’une gestion soutenue de la fertilité du sol et des éléments nutritifs, compromet l’obtention de meilleurs rendements qui constituent un facteur clé de réussite pour être et rester compétitif. Au niveau des systèmes de culture, l’analyse comparée des performances des systèmes de culture atteste que la productivité ainsi que les niveaux de valorisation de la journée de travail des cultures et des systèmes de culture à base de coton bio-équitable sont inférieurs à ceux obtenus en production conventionnelle. A  l’échelle de l’exploitation, les systèmes de production conventionnels produisent entre 29 % (SPCca) et 43 % (SPCs) de plus de céréale par rapport au système de production bio-équitable. Ce qui témoigne de la fragilité de la sécurité alimentaire de la région en cas de reconversion massive des exploitations au mode de production biologique. Pour ce qui concerne la durabilité environnementale, il apparaît que l’apport le plus important de la culture biologique du coton est l’innocuité pour l’homme et pour l’environnement des intrants utilisés.

Ho Thi Minh, Hop (2012). Integration of farmers in the shrimp subsector in the Mekong River Delta, Vietnam (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 177 p., 37 tabl. et 53 fig.

Résumé :
Hatcheries, input dealers, farmers, collectors and processors are the primary actors of shrimp value chain in the Mekong River Delta (MRD) Vietnam, a sector that has many problems of disease, shrimp seed, environmental pollution, and management skills. Holding the strongest power in the shrimp value chain, the processors determine shrimp prices and set up requirements of shrimp quality and size in the market though quality control has not been completely implemented due to the limitations of financial capital, knowledge, awareness, as well as the quality of raw material supplied by collectors and farmers. Farmers stayed in the weakest position in the chain due to their small individual scale, and low skills. The results of the study show that most of the shrimp farmers stay out of vertical integration under farming contracts while the rest joined in the game without success. Contract farming seems not for small scale farmers who account for a large part in the MRD, and not interesting for producers who get success with their cultivation. Farmers prefer a non-contract option due to non-transparency of interest share as well as cost account. Food safety standards, decision No. 80/2002/QĐ-TTg, culture, trust, government structure, credit support and corruption are the main factors affecting farmers’ integration chances. Floor price mechanism, risk sharing, small scale of the model of vertical integration and excess suppliers in the market, administrative misconception and inefficient public management are the main reasons of failures of contract farming of two case studies in the MRD. Planning and projection of shrimp production zones are therefore the priority matters to address. Furthermore, re-organizing shrimp farmers into legal teams or groups or cooperatives is also necessary to increase the size of the existing shrimp cultivation units in Vietnam in order to improve the sector.

Mpanzu Balomba, Patience (2012).  Commercialisation des produits vivriers paysans dans le Bas-Congo (R. D. Congo) : contraintes et stratégies des acteurs (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 213 p., 35 tabl., 31 fig. et 5 cartes.

Résumé :
Les résultats de cette étude révèlent que la commercialisation des principaux produits vivriers du Bas-Congo (manioc, plantain, maïs, haricot et arachide) fait face à de nombreuses contraintes. En effet, les marchés vivriers du Bas-Congo sont caractérisés par des infrastructures inadéquates (transport, stockage et transformation), des unités de vente non standardisées, des problèmes d’information sur le marché, un fonctionnement informel, un grand nombre d’intermédiaires et des tracasseries sur les routes et les marchés. Dans les campagnes, les paysans parcourent en moyenne 8 km à pied pour vendre leur petit surplus agricole dans les marchés ruraux. Les contraintes financières poussent souvent les grossistes à recourir à certains acteurs de la filière pour financer le paiement des frais commerciaux en leur cédant, en contrepartie, le droit de vente exclusif sur leurs produits vivriers. Ces contraintes ont pour conséquences notamment des coûts de transaction élevés au niveau des grossistes dont le plus important est le transport qui représente 46 à 61% du total de ces coûts, des marges de gros importantes (45 à 68 % du prix de gros), etc. L’étude montre aussi une absence d’intégration spatiale entre les marchés de Kimpese (Bas-Congo) et de Kinshasa. Les acteurs des marchés vivriers s’adaptent en développant des stratégies afin d’atténuer les impacts de ces contraintes et d’assurer le maintien des activités de production et de commercialisation.

Nganda Afumba, Jean-Pierre (2012). Dynamique associative et réduction de la pauvreté rurale : une étude comparative de villages inégalement couverts par des Organisations Non Gouvernementales dans la province du Banduncu et dans l’hinterland de Kinshasa (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 182 p., 23 tabl., 31 fig.

Résumé :
Comme bon nombre de pays en développement, la République Démocratique du Congo observe, depuis le début des années 90, un développement sans précédent du mouvement associatif, particulièrement des organisations non gouvernementales de développement. Dans un environnement où les pouvoirs publics sont quasi inexistants, ces dernières sont considérées par certains comme des instruments efficaces de réduction de la pauvreté, et par d’autres comme des opportunistes évoluant aux dépens de la misère des gens. La présente recherche se propose de faire une étude comparative, entre, d’une part, des ménages de deux villages de l’hinterland de Kinshasa largement couverts par des ONG, et d’autre part, des ménages de deux autres villages dans le Bandundu ne bénéficiant d’aucune intervention d’ONG. Cette étude a pour but la compréhension, l’analyse et l’appréciation empirique de la pertinence de la stratégie de développement et de réduction de la pauvreté rurale orientée vers la promotion des organisations associatives du type ONG, et in fine suggère un outil susceptible d’améliorer les interventions visant la réduction de la pauvreté rurale.

Nguyen Thi, Dien (2011). Land conversion for industrialization and its impacts on household livelihood strategies in Hung Yen province, Norther Vietnam (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 190 p., 33 tabl., 13 fig.

Résumé :
The study shows that land conversion is generating a household landholdings decline while boosting the land market. After land conversion, 16% of laborers in the surveyed households find employment in industrial factories while 52% find jobs in the informal sector. Because of land conversion, rather than being net food producers, peasant households have become net food purchasers. Meantime, food safety in industrial areas is threatened by increasing environmental pollution. The findings also demonstrate that 51.9% of the surveyed households choose diversification as a livelihood strategy while 35.6% of them shift entirely to non-farm strategies. Among the affected peasant groups, households with a non-farm background that lost less than 50% of their agricultural land are likely to be in a better position to engage in lucrative non-farm jobs. Land conversion is causing a complex agrarian transformation in Vietnam. On the one hand, it generates a mechanism of social differentiation which is determined by land alteration and capital accumulation from high earning non-farm activities. On the other hand, peasant livelihood strategies, thanks to adaptation and innovation, have mitigated the impacts of land conversion and reveal the persistence of a peasant economy.

Hoang Thi Huong, Tra (2011). Beef cattle systems in the context of sustainable agriculture in Bac Kan province, the northern mountainous region of Vietnam (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 183 p., 47 tabl., 42 fig.

Résumé :
Among livestock types, beef cattle production is ranked as a very important sub-sector in the extremely harsh natural conditions characterising the northern uplands of Vietnam, where ethnic minorities are often concentrated on land resources which are not hospitable to crops. To help local people to escape from poverty, many organisations have initiated development projects featuring beef cattle production, but it still remains under-developed, hence the generally high level of poverty faced by farmers.
Thus, the study aims to assess the characteristics and appropriateness of beef cattle feeding systems, which are compared from the point of view of sustainability.
Stratified sampling was used to select 97 households within free-range, part-time grazing, and cut-and-carry feeding systems, which were surveyed in Bac Kan province between 2007 and 2009. The collection of field data was implemented using various survey instruments such as structured questionnaires and interview guides. Data processing consisted in descriptive statistics, correlations between the variables, and the calculation of socio-economic indicators. Based on the sample surveyed, the differences between the three systems of cattle management were highlighted.
Access to grazing land and its topography, the ethnicity of the communities, the relative importance of agricultural and forest production, and opportunities for off-farm employment were all factors influencing the cattle systems. Those using the “cut-and-carry” fodder system are practicing the most efficient husbandry style among the systems from both the social and economic points of view, except for lack of proper management and use of cattle manure. Manure use for cultivation in this system was limited because of the predominantly steep slope lands and the habits of the indigenous peoples. Animal manure utility was evaluated as less important in the cut-and-carry system compared to other systems practiced in the lowlands.
However, good prospects are seen to improve conditions in the rural uplands in the future. Thus, different strategies should be implemented to fill the gap and improve the position of farmers. The study derives helpful recommendations for farmers keeping beef cattle to strongly develop their production, alleviate poverty, and improve their livelihoods.

Ahouissou, Brice Anicet (2011). Financement de l’entrepreneuriat rural dans la région du Centre au Cameroun (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 111 p., 73 tabl., 18 fig.

Résumé :
L’une des principales contraintes des micros entrepreneurs ruraux est l’absence de structures de financement appropriées susceptibles de favoriser leur accès au financement à moindre coût avec des conditions moins contraignantes. Face à ce problème, il convient de se demander s’il n’est pas possible de développer des stratégies de financement adaptées aux micros entrepreneurs ruraux. C’est la réponse à cette question qui a servi de fil conducteur à ce travail. L’objectif global de la recherche est d’apporter une contribution à l’identification et à la réduction des principales contraintes auxquelles les entrepreneurs ruraux sont confrontés dans le financement de leurs activités. La méthodologie mise en oeuvre s’est appuyée sur le suivi mensuel de 50 micros entrepreneurs pendant une année. Une enquête de validation a été organisée à la fin du suivi auprès de 141 micros entreprises, 19 usuriers et 21 Etablissements de microfinance (EMF). La mauvaise estimation des besoins de trésorerie, les taux d’intérêts élevés des crédits octroyés, les délais courts des remboursements, les faibles montants des emprunts sont les principales contraintes des micros entrepreneurs ruraux dans l’accès au financement mises en exergue dans cette recherche. Ces difficultés des micros entreprises sont, entre autres, dues à l’offre inadéquate des structures de financement formelles. En conclusion, il est proposé la mise en place d’un fonds de refinancement des EMF et la mise en oeuvre d’un modèle de financement adapté à l’entrepreneuriat rural dans la région du Centre.

Gahiro, Léonidas (2011). Compétitivité des filières rizicoles burundaises : le riz de l’Imbo et le riz des marais (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 187 p., 37 tabl. et 46 fig.

Résumé :
Culture récente et prometteuse au Burundi, le riz est cultivé principalement dans la plaine de l’Imbo et dans les marais de moyenne altitude. Le riz produit fait souvent face à la concurrence du riz importé de l’Asie et de la Tanzanie. L’analyse de la compétitivité des filières locales part de l’évaluation, au niveau macro-économique, des ressources naturelles (terres, eau, climat), humaines et financières, les technologies de production et de transformation du paddy disponibles au pays. Dans une seconde phase, l’analyse porte, au niveau micro-économique, sur un échantillon de producteurs choisis dans les deux rizicultures et les agents en aval (collecteurs, usiniers et commerçants). Les techniques de production appliquées, les coûts engagés dans la production, les résultats obtenus montrent que les riziculteurs de l’Imbo sont plus productifs (plus de 5t/ha) et plus compétitifs que ceux des marais. Les premiers (Imbo) bénéficient d’un encadrement agricole de proximité, d’un accès aux intrants, de l’irrigation et du crédit agricole. Cependant, même s’ils sont moins compétitifs, les exploitants des marais sont efficients et valorisent ces endroits peu propices aux autres cultures. Le riz importé de l’Asie et de la Tanzanie arrive souvent au marché domestique à un prix inférieur à celui du riz local. L’amélioration de la compétitivité globale de la filière nécessite la mise en place d’un cadre structurel mixte (privé/public) de coordination des activités.

Hofs, Jean-Luc (2010). Enjeux environnementaux et agroéconomiques de cotonniers transgéniques Bt en petit paysannat africain : recommandations et aide à la décision pour leur utilisation raisonnée (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 273 p.

Résumé :
L’introduction commerciale des cotonniers génétiquement modifiés (CGM), produisant les toxines insecticides de Bacillus thuringiensis (Bt), dans les pays en développement et notamment en Afrique, suscite des craintes de la part de la société civile au sujet de leur impact sur l’environnement et l’économie des petits paysannats. L’objectif de la thèse est de proposer, sur la base d’une revue bibliographique et d’une série d’études originales réalisées en Afrique du Sud et publiées par l’auteur dans des revues scientifiques, un outil d’aide à la décision basé sur des critères techniques et scientifiques permettant de juger l’intérêt de l’adoption des variétés de cotonniers Bt en paysannat africain. Dans un premier temps nous présentons un état des lieux de la production cotonnière à l’échelle mondiale ainsi que les modalités de la culture en Afrique. Cet inventaire permettra par la suite d’établir un état des besoins nécessaire à l’élaboration du cadre de décision. Dans un deuxième temps, l’importance des cotonniers Bt dans l’agriculture, leur efficacité agronomique et leurs effets sur l’environnement sont discutés. Nous mettons en exergue le risque potentiel d’une réduction de l’efficacité de ces CGM sous l’influence de facteurs abiotiques tels que la sécheresse. Les recherches effectuées sur l’impact environnemental des cotonniers Bt montrent que ceux-ci n’ont pas d’effet direct sur la biodiversité. Cependant les pratiques agricoles mal adaptées en conjonction avec l’usage de cette innovation peuvent entraîner des modifications de la diversité et de l’abondance de l’entomofaune des agrosystèmes cotonniers. Concernant les flux de gènes et la probabilité de mélange non intentionnel de semences entre cultures Bt et non-Bt, huit sources potentielles de mélange ont été identifiées et leurs conséquences sont discutées. L’impact agroéconomique de l’introduction des cotonniers Bt est étudié dans un troisième temps. Les études entreprises en Afrique du Sud suggèrent que ces effets sont parfois discutables et la réussite de l’adoption repose fortement sur la solidité économique de la filière, sur l’organisation de l’encadrement technique, sur l’efficacité du réseau de distribution d’intrants agricoles et sur le niveau de rendement de la culture avant l’introduction de l’innovation. La dernière partie de la thèse propose un cadre provisoire d’évaluation de l’opportunité d’adoption des cotonniers Bt en petit paysannat africain. Ce cadre se fonde sur la formulation des problèmes à résoudre dans le paysannat et sur l’évaluation des options techniques disponibles. Les conditions préalables à une introduction réussie des cultivars Bt sont identifiées et des mesures d’accompagnement sont suggérées pour l’usage durable de cette technologie.

Kpenavoun Chogou, Sylvain (2009).  Réformes des marchés agricoles : coûts de transaction, choix des modes de transaction des producteurs et dynamique de l’efficacité du marché des céréales : cas du maïs au Bénin (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 182 p., 42 tabl., 5 fig., 2 cartes.

Résumé :
Durant les années 1990, les réformes des marchés agricoles ont été au centre des efforts de libéralisation dans la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne. Les gouvernements de ces pays ont alors réduit leur intervention dans la commercialisation des produits agricoles. Le Système Public d’Information sur les Marchés (SPIM) a été l’une des plus importantes institutions du marché qui a accompagné ces réformes. De grands impacts positifs sont attendus de ces changements mais, peu de travaux d’évaluation empiriques existent à ce sujet. Cette thèse se propose d’analyser les impacts de ces réformes, spécialement le SPIM, sur le choix des modes de transaction des producteurs et sur l’efficacité du marché des produits agro-alimentaires, en particulier le maïs, la céréale la plus produite et la plus échangée sur le marché intérieur et sous-régional. La Nouvelle Economie Institutionnelle (NEI), et plus particulièrement la Théorie des Coûts de Transaction en ont constitué le fil conducteur. En effet, contrairement à la théorie néoclassique qui assume les coûts de transaction nuls, la Nouvelle Economie Institutionnelle part du principe selon lequel, les agents prenant des décisions sur différents types de transactions, le font ainsi d’une manière coûteuse. Elle se propose, non seulement d’expliquer les déterminants des institutions et leur évolution dans le temps, mais aussi d’évaluer leurs impacts sur la performance économique. Les données analysées dans ce document proviennent des enquêtes de terrain, réalisées sur un échantillon aléatoire stratifié de 241 producteurs dans les communes de Pobè et Kétou du département du Plateau, la plus grande zone productrice de maïs au Bénin. Un souséchantillon réduit de 124 producteurs a été suivi pendant un an (octobre 2006 – septembre 2007) afin de mieux comprendre les caractéristiques de leurs transactions. Au total, 323 transactions ont été observées. Enfin, une dernière enquête a été conduite sur un échantillon représentatif de 105 commerçants-grossistes fréquentant les marchés les plus importants pour la commercialisation du maïs au Bénin. Les analyses sont réalisées principalement avec le Nested Logit et le Parity Bounds Model. Le Nested Logit permet d’appréhender les raisons du choix des différents modes de transaction des producteurs de maïs sous l’hypothèse de la non indépendance des différentes possibilités de choix. Le Parity Bounds Model, quant à lui, permet non seulement d’évaluer les taux d’efficacité ou d’intégration spatiales des marchés, mais aussi d’estimer les taux d’arbitrage, d’autarcie, d’opportunités profitables et de violation des conditions d’arbitrage des marchés. Si les résultats montrent que les réformes agricoles mises en oeuvre depuis le début des années 1990 ont favorisé l’augmentation du niveau global de l’offre de maïs au Bénin, elles n’ont cependant pas permis d’accroître significativement sa productivité, ni de réduire ses coûts de transaction ou de commercialisation. Toutefois, les producteurs demeurent rationnels dans leurs prises de décisions commerciales. En effet, pour vendre leurs excédents de maïs, ils utilisent trois modes de transaction : vente sous contrat, vente sans contrat au village et vente sans contrat sur des marchés urbains ou distants. Les résultats d’analyse de ces trois modes de transaction ont montré que la vente sans contrat au village apparaît comme l’option la plus avantageuse financièrement dans l’environnement institutionnel de la zone d’étude. La quantité de maïs produite ne constitue pas la plus importante barrière d’accès des ménages agricoles ruraux aux marchés distants. Au contraire, l’étude a montré que la probabilité de se déplacer vers des marchés distants est d’autant plus faible lorsque le producteur dispose d’un surplus commercialisable important. Les grands et moyens producteurs retirent une plus grande utilité que les petits producteurs en maintenant des relations contractuelles avec les commerçants. Auprès de ces intermédiaires, ils obtiennent des petits crédits de consommation ou de production. Les petits producteurs sont les plus orientés vers des marchés distants. Malgré la diversité des sources de communication promues par l’Office National d’Appui à la Sécurité Alimentaire (ONASA) au Bénin, la grande majorité des producteurs continuent d’utiliser les moyens traditionnels de communication en l’occurrence la transmission orale de l’information concernant les prix, l’offre et la demande. Cependant, certains producteurs, utilisateurs fréquents des moyens d’information de l’ONASA, semblent être globalement satisfaits de cette initiative et expriment un impact positif sur leurs décisions commerciales. L’utilisation du SPIM permet aux producteurs d’obtenir de meilleurs prix de vente du maïs quelque soit l’option de transaction choisie. L’hypothèse selon laquelle les producteurs feraient un meilleur choix du mode de transaction s’ils avaient accès à de bonnes informations sur les marchés est confirmée avec les résultats du Nested Logit, qui montrent que l’accès préalable aux informations de qualité sur les marchés alternatifs améliore la capacité de négociation du producteur, puis accroît la probabilité de choix de vente de maïs au village. De même, les expériences acquises par le producteur en matière de commercialisation des produits agricoles renforcent ce choix. Ce résultat n’a pas pu être attribué au Système Public d’Information sur les Marchés (SPIM) mais plutôt au réseau social d’informations des producteurs. Cela ne veut pas dire que le SPIM soit inutile ; au contraire, ce résultat pointe du doigt l’importance de ce système. Seulement, il doit être amélioré pour jouer pleinement son rôle. Par ailleurs, les résultats du Parity Bounds Model ont montré que, même si les réformes n’ont pas pu améliorer significativement les degrés d’efficacité ou d’intégration spatiale parfaite des marchés du maïs au Bénin, elles ont induit assez d’opportunités commerciales, malheureusement sous-exploitées. Les taux d’autarcie qui mesurent l’étendue suivant laquelle des échanges n’ont pas eu lieu entre des paires de marchés, du fait des coûts de transfert plus élevés, ont connu en moyenne une diminution avec le temps. Des améliorations sont observées sur certains marchés. En dehors des régions de Nikki et Parakou, Cotonou demeure mieux intégré avec Bohicon, Glazoué, Azovè et Kétou. Les résultats ont aussi montré que les opportunités commerciales entre Bohicon et Parakou sont bien exploitées au cours de la période 2001-2007. Cependant, d’une manière générale, les niveaux élevés d’inefficacité ne permettent pas au système de fournir convenablement les services tant attendus par les producteurs et les consommateurs. En conséquence, des instruments de politique plus efficaces sont suggérés afin de renforcer la concurrence sur le marché et de rendre le système capable de répondre aux aspirations des différents acteurs. Une amélioration du système d’information sur les marchés, la formation des producteurs à son utilisation et un accès favorable aux crédits spécifiques permettront aux producteurs non seulement de choisir un meilleur mode de transaction mais aussi d’améliorer leur capacité de négociation avec les commerçants. Il est par ailleurs nécessaire de former les producteurs aux techniques de commercialisation des produits agro-alimentaires. Enfin, l’accès amélioré des petits commerçants aux crédits et aux informations va leur permettre de mieux exploiter les opportunités commerciales offertes par les réformes.

Nguyen Dang, Hao (2009). Evolution of livelihood strategy of the households in the coastal sandy zone of the North Central Region of Vietnam-The case of Thua Thien Hue Province (Thèse de Doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 226 p., 64 tabl., 48 fig., 6 cartes.

Résumé :
Cette étude analyse les évolutions dans  les stratégies des ménages agricoles en vue d’améliorer  leurs moyens de subsistance et les revenus dans la zone côtière sablonneuse de la province de Thua Thien Hue.  L’approche a recours à des méthodes participatives afin de cerner les stratégies assurant les moyens de subsistance et repose sur la collecte de nombreuses données au niveau des ménages.Les résultats des travaux entrepris indiquent une certaine hétérogénéité dans les avoirs et moyens des ménages, en particulier en capital humain, au niveau de l’accès au foncier et de la valeur du patrimoine. Il en résulte une influence sur les  réseaux sociaux et des typologies de  ménages qui varient selon les capitaux mobilisés et les sites étudiés. Les inégalités dans les tailles d’exploitations se sont accrues durant la période 2003-2008 avec une tendance à l’accumulation de la terre par les exploitants les plus riches.Sur base des ressources disponibles et au sein d’institutions et d’organisations de marché créées par les réformes économiques, les stratégies assurant les moyens de subsistance sont très dynamiques. Bien que le développement de l’activité agricole reste une des pistes les plus populaires parmi les stratégies assurant les moyens de subsistance, on observe des changements considérables. Les ménages les plus nantis ont tendance à diversifier et à intensifier les cultures de rente, les productions animales, l’aquaculture et les activités non-agricoles. Les ménages « pauvres » semblent se focaliser sur les productions vivrières et les activités agricoles hors-exploitation ; ils sont parfois contraints de migrer.Durant la période 2003-2008, le revenu du ménage s’est considérablement amélioré particulièrement pour les ménages les plus riches suite à une spécialisation dans les activités d’élevage, les activités non-agricoles et l’aquaculture. Compte tenu de leur plus grande dépendance par rapport aux productions vivrières, au travail salarié et à la migration, le revenu des ménages de la catégorie « pauvre » s’est également amélioré sur la même période, mais plus lentement. En conséquence, l’inégalité des revenus au sein des catégories de ménages a graduellement augmenté.Les menaces sur l’environnement dans la zone côtière sablonneuse sont un sujet qui gagne en importance suite à l’adoption de  pratiques non durables. Les aspects de durabilité en matière sociale sont aussi un sujet à l’ordre du jour depuis que l’incidence de la pauvreté est assez élevée, le niveau d’éducation de la population est limité et le taux de sous-emploi est élevé.Ces résultats impliquent que dans un contexte de développement rural, les politiques de soutien introduites par le gouvernement ont positivement influencé les moyens de subsistance des ménages, mais on constate l’absence de formule directe et unique pour le développement rural de la zone côtière sablonneuse. Il est nécessaire d’envisager une réforme de la politique de développement rural au départ d’une approche basée sur la participation et la  responsabilisation des partenaires impliqués dans les communautés rurales, vers plus d’information et de transparence, vers une politique de subventions basée sur une analyse coûts/bénéfices et vers une meilleure gouvernance. Mais avant toute chose, suite à la forte dépendance vis-à-vis des activités agricoles, il convient de poursuivre le soutien à une politique agricole en renforçant les productivités de la terre et du travail et en veillant à plus d’efficacité et de durabilité.Considérant la vulnérabilité de la zone à une détérioration progressive de ses atouts naturels, il convient d’introduire des politiques visant à promouvoir des systèmes de production agricole durables, en adoptant une approche intégrée et en veillant à promouvoir la diversification au niveau de l’exploitation. En effet, même si la majorité de la population est engagée dans l’agriculture, la création d’emplois reste très minime. Il est donc nécessaire d’introduire une politique créatrice d’emplois.Enfin, il convient de veiller à l’amélioration des infrastructures. Cela requiert aussi des innovations de type institutionnel dans le système commercial afin de mettre les agriculteurs en contact direct avec les marchés.

N’Toto M’Vubu, Alphonse Roger (2009). Sécurisation des mécanismes de subsistance des populations rurales du Mayombe. Problématique de reconversion d’une économie locale (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 216 pages, 70 tableaux, 53 figures et 4 cartes.

Résumé :
Avant l’accession de la République Démocratique du Congo à l’indépendance, la région du Mayombe, actuel district du Bas-Fleuve, avait une économie prospère basée essentiellement sur l’exploitation forestière et l’agriculture de plantation. Situé à l’extrême ouest de la RDC, le Mayombe a bénéficié des avantages géographiques ayant favorisé l’implantation d’un nombre important d’entreprises agricoles coloniales au point qu’il fut la première région exportatrice des principaux produits agricoles commercialisés par la RDC à l’époque.  Cependant, le développement économique du Mayombe s’étant accompagné d’une sédentarisation de la main-d’œuvre agricole et de la colonisation du patrimoine foncier avec les plantations, les salaires et les autres avantages sociaux en nature ou en espèces payés par les entreprises agricoles constituaient l’essentiel des moyens de subsistance pour les populations locales au point d’occulter des problèmes évidents de la surexploitation du patrimoine foncier de suite d’une concentration des populations autour des centres de production agricole.  Après l’indépendance, la défaillance des institutions de développement du monde rural et les différentes politiques macroéconomiques ou sectorielles menées par les gouvernements n’ayant pas permis un environnement favorable à l’investissement privé, l’économie du Mayombe a connu une vague de désinvestissements. Le retrait des investisseurs étrangers, principaux créateurs d’emplois dans cette région, a réduit sensiblement les moyens de subsistance des populations locales, dorénavant tournées vers une agriculture de subsistance et aggraver la problématique de la pression démographique sur les terres cultivables.  La présente étude aborde la problématique de sécurisation des mécanismes de subsistance des populations rurales par une approche basée sur l’analyse des capitaux, moyens de subsistance des ménages de quatre secteurs répartis sur les trois territoires administratifs constituant l’espace géographique et ethnographique du Mayombe et l’analyse de la durabilité des systèmes agricoles pratiqués pour la subsistance des ménages ruraux dans deux secteurs ruraux du Nord Mayombe différenciés principalement par leur histoire agricole. De ce fait, la première partie se focalise sur une analyse documentaire explicitant les principaux concepts clés, les différentes approches méthodologiques utilisées pour appréhender les réalités économiques dans le monde rural, le contexte et le milieu de l’étude. Cette partie met en évidence la nécessité de combiner l’analyse des capitaux et moyens de subsistance des ménages ruraux par une analyse de la dynamique des systèmes agricoles pour mieux cerner la problématique de sécurisation des moyens de subsistance dans une économie principalement agricole. En outre, elle décrit le contexte de subsistance des ménages ruraux par une analyse historique de l’économie nationale et locale.  La deuxième partie de cette étude, essentiellement empirique, se focalise sur l’évaluation des capitaux, des moyens de subsistance et l’analyse de la durabilité des systèmes agricoles dans deux secteurs du Nord Mayombe différenciés par leur histoire agricole. Cette partie a permis de catégoriser les ménages ruraux selon leurs dotations en capital humain et en capital foncier comme bases d’une typologie des groupes de richesse dans les ménages ruraux du Mayombe. Elle a en outre permis de comprendre les stratégies paysannes pour l’assurance de leurs moyens de subsistance en diversifiant aussi bien leurs activités qu’en s’adaptant aux conditions du marché et l’environnement institutionnel dans lequel ils évoluent.  Fort des évidences décelées, la troisième et dernière partie de l’étude dégage les perspectives pour un développement économique du Mayombe dont les principaux piliers s’avèrent l’intensification, les innovations et la professionnalisation d’une agriculture dans un environnement régional intégré.

Maman Manzo, Haboubacar (2009). Importance de la commercialisation des produits agro-sylvo-pastoraux dans les stratégies adoptées par les exploitations familiales : le cas de la région de Zinder au Niger (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 159 pages, 15 tableaux et 19 figures. 

Résumé :
Au Sahel, la commercialisation des produits agropastoraux joue un rôle prépondérant dans la problématique de gestion de la sécurité alimentaire chez les populations rurales en termes de génération de revenus leur permettant d’accéder à l’offre de produits alimentaires. D’où l’engouement que suscitent les productions agropastorales de commercialisation chez les exploitants agricoles de la région de Zinder dans le Sud-Est du Niger. Cette région située de part et d’autre des régions de Maradi, Agadez et Diffa, est adossée à la République Fédérale du Nigeria, au Sud, dont elle dépend fortement. Pour étudier et analyser les productions agricoles de commercialisation en pleine expansion dans la région, il fait référence à une période comprise entre 1993 et 2005 pour le suivi de l’évolution de la dynamique de commercialisation agropastorale. Cette nouvelle stratégie adoptée par les exploitations agricoles familiales depuis presque deux décennies consistait au développement des nouvelles cultures et/ou l’actualisation des anciennes (autrefois marginales) comme la gomme arabique, le niébé, l’oignon, le sésame, le souchet et d’autres modes de conduites d’élevage. Nous proposons une approche basée sur : (a) une caractérisation des systèmes de production, de type commercial sur base de sa conduite; (b) une description des incitants à ces pratiques de commercialisation agricole, de par l’histoire, les aspects socio-économiques conjoncturels et structurels, les appuis techniques et le savoir-faire paysan; (c) une analyse de performances des filières agropastorales de commercialisation en présence, par l’examen de leur fonctionnement, de leurs atouts et contraintes et enfin les perspectives pour une meilleure valorisation de productions agropastorales “cash crops” et la pérennisation de ces pratiques agricoles au profit du développement agricole de la région et l’amélioration de conditions de vie des populations. Plusieurs perspectives sont ainsi ouvertes : (a) identification des filières porteuses, en particulier pour développer un ou plusieurs systèmes de production pertinents adaptés aux conditions environnementales et économiques de la région; (b) analyse des effets bénéfiques et des méfaits des pratiques agropastorales de commercialisation; et (c) propositions d’amélioration de l’efficacité des systèmes de production via la prise en compte de la diversification agricole, la flexibilité saisonnière, l’interactivité sectorielle et la complémentarité socio-économique comme étant les priorités pour la durabilité des systèmes agricoles de commercialisation et le développement rural dans la région.

Karangwa, Antoine (2008). Diagnostic et essai de typologie des exploitations agricoles de GIKONGORO (au Rwanda). Formulation et analyse socioéconomique des interventions de développement agricole (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 272 pages, 54 tableaux et 30 figures.

Résumé :
Considérée par la Vision 2020 du Rwanda comme premier moteur de croissance économique et de réduction de la pauvreté, l’agriculture rwandaise se prépare à rentrer dans une phase de mutations profondes de transformation et de modernisation de ses systèmes de production de subsistance pour s’ouvrir au marché. Pour passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture commerciale, beaucoup d’enjeux et de contraintes du secteur agricole, variant et ne se faisant pas sentir avec la même acuité, d’une région à une autre, méritent d’être identifiés et analysés avant de passer à l’action. Pour appréhender le sujet, une étude documentaire détaillée a été réalisée sur la zone et sur le contexte agricole rwandais en général suivie d’une série d’enquêtes sur terrain. Celles-ci reposent sur un échantillonnage raisonné de 4 secteurs (deux de basse altitude et deux de haute altitude) représentatifs de la diversité agro-bioclimatique et socioéconomique de la région dans chacun des deux districts de la zone de GIKONGORO. Tenant compte du nombre d’unités de production présentes dans chaque secteur, les ménages ont été aléatoirement choisis dans les 8 secteurs retenus de manière à atteindre un effectif de 210 unités de production, pour recueillir leurs opinions sur les contraintes rencontrées, leurs stratégies de production et leurs desiderata en lien avec ce que les services agricoles conduisaient. Les problèmes relevés sont nettement complexes et semblent avoir pour facteur-racine la rupture de l’équilibre “ressources naturelles/population”, principal risque pour la croissance économique à long terme et la lutte contre la pauvreté. Le premier constat de cette étude est que les mutations démographiques, économiques, sociales ou culturelles qui ont affecté, depuis des décennies la zone de GIKONGORO, n’ont pas pu parallèlement, induire une dynamique organisationnelle qui se traduirait aussi par le développement et le renforcement des capacités des paysans et des organisations interpellées par les nouveaux enjeux du développement rural. Sur le plan agronomique, la principale contrainte sur laquelle convergent toutes les préoccupations des agriculteurs, est celui d’un appauvrissement critique des sols. Celui-ci est principalement dû à une surexploitation des terres liée aux faibles superficies disponibles, aux difficultés d’extension des terres de culture et à l’incapacité des agriculteurs qui, faute de moyens, ne peuvent restituer au sol ce que les cultures exportent. Les pâturages naturels n’étant plus disponibles en plus de la faible production fourragère dans la zone, la taille des troupeaux a sensiblement diminué et la production du fumier est faible. Sur des sols naturellement pauvres, érodés et très acides de GIKONGORO, le facteur limitant de la production agricole est avant tout la quantité de la fumure organique disponible sans laquelle tout investissement dans l’amélioration de la fertilité des terres ne constitue qu’un gaspillage économique. Sur le plan du fonctionnement socioéconomique, les résultats de ce travail révèlent que 39% des exploitations sont très pauvres, procurent des revenus relativement inférieurs au seuil de reproduction et au seuil de survie pour certaines d’entre elles et présentent une tendance générale à la régression. Evaluées à 47%, les exploitations à dominance agriculture procurent des revenus légérement supérieurs au seuil de reproduction et montrent une tendance à la stagnation et se reproduisent à l’identique. Seulement 14% des exploitations de GIKONGORO sont en développement. Soutenues par des ressources extérieures, elles produisent des revenus nettement supérieurs au seuil d’accumulation. Elles ont des capacités d’investissement relativement importantes et présentent une tendance générale à l’élargissement.

Diepart, Jean-Christophe (2007). Problèmes et enjeux de l’économie rurale au Cambodge. Entre nouvelles gouvernances et réalités paysannes. Le cas de Kampong Thom (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 350 pages, 69 tableaux, 75 figures et 34 cartes. 

Résumé :
Au Cambodge, les ressources naturelles occupent une place fondamentale dans les systèmes de production d’une très grande majorité de ménages paysans qui constituent la majorité de la population. Dans le contexte d’une croissance démographique importante et d’une marchandisation croissante des échanges de produits et de facteurs de production agricoles, les modalités d’exploitation et de mise en valeur des écosystèmes par l’homme représentent donc des enjeux économiques, sociaux et environnementaux considérables. La présente étude porte précisément sur ces modes paysans de gestion des terroirs ruraux. Elle repose sur une hypothèse centrale selon laquelle les modes paysans de valorisation des ressources naturelles sont durables d’un point de vue environnemental, efficients d’un point de vue économique (par la création de valeurs ajoutées) et justes socialement dans la répartition de ces valeurs ajoutées. Un cadre d’analyse multi-échelle qui intégre les différentes dimensions de la valorisation des ressources naturelles est établi pour vérifier et préciser cette hypothèse fondamentale. Le premier cadre d’analyse, donné “a priori”, couvre la province de Kampong Thom. Le deuxième cadre d’analyse est raisonné. Il couvre deux communes sélectionnées sur la base d’une série de critères agro-écologiques et institutionnels et de leur représentativité par rapport aux dynamiques observées au niveau de la province. Une première partie montre les liens étroits entre la diversité agro-écologique et les systèmes de production paysans. Elle détaille également les rapports sociaux fondamentaux qui animent les territoires ruraux de la province et montre comment les différentes relations de pouvoir structurent ou affectent les communautés paysannes. Une autre partie présente une analyse institutionnelle des nouveaux choix d’action collective et individuelle pour la gestion des ressources naturelles. Elle met en évidence la nature très conflictuelle de cette gestion et les contradictions inhérentes aux nouveaux choix. La contribution possible des conseils communaux dans la gestion des ressources naturelles est également analysée d’un point de vue légal et organisationnel. La valorisation de travaux de terrain au niveau de deux communes complètent et précisent l’analyse. Une analyse spatiale de changements d’occupation du sol entre 1992 et 2006 montre d’abord l’importance grandissante d’acteurs non paysans dans les dynamiques de développement rurales. L’analyse montre également que ces dernières sont efficientes, quand elles sont maîtrisées par les communautés paysannes elles-mêmes. Les stratégies paysannes sont caractérisées par une grande diversité d’activités qui ont presque toutes pour dénominateur commun la pratique de la riziculture de saison humide. L’accès aux ressources halieutiques et forestières sur les espaces indivis s’inscrit dans ces schémas de diversification du travail familial en saison sèche. Ces modes de gestion sont détaillées et mises dans la perspective de la mise en place de communautés de pêche ou de communautés forestières. La gestion des terres du domaine privé, c’est-à-dire les terres agricoles, est caractérisée par une prépondérance de la riziculture dans les plans d’assolement. Les itinéraires techniques rizicoles mis en oeuvre par les ménages paysans sont évalués ainsi que leurs résultats économiques. Différentes rationalités économiques sont mises en évidence par rapport aux productivités des facteurs de production. Les éléments de productivité, d’efficience et de rentabilité sont également appréhendés par rapport à l’accès aux crédits et aux marchés fonciers. Cette analyse permet de revoir considérablement le rôle autorégulateur présumé des marchés fonciers pour assurer d’une part la croissance du secteur agricole et d’autre part l’équité d’accès à la terre agricole. Enfin, les analyses faites au niveau de la commune sont mises dans la perspective des nouveaux choix de gestion des ressources naturelles et proposent, in fine, des recommandations opérationnelles pour soutenir les modes paysans de gestion des ressources naturelles.

Khemmarath, Sitha (2007). Analyse des facteurs influençant la disponibilité des produits vivriers dans la province de Khammouane, Laos (Thèse de doctorat), Gembloux, Faculté universitaire des Sciences agronomiques,  319 pages, 77 tableaux, 40 figures et 2 cartes.

Résumé :
La sécurité alimentaire, plus spécifiquement la disponibilité des aliments de base, est toujours considérée par le Gouvernement du Laos comme une des tâches prioritaires dans le programme national du développement  économique. Depuis trois décennies, le Laos a fait de grands efforts dans le domaine du développement rural, avec pour finalité d’assurer la disponibilité des aliments essentiels aux  habitants. La pénurie en aliments de base existe néanmoins toujours,  surtout dans les zones rurales. Cette recherche a pour objectif  principal d’analyser les facteurs qui différencient l’accessibilité des produits vivriers au niveau du ménage dans la zone centrale du Laos (districts de Hinboune et de Nakai, dans la province de Khammouane). Comme objectifs spécifiques, tout d’abord la recherche vise à  identifier les systèmes de production existants dans cette zone, ensuite démontrer les facteurs de production qui déterminent les niveaux d’auto-approvisionnement pour les familles agricoles et mettre en évidence les revenus des familles agricoles, et à la fin apprécier la consommation des produits alimentaires de base par une unité de consommation. Pour arriver à ces objectifs, premièrement, des enquêtes quantitatives et qualitatives ont été menées en 2003, auprès de 140 ménages agricoles qui ont été pris comme échantillons représentatifs dans 14 villages. Ceux-ci se trouvent dans 4 zones écologiques (de plaine, de collines, de plateau et montagneuses) qui représentent toute la diversité écologique du pays. Ensuite, les données recueillies sur les 140 ménages agricoles sont analysées et classées en 4 catégories selon leurs niveaux d’auto-approvisionnement en riz; le riz étant identifié comme le produit alimentaire de première nécessité. Le niveau d’auto-approvisionnement est aussi utilisé comme un indicateur marquant l’état de la disponibilité alimentaire des familles agricoles. Enfin, nous avons fait la corrélation de l’indicateur d’auto-approvisionnement en riz avec différents facteurs : le revenu familial, les facteurs de production (le capital terre, la main-d’oeuvre familiale, les matériels productifs, l’accès aux intrants et au capital ruminant), et la diversification du système de production, afin de déterminer l’importance de ces facteurs. La première partie des résultats de la recherche révèle que les systèmes de production de la zone sont composés des sous-systèmes suivants : la riziculture pluviale, le riz irrigué dans la saison sèche, le riz sur abatis-brûlis, les cultures maraîchères et potagères, l’élevage des buffles et des bœufs, l’élevage des volailles et des porcs, la pêche, la cueillette, la chasse, le petit commerce et le travail salarié. Ces activités sont pratiquées par les familles agricoles avec différentes combinaisons en termes de part dans le revenu.  Ces combinaisons varient désormais selon la zone écologique et les catégories des familles. D’après l’analyse, les facteurs influençant la disponibilité alimentaire des familles sont quant à eux : le revenu familial, les facteurs de production (à savoir : la terre propice à la riziculture, la main-d’œuvre familiale et son niveau d’éducation, l‘accès aux matériels productifs, l’accès au capital ruminant, l’accès aux variétés du riz améliorées et aux services de la vulgarisation agricole), et la diversification du système de production agricole. Ces facteurs peuvent être considérés comme déterminants pour expliquer la pénurie alimentaire pour les familles agricoles de la zone étudiée, dans le présent contexte écologique et socio-économique. Nous avons constaté que le revenu familial provenant des différentes activités économiques varie grandement, en fonction du village, de la zone écologique, et de la catégorie des familles. Cette variabilité peut être expliquée par la diversité des systèmes de production, l’accès aux moyens de production, l’accès aux ressources forestières et aquatiques par les familles des différentes catégories. La superficie des terres cultivées par les familles déficitaires chroniques en riz est significativement différente de celle des terres cultivées par les familles avec un meilleur auto-approvisionnement en riz. De plus, les familles excédentaires en riz ont plus de possibilités de cultiver le riz sur une terre fertile que les familles des autres catégories. La main-d’œuvre familiale (plus précisément le nombre des actifs par rapport aux bouches à nourrir dans une famille) montre une différence significative entre les familles autosuffisantes voire excédentaires et les familles déficitaires en riz. La disponibilité de la main-d’œuvre est aussi liée étroitement au cycle de vie familiale. Les familles déficitaires ont peu de main-d’œuvre et se situent soit dans un cycle de vie initiale (nouvelles familles) soit dans un cycle de vie avec un problème de décès (d’un des époux). Les matériels productifs concernant, en particulier, le motoculteur, les matériels pour la pêche et pour les cultures maraîchères, ne sont pas directement liés au niveau d’auto-approvisionnement en riz des familles agricoles mais ils jouent bien un rôle important dans la création du revenu familial. Ce dernier permet cependant aux familles agricoles d’accéder aux denrées alimentaires. Le capital ruminant est lié à  l’acquisition des matériels productifs, à l’investissement dans l’agrandissement  de la rizière et dans l’achat des intrants qui permettent aux agriculteurs d’améliorer la production et la productivité de la riziculture ainsi que l’auto-approvisionnement en aliments nécessaires pour leurs familles. L’accès aux intrants, en particulier, aux variétés du riz améliorées et aux services de la vulgarisation en matière de développement variétal et de l’amélioration de la production rizicole est possible plus pour la majorité des familles autosuffisantes voire excédentaires que pour les familles déficitaires en riz. La diversité du système de production agricole qui implique un grand nombre d’activités économiques avec des proportions importantes dans le revenu familial est aussi corrélée avec le niveau d’auto-approvisionnement en riz. Plus diversifié est le système de production, plus important est le niveau d’auto-approvisionnement en riz des familles. La consommation des aliments de base par les familles de cette zone concerne la consommation du riz, des poissons, des viandes diverses, des volailles et la consommation des fruits et des légumes. La consommation du riz n’est pas différente entre les catégories des familles et ne dépend pas non plus seulement de la disponibilité du produit en provenance de la propre production des agriculteurs car ils ont d’autres moyens d’accéder au riz qui manque, à savoir la consommation des produits de substitution, l’échange de riz contre des produits forestiers, l’achat de riz, et le mécanisme de solidarité entre villageois. Par contre, la consommation des poissons présente une différence notoire entre les familles autosuffisantes voire excédentaires et les familles déficitaires en riz car l’accès aux matériels de pêche est différent entre les catégories des familles. La consommation des viandes diverses et des volailles représente une quantité minime pour toutes les catégories des familles alors que les fruits et les légumes cultivés et de la forêt constituent une partie importante dans les repas quotidiens des familles agricoles.

Mastaki Namegabe, Jean-Luc (2006). Le rôle des goulots d’étranglement de la commercialisation dans l’adoption des innovations agricoles chez les producteurs vivriers du Sud-Kivu (Est de la R. D. Congo) (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 241 pages + annexes 8 pages, 68 tableaux et 62 figures, 1 carte.

Résumé :
La province du Sud-Kivu connaît une insécurité alimentaire sévère mesurée en termes de faibles disponibilité, accessibilité physico-économique et stabilité des approvisionnements alimentaires aussi bien au niveau des individus et ménages qu’à celui de toute la collectivité. Son système de production agricole, assis sur une mosaïque des petites exploitations familiales consacrant la dispersion géographique de la production vivrière obtenue généralement en culture associée dont les principales spéculations sont le manioc, le haricot, la banane, le riz, le maïs, les arachides,… demeure incapable d’assurer une alimentation suffisante, pour une vie saine et active, à une population galopante. Les explications de ces déséquilibres alimentaires dont la caractéristique est de frapper beaucoup plus les milieux ruraux et certains groupes vulnérables (les femmes et les enfants) ont été traditionnellement axées sur la pression démographique et l’insécurité foncière. Cette étude, assise sur une analyse des tendances actuelles de l’économie agricole de la province caractérisée par une propension au retour à l’autosubsistance des agriculteurs, un rejet des innovations agricoles et un faible investissement dans le secteur incompatibles avec un environnement à forte densité démographique, fonde le rôle des contraintes de commercialisation dans le découragement des innovations agricoles comme base des déficits alimentaires structurels de la province. La première partie traite des contours théoriques des concepts liés au progrès technique en agriculture, ses sources, impact, demande et adoption-diffusion. Elle analyse, d’un point de vue théorique, le rôle des risques et incertitudes induits par les marchés déficients sur le sentier technologique des systèmes agricoles tout en passant en revue les bases méthodologiques d’études empiriques de la commercialisation vivrière dans les pays en développement. La deuxième partie analyse les caractéristiques physico-techniques du secteur vivrier de la province du Sud-Kivu ainsi que ses indicateurs de performance fondés sur le concept de la sécurité alimentaire dans le contexte des récents conflits armés dans la région. La troisième partie traite de l’impact et des facteurs de l’adoption des innovations agricoles au Sud-Kivu à travers le cas empirique de la semence améliorée de haricot “Acc714” vulgarisée par l’Inera. Elle porte une attention particulière sur le rôle de l’accès aux marchés d’output et coûts de transaction y relatifs dans le choix technologique des paysans et fait recours à un modèle micro-économétrique d’adoption ad-hoc. La quatrième partie procède par une étude critique de l’économie de la commercialisation vivrière au Sud-Kivu à travers l’analyse des filières représentatives de haricot, manioc et choux. Elle applique la grille S-C-P et la NEI aux Systèmes d’Approvisionnement et Distribution Vivrière de la province usant des données des enquêtes sur les marchés. Elle comporte un diagnostic technico-économique des services marchands de commercialisation et analyse la répartition de la valeur ajoutée entre divers acteurs des marchés vivriers de la province ainsi que leurs pressions sur les prix en amont et en aval avant de fonder une approche compréhensive et holistique de rationalisation des marchés vivriers comme gage d’une sécurité alimentaire durable au sein de la province.

Atchoglo, Jules Kodjo Mawuli (2005). Etude de l’impact de la microfinance sur le développement rural : cas de la préfecture de Yoto au sud-est du Togo (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 189 pages, annexes 52 pages, 34 tableaux, 22 figures et 2 cartes.

Résumé :
Au cours de ces vingt dernières années, la microfinance s’est illustrée comme un outil prometteur dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. A partir des différents succès qu’elle a rencontrés dans les pays en voie de développement, l’Etat togolais, en accord avec la Banque Mondiale, a opté pour la microfinance comme système financier en milieu rural. Cette étude menée dans la préfecture de Yoto au sud-est du Togo voudrait mettre à jour, les différents mécanismes de cet outil en milieu rural, les différentes activités financées, les effets sur ces activités, sur la population et enfin sur le développement. La stratégie des différentes institutions de la zone d’étude a été analysée, les effets sur les bénéficiaires et les non-bénéficiaires ont été comparés. En milieu urbain, l’essentiel des activités des institutions de microfinance se sont développées autour du secteur commercial et des objets sociaux. Les résultats en milieu rural montrent la même tendance. L’étude a mis en évidence la réticence des institutions de microfinance à financer l’agriculture alors qu’elle représente la plus importante activité du milieu rural. Le commerce suivi des objets sociaux mobilise la grande majorité des crédits octroyés par les institutions de microfinance de la zone de l’étude. Sur le bien-être, l’impact est positif chez les commerçants et les salariés, mais peu significatif chez les artisans et les agriculteurs. Compte tenu de la spécificité du milieu rural, l’étude a voulu mettre en évidence les différents effets directs ou indirects de la microfinance sur les organisations traditionnelles du milieu et sur le développement. L’introduction de la microfinance n’a pas fortement bouleversé les habitudes traditionnelles du milieu en termes de pratiques financières. Les tontines existent toujours et se modernisent de plus en plus. Par contre, l’influence des usuriers a diminué. Ainsi, les effets sont positifs ou négatifs suivant le cas et la couche socio-économique visée. Il apparaît en définitive qu’en milieu rural, il faut premièrement adapter les mécanismes d’intervention de la microfinance aux spécificités du milieu. Ensuite, les institutions devraient préciser concrètement leurs objectifs, la population cible et les stratégies à utiliser pour les atteindre. L’étude propose enfin quelques pistes qui pourraient être explorées par les intervenants dans le domaine pour que la microfinance puisse remplir pleinement le rôle que les pouvoirs publics ont voulu lui assigner, à savoir la résolution de la problématique du crédit rural en général et du crédit agricole en particulier. La première partie de ce travail présente les différents secteurs financiers qui existent avant l’apparition de la microfinance. Les services et produits de la microfinance et une synthèse des quelques études d’impact réalisées dans le monde ont été également abordés dans cette partie. La génèse du crédit rural au Togo et son évolution jusqu’à la microfinance ont été présentées dans la deuxième partie. L’étude dans sa troisième partie a établi le lien entre le développement rural et la pauvreté, et a montré comment les différentes politiques de développement appliquées au Togo ont conduit à l’appauvrissement continu de la population rurale. Les deux dernières parties montrent la méthodologie adoptée pour cette recherche, l’impact de la microfinance sur les activités du milieu, sur les populations, sur le mode de vie et sur le développement global de la région.

Mugabe, Musabwa Jonas (2005). Les regroupements villageois “Imidugudu” au Rwanda : une étude socio-économique à partir du cas de la Région de Butare Sud-Est (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 242 pages, 33 tableaux , 27 figures et 2 annexes.

Résumé :
Depuis bientôt une décennie, le Rwanda est engagé dans un processus de restructuration de l’espace rural devant conduire à terme à une nouvelle forme d’habitat. Ce dernier, généralement dispersé sur le millier de collines du pays doit selon les planificateurs prendre la forme groupée. Les impératifs qui dictent cette réorganisation spatiale sont surtout d’ordre économique et social et visent la promotion des activités extra-agricoles pour diminuer la pression exercée sur la ressource terre et favoriser le développement des infrastructures de base (écoles, centres de santé, eau potable, marché, etc.) à même de satisfaire les besoins sociaux des ruraux mais aussi de structurer l’espace rural en agglomérations. L’expérience qui a démarré après la guerre et le génocide (1994) couvre l’ensemble du territoire et revêt un caractère plus ou moins systématique de par son ampleur. La présente dissertation doctorale est consacrée à l’étude de l’expérience en cours mais elle se limite à une échelle réduite à la Région de Butare Sud-Est. La première partie du travail analyse profondément la problématique de l’habitat au Rwanda et l’organisation socio-économique de la Région de Butare Sud-Est. Dans une analyse historique, l’étude jette un regard rétrospectif sur l’habitat dispersé pour tenter de comprendre comment ce dernier s’est structuré et imposé dans le temps, les problèmes qu’il pose et les solutions tentées sans succès pour résoudre la question de l’habitat rural. Elle fait également une analyse prospective de la nouvelle politique de l’habitat rural mise en place au lendemain des événements tragiques qu’a connus le pays. La deuxième partie de cette dissertation originale aborde les principales caractéristiques économiques et sociales des ménages de la région. Une comparaison entre les ménages vivant dans les nouvelles agglomérations villageoises et ceux restés sur collines est établie en ce qui concerne l’accès aux facteurs de production tels que la terre, le travail et le crédit. Il ressort de ladite comparaison qu’aucune différence majeure induite par un quelconque mode d’habitat ne semble encore se dégager. Après l’étude des facteurs de production dans l’univers considéré, la recherche s’intéresse aux principales productions et consommations des ménages. Il s’avère que tous les ménages, qu’ils soient villagisés ou dispersés vivent principalement de l’agriculture dominée encore par l’autoconsommation. Les activités extra-agricoles sont encore secondaires sinon très marginales dans les deux types d’habitat pour constituer une nouvelle base de l’économie des ménages de la région. Enfin, cette partie se termine par l’exploration des opportunités et des obstacles aux regroupements villageois dans notre champ spatial et dans un univers plus étendu à l’ensemble du pays ainsi que par une série de recommandations aux acteurs impliqués dans le processus de villagisation en cours.

Ndayishimiyé, Prudence (2005). Relations cultures vivrières-cultures de rente et dynamiques agraires au Burundi : une étude de cas à partir de trois régions agro-écologiques (Buyenzi, Mugamba-sud et Imbo-sud) (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 174 pages, 29 tableaux, 36 figures, 4 photos et 11 annexes.

Résumé :
Au Burundi, l’agriculture est et demeure la principale activité économique qui occupe plus de 90% de la population active et contribue pour plus de la moitié du PIB. Les politiques agricoles menées depuis les années 50 ont imprimé sur le paysage agraire burundais des relations dichotomiques entre les cultures vivrières et les cultures de rente. La présente dissertation doctorale est consacrée à l’analyse de ces relations dans les exploitations agricoles des trois régions agro-écologiques suivantes : le Buyenzi, le Mugamba-sud et l’Imbo-sud. L’introduction générale présente le cadre général, la problèmatique de recherche et les hypothèses de travail ainsi qu’une approche méthodologique. Une brève description des zones d’études est présentée dans un chapitre préliminaire. La première partie du travail porte sur les dynamiques agraires et de développement économique du Burundi. Outre la revue bibliographique, cette partie analyse la contribution de l’agriculture au développement économique du Burundi. Il faut noter ici que malgré l’importance des cultures vivrières dans l’économie nationale, les politiques agricoles ont toujours favorisé les cultures de rente souvent organisées sous forme de filières. La seconde partie traite des relations entre les cultures vivrières et les cultures de rente ainsi que l’adaptation locale aux politiques agricoles. Malgré la contribution des cultures de rente à l’ouverture du monde rural aux échanges, on remarque des dynamiques agraires contrastées dans les trois zones d’étude. Dans le Buyenzi, le déclin de la caféiculture oblige les producteurs à se replier vers d’autres activités génératrices de revenus. Par contre, dans la région théicole du Mugamba-sud, l’introduction du thé a permis un éveil agricole de cette région jadis considérée comme une zone exclusivement pastorale. De plus, la forte demande de fourrages et de produits ligneux en milieu urbain a permis une valorisation foncière et une amélioration des revenus des ménages du Mugamba-sud. Dans la région de l’Imbo-sud, la délocalisation des cultures vivrières à la périphérie suite à l’aménagement de la nouvelle palmeraie en blocs industriels, a suscité un redéploiement original des producteurs qui se sont investis dans l’industrie artisanale de l’huile de palme. L’analyse comparative des systèmes de production des zones d’étude montre un niveau de revenu plus élevé pour les producteurs de l’Imbo-sud. Dans le Mugamba-sud, l’introduction de la théiculture, la proximité du marché urbain et la scolarisation intensive présentent des effets bénéfiques sur le développement agricole. Les producteurs du Buyenzi affichent quant à eux une ferme volonté de diversification des opportunités de revenus pour se prémunir de la chute des revenus du café et de la forte pression démographique sur les terres. Même si les politiques agricoles impriment des relations concurrentielles entre cultures vivrières et cultures de rente, celles-ci nous semblent plutôt complémentaires au sein des exploitations familiales. Les adaptations locales aux politiques agricoles dans les trois zones d’étude, qui résultent de la confrontation de ces dernières aux contraintes de leur milieu, constituent des avantages comparatifs qui devraient être pris en compte dans toute politique agricole. Enfin, le renforcement des organisations de producteurs, l’amélioration de la politique des prix pour les cultures de rente et la mise en place d’un système de microfinance rurale adapté aux besoins des activités économiques du milieu pourraient garantir une relance économique du milieu rural au Burundi.

Sery, Zagbaï Hubert (2005). Evaluation de l’impact du coton sur le développement rural. Cas de la région de Korhogo au Nord de la Côte d’Ivoire (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 243 pages, 31 tableaux et 46 figures.

Résumé :
L’étude tente d’évaluer l’impact du coton sur le développement rural dans le Nord de la Côte d’Ivoire à partir du cas de la région de Korhogo. En marge du cotonnier local pluriannuel qui existait dans les systèmes de production, le cotonnier à cycle annuel a été introduit en Afrique de l’Ouest et plus particulièrement en Côte d’Ivoire à la demande de quelques entreprises françaises qui voulaient échapper au monopole des Etats-Unis sur le marché mondial de la fibre. Cette culture du coton a fait l’objet de plusieurs formes de soutien à différents niveaux : recherches agronomiques et technologiques, conseils agricoles et vulgarisation des techniques culturales, formation et organisation des producteurs, subventions aux intrants (les semences sont encore subventionnées jusqu’à nos jours), prix garanti à la production, commercialisation assurée, etc. Aussi, de culture forcée avant l’indépendance, le coton est-il de plus en plus massivement adopté librement, à cause de ses nombreux atouts. On peut retenir que le coton a profondément amélioré les pratiques agricoles, modifié le paysage agraire dans son ensemble, transformé les mentalités et le mode de vie d’un nouveau type d’agriculteur qui se veut désormais à la fois producteur et industriel. En un mot, le coton joue un rôle positif indéniable sur le développement de la région d’étude. Le premier chapitre présente le contexte de l’étude et la méthodologie suivie dans le choix et la réalisation des observations de terrain, fait l’historique et analyse le fonctionnement de la filière coton en Côte d’Ivoire. Dans le deuxième chapitre, après une brève présentation des situations antérieures, on évalue la dynamique des systèmes agraires cotonniers depuis 1960 en considérant principalement les changements induits par les diverses modalités d’adoption de la culture du cotonnier sur les systèmes de production pratiqués. On analyse les modifications survenues en matière d’occupation des terres, d’acquisition et d’utilisation d’équipements et d’intrants agricoles, de trajectoires d’évolution des systèmes de production. On insiste sur les changements notables dans l’affectation du facteur travail qui limite souvent la formation des revenus agricoles. Tout cela aboutit à la différenciation du niveau de richesse des exploitations en fonction du type de système de production pratiqué. Le troisième chapitre de la dissertation est consacré à l’évaluation des conséquences technico-économiques de la culture du cotonnier. On montre qu’elle a contribué à améliorer les techniques de production, la rentabilité financière des exploitations, l’accroissement des échanges marchands, la réduction du niveau de pauvreté en milieu rural, les conditions de vie et le niveau d’éducation des populations. On termine par des conclusions générales, des perspectives et des recommandations. L’accent est mis sur la nécessité de repenser la recherche agronomique et la vulgarisation dans le sens de la durabilité des systèmes à base de coton et,  de trouver des solutions institutionnelles pour une répartition de la valeur ajoutée de façon équitable aux différents acteurs de la filière cotonnière en Côte d’Ivoire.

Dogot, Thomas (2004). Méthodologie pour la mise en place d’un outil d’aide à la définition des politiques de développement rural en Région wallonne (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 235 pages, annexes 97 pages, 21 tableaux, 22 figures et 18 cartes.

Résumé :
L’objectif de cette thèse est d’élaborer une méthodologie originale contribuant à orienter la prise de décision en matière de politique et actions de développement rural en Région wallonne. Elle se fonde sur un double constat. D’une part, la notion de développement rural est une notion qui a fortement évolué au cours des dernières décennies et qui connaît actuellement des innovations conceptuelles qui méritent d’être intégrées dans la réflexion. D’autre part, compte tenu de l’intérêt et des moyens croissants qui lui sont attribués, il est important de disposer, en Région wallonne, d’outils d’aide à la définition des politiques de développement rural. Cette recherche s’inscrit résolument dans une logique opérationnelle à destination des décideurs et acteurs du développement rural. Elle propose un outil idoine, fondé sur une banque de données autorisant la définition de près de 200 indicateurs, et en démontre l’utilité potentielle, tant dans les phases de diagnostic que d’orientation des interventions, à travers des applications concrètes. Les deux premiers chapitres dressent le cadre contextuel dans lequel s’inscrit la problèmatique. Cette analyse permet de cerner les défis méthodologiques à prendre en considération. Parmi ceux-ci, l’amélioration de l’articulation agriculture-ruralité des mesures de développement et la prise en compte d’entités territoriales cohérentes et homogènes sont jugées prioritaires par rapport à l’angle d’analyse envisagé. Le troisième chapitre démontre qu’une approche transversale de la ruralité en Région wallonne peut s’appuyer sur la constitution d’une banque de données quantitatives qui permet des recompositions territoriales diverses. Les quatrième et cinquième chapitres s’attachent à la démonstration du caractère opérationnel de la méthodologie. Celle-ci s’appuie sur la réalisation d’analyses traitant de questions d’actualité telles que la recomposition démographique des territoires ruraux ou les modalités d’intervention différenciée dans le cadre des mesures du Plan wallon de Développement rural.

Tran, Tien Khai (2003). Methodology for analysis of rice production costs evolution : application to Mekong Region (Vietnam) (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 235 pages, annexes 36 pages, 114 tableaux, 47 figures, 2 cadres, 7 diagrammes et 2 boîtes.

Résumé :
Le riz est une production agricole stratégique au Viêt-nam. Il assure la sécurité alimentaire nationale et, depuis la rénovation de l’économie vietnamienne entreprise dans les années 80, son exportation fournit d’importantes recettes en devises. Le riz vietnamien est reconnu comme hautement compétitif sur le marché international. L’objectif global de cette thèse consiste à chercher une méthodologie appropriée pour évaluer le changement dynamique de la compétitivité du riz produit dans la région du Mekong au Viêt-nam au niveau du producteur. L’analyse s’intéresse plus précisément aux stratégies adaptées par les riziculteurs et leurs méthodes de gestion pour maintenir cette position compétitive. Les conditions socio-économiques, les techniques culturales et le coût des facteurs de production sont analysés dans une perspective dynamique et selon une approche systématique. Les données principales ont été rassemblées à travers une enquête semi-permanente réalisée durant la période allant de 1994 à 1999 auprès d’un échantillon de 150 riziculteurs sélectionnés dans différentes zones agro-écologiques représentatives de la région du Mékong. L’étude démontre que les prix de revient du paddy sont restés stables durant cette période bien qu’il y a eu des modifications remarquables dans la structure des coûts de production. Ainsi, cette position compétitive a pu être maintenue grâce à la combinaison d’une intensification utilisant des techniques et des intrants appropriés et d’une maîtrise des coûts de production. Les facteurs clés de cette intensification concernent la stabilisation des rendements, l’amélioration de la qualité des grains et l’application des techniques culturales exigeant moins d’intrants. Néanmoins, il y a eu une différenciation de l’efficacité de la production parmi les exploitations à cause de la disparité aux niveaux techniques et de la propriété des facteurs de la production. Les politiques agricoles vietnamiennes durant la décennie 1990 ont influencé considérablement les changements dynamiques de la production du riz. Les résultats obtenus permettent de conclure qu’une analyse intégrée de l’évolution de la production du riz dans une perspective dynamique et selon une approche systématique pourrait satisfaire les objectifs de recherche. Les interactions entre des facteurs différents comme les conditions socio-économiques, les politiques, les techniques culturales et la gestion de la production de l’exploitation rizicole doivent être analysées. De plus, l’analyse doit reposer sur les données quantitatives à long terme présentées selon les conditions agro-écologiques. Les résultats démontrent une possibilité pour maintenir et améliorer la compétitivité du riz vietnamien. A cette fin, la sélection adéquate des zones de production rizicole, l’application des techniques culturales simplifiées exigeant moins d’intrants, l’amélioration des services de vulgarisation et la transmission des connaissances aux riziculteurs pourraient être des mesures appropriées.

Vu Dinh, Ton (2003). Dynamique des systèmes agraires et transformation des exploitations familiales à l’époque de la transition économique : étude de cas dans trois communes du Nord du Vietnam (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 260 pages, annexes 21 pages, 41 tableaux, 10 figures et 1 schéma.

Résumé :
Cette étude a été menée dans trois communes appartenant aux trois régions écologiques du Nord du Vietnam afin de montrer les changements dans le mode d’exploitation de l’environnement physique des exploitations agricoles familiales à l’époque de la réalisation de réformes institutionnelles orientées vers l’économie de marché à partir des années 1980. A côté des changements sur le plan économique, les contradictions apportées par les réformes institutionnelles ont été analysées sous forme des conflits entre les acteurs économiques en milieu rural en particulier et dans le pays en général. Les contradictions sont exprimées à travers l’accès inégal aux principales ressources (la terre, le capital, le travail, la nouvelle technique,…) pour les exploitants en milieu rural. Toutefois, cette étude a aussi mis en évidence la dynamique extraordinaire de la petite paysannerie dans l’économie de marché, dynamique qui s’est manifestée à travers la capacité d’adaptation et d’innovation indéfinie de celle-ci au nouvel environnement socio-économique. Cette capacité s’est traduite non seulement par l’application des stratégies individuelles de production, mais aussi par la réalisation d’une série d’activités collectives afin d’augmenter la rentabilité dans la production ainsi que de freiner les impacts négatifs du mécanisme de marché. Les deux premiers chapitres se concentrent sur la présentation en bref de certaines questions concernant la thématique et les régions de l’étude : la théorie sur l’exploitation familiale et particulièrement les courants sur le développement en général et le développement rural en particulier depuis le milieu du vingtième siècle. En outre, certaines recherches dans le domaine du développement rural au Vietnam ont été abordées dans cette partie. Les chapitres 3 et 4 présentent les changements dans le mode d’exploitation de l’environnement écologique des exploitations agricoles familiales ainsi que les contradictions, dans une société rurale, entre la logique d’accélération de la productivité et de la production et l’accès inégal aux principales ressources (terre, capital, travail,…). Enfin, les derniers chapitres montrent les stratégies, la pratique de la petite paysannerie appliquées dans les activités économiques et formulent certaines propositions. Les principales stratégies et pratiques paysannes sont la diversification de la production, l’application du système fermé (VAC) pour l’augmentation de la rentabilité économique et la protection de l’environnement, les activités collectives de la petite paysannerie… Certaines propositions se concentrent surtout sur l’application des mesures à travers des institutions étatiques et des associations de masse (crédit, vulgarisation agricole, développement d’un tissu économique, soutien des activités des associations de masse, etc.) afin à la fois de limiter les impacts négatifs du mécanisme de marché, développer les initiatives paysannes et améliorer les conditions de vie de la population en milieu rural dans une perspective de développement rural durable.

Ndimanya, Patrice (2002). La filière café burundaise : situation et stratégie pour une amélioration de sa compétitivité (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 164 pages, annexes 18 pages, 29 tableaux et 27 figures.

Résumé :
La filière café burundaise traverse une crise sans précédent. Alors que la production oscillait entre 30 000 et 35 000 tonnes par an de 1980 à 1990, elle est descendue en 6 fois en dessous des 20 000 tonnes depuis 1995. La présente dissertation doctorale posera un diagnostic approfondi de la filière, identifiera les facteurs internes à la base de cette chute de l’offre et proposera les stratégies à même de promouvoir une filière plus compétitive. La réflexion sera alimentée par la comparaison avec les filières concurrentes principalement celle du Costa Rica. Après une revue bibliographique qui a fourni les bases conceptuelles et méthodologiques de la recherche, la deuxième partie a situé le contexte de l’étude en retraçant l’itinéraire suivi par le marché international du café depuis le début du siècle. Les enjeux et les idéologies à la base des mutations intervenues dans l’organisation des filières nationales ont aussi été précisés. Cette partie a été complétée par un état des lieux sommaire consacré à la filière café burundaise. Les observations pertinentes tirées de cette première analyse sont les suivantes : une tendance structurelle à la baisse des cours entretenue par les grandes caféicultures intensives du Brésil et du Vietnam; une propension à l’interventionnisme de l’Etat proportionnelle au poids du café dans l’économie, un record battu par le Burundi dans la dépendance vis-à-vis du café (77% des recettes en devises) et dans la résistance à la libéralisation, l’importance de saisir les conjonctures haussières pour investir dans la compétitivité. Abordant le diagnostic de la prise en charge des principales fonctions stratégiques (production de cerises, transformation, commercialisation, financement et gestion du risque, coordination) au sein de la filière, la troisième partie du travail a révélé que le caractère administré de la filière constitue à lui seul sa principale contrainte. En effet, la recherche d’un contrôle serré sur une filière aussi stratégique a conduit la puissance publique à mettre en place des administrations rentières, rigides, omnipotentes et peu motivées par la maîtrise des coûts et la valorisation des investissements réalisés dans la perspective d’une différenciation génératrice de prime. Un tel environnement est loin d’offrir les incitations à l’allocation des ressources rares à un produit fragilisé par son incidence négative sur certains équilibres fondamentaux comme le bilan nutritionnel et de fertilité. La conquête d’une position concurrentielle par un petit producteur comme le Burundi (< 1% de la production mondiale) passera par un cadre institutionnel moins prisonnier de la sauvegarde des positions de rente et offrant plus de marge de manoeuvre aux professionnels.

Allali Khalil (2000). Contribution au développement durable des zones de parcours au Maroc. Modèles de contrôle optima de la mise en culture des parcours et du surpâturage (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 257 pages, 40 tableaux et 56 figures.

Résumé :
Au Maroc, la pression sur les zones de parcours s’est aggravée au cours des deux dernières décennies et les systèmes pastoraux se trouvent de plus en plus menacés. Les origines de cette dynamique régressive sont l’extension incontrôlée des cultures au détriment des meilleurs pâturages et la dégradation de la production fourragère à cause du surpâturage. Dans la recherche d’une nouvelle cohérence entre les activités de production agricole et la préservation des zones de parcours, le contrôle et la planification à long terme de l’utilisation de la ressource terre devraient jouer un rôle majeur. La réalisation de ces objectifs nécessite aussi un changement considérable de son mode d’exploitation. La complexité de ce problème impose une modélisation, approche indispensable pour appréhender les interactions dynamiques entre les décisions des usagers et les multiples contraintes techniques, économiques et environnementales. Deux modèles dynamiques de contrôle optimal, basés sur la méthode du principe de maximum, sont construits et testés aux niveaux national et régional. Le modèle de contrôle optimal de la mise en culture des parcours, appliqué à l’échelle nationale et au niveau de la région de Tadla, a permis de reproduire les conditions technico-économiques d’allocation de la ressource terre entre les deux activités (agriculture et élevage pastoral), de déterminer le niveau optimal de la superficie des parcours, et d’en simuler les variations en fonction des différents instruments de la politique économique. Le modèle de contrôle optimal de la charge animale, testé au niveau des deux zones pastorales de l’Oriental et du Moyen Atlas, a permis de définir les conditions optimales d’exploitation des ressources fourragères, principalement la charge animale optimale et l’état d’équilibre du disponible fourrager, et de montrer l’intérêt de la démarche bio-économique pour évaluer les effets de différents paramètres, économiques et climatiques, intervenant dans le processus de gestion. Les résultats dégagés par les deux modèles ont permis de proposer certaines mesures en vue de créer un environnement économique favorable à la conservation des zones de parcours et de promouvoir une gestion rationnelle des ressources fourragères.

Barthelemy, Pierre-Antoine (2000). Analyse de l’emploi agricole dans les régions les plus rurales de l’Union européenne (Thèse de doctorat), Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 322 pages, annexes 52 pages, 80 tableaux, 77 figures et 11 cartes.

Résumé :
L’objectif de cette thèse est d’analyser l’emploi agricole dans les régions les plus rurales de l’Union européenne. Le niveau régional d’étude est celui de la NUTS 2 (province en Belgique, région en France, etc.). Ce travail s’articule en deux parties. La première partie consiste à localiser et à caractériser les régions les plus rurales de l’Union européenne de façon objective. A cette fin, des analyses sont réalisées sur la base de critères objectifs, permettant une perception homogène du concept de ruralité sur l’ensemble du territoire européen. Deux types d’analyse sont retenus. En premier lieu, les analyses statistiques multivariées (analyses en composantes principales et classifications numériques) sont effectuées sur des variables relatives à l’espace et à la population, aux aspects socio-économiques et à l’agriculture. Les résultats de ces analyses permettent de différencier plusieurs groupes de réunions parmi lesquels certains présentent un “profil” rural. En second lieu, des analyses basées sur les modèles gravitationnels sont réalisées. Elles permettent de mettre en évidence des régions faiblement attractives. Les résultats issus des analyses multivariées et des analyses gravitationnelles sont croisés. Ainsi, trente régions peuvent être définies comme les plus rurales de l’Union européenne. Elles couvrent la partie la plus septentrionale de l’Europe ainsi que la majeure partie du bassin méditerranéen. Ces régions correspondent en partie à celles éligibles aux objectifs 1, 5b et 6 des Fonds structurels. Pour les trente régions retenues, l’emploi agricole est analysé d’un point de vue intersectoriel et structurel, en comparant leur situation aux valeurs nationales et communautaires. ces comparaisons permettent de caractériser les spécificités de l’emploi agricole dans les régions les plus rurales : taux d’emploi agricole plus important, faible dimension économique des exploitations agricoles, productivité moindre, cellule de production basée sur une main-d’oeuvre essentiellement familiale, etc. En outre ces analyses mettent en exergue différentes réalités de l’emploi agricole au sein des régions les plus rurales. Certaines régions sont en voie de reconversion et s’engagent le plus souvent dans une tertiairisation de leur économie. D’autres jouissent d’avantages comparatifs en agriculture qui ont un impact positif sur leur emploi agricole. Enfin, dans certaines régions, la fonction sociale de l’agriculture prédomine et l’emploi agricole contribue alors à éviter d’accroître le chômage. Ces constats sont autant d’éléments majeurs à prendre en considération dans le cadre des réformes à venir de la Politique agricole commune (PAC). Ce travail se conclut par une analyse approfondie de la situation de l’emploi agricole dans les régions rurales de l’Espagne.