Diagnostic et essai de typologie des exploitations agricoles de GIKONGORO (au Rwanda). Formulation et analyse socioéconomique des interventions de développement agricole

Projet finalisé

Pays : Rwanda [voir la carte]

Commanditaire :

Durée : [ - 30 juin 2008]

Rubrique : Coopération internationale

Karangwa, Antoine (2008). Thèse de doctorat. Gembloux, Faculté universitaire des Sciences agronomiques

272 pages, 54 tableaux et 30 figures 

Résumé : Considérée par la Vision 2020 du Rwanda comme premier moteur de croissance économique et de réduction de la pauvreté, l'agriculture rwandaise se prépare à rentrer dans une phase de mutations profondes de transformation et de modernisation de ses systèmes de production de subsistance pour s'ouvrir au marché. Pour passer d'une agriculture de subsistance à une agriculture commerciale, beaucoup d'enjeux et de contraintes du secteur agricole, variant et ne se faisant pas sentir avec la même acuité, d'une région à une autre, méritent d'être identifiés et analysés avant de passer à l'action. Pour appréhender le sujet, une étude documentaire détaillée a été réalisée sur la zone et sur le contexte agricole rwandais en général suivie d'une série d'enquêtes sur terrain. Celles-ci reposent sur un échantillonnage raisonné de 4 secteurs (deux de basse altitude et deux de haute altitude) représentatifs de la diversité agro-bioclimatique et socioéconomique de la région dans chacun des deux districts de la zone de GIKONGORO. Tenant compte du nombre d'unités de production présentes dans chaque secteur, les ménages ont été aléatoirement choisis dans les 8 secteurs retenus de manière à atteindre un effectif de 210 unités de production, pour recueillir leurs opinions sur les contraintes rencontrées, leurs stratégies de production et leurs desiderata en lien avec ce que les services agricoles conduisaient. Les problèmes relevés sont nettement complexes et semblent avoir pour facteur-racine la rupture de l'équilibre "ressources naturelles/population", principal risque pour la croissance économique à long terme et la lutte contre la pauvreté. Le premier constat de cette étude est que les mutations démographiques, économiques, sociales ou culturelles qui ont affecté, depuis des décennies la zone de GIKONGORO, n'ont pas pu parallèlement, induire une dynamique organisationnelle qui se traduirait aussi par le développement et le renforcement des capacités des paysans et des organisations interpellées par les nouveaux enjeux du développement rural. Sur le plan agronomique, la principale contrainte sur laquelle convergent toutes les préoccupations des agriculteurs, est celui d'un appauvrissement critique des sols. Celui-ci est principalement dû à une surexploitation des terres liée aux faibles superficies disponibles, aux difficultés d'extension des terres de culture et à l'incapacité des agriculteurs qui, faute de moyens, ne peuvent restituer au sol ce que les cultures exportent. Les pâturages naturels n'étant plus disponibles en plus de la faible production fourragère dans la zone, la taille des troupeaux a sensiblement diminué et la production du fumier est faible. Sur des sols naturellement pauvres, érodés et très acides de GIKONGORO, le facteur limitant de la production agricole est avant tout la quantité de la fumure organique disponible sans laquelle tout investissement dans l'amélioration de la fertilité des terres ne constitue qu'un gaspillage économique. Sur le plan du fonctionnement socioéconomique, les résultats de ce travail révèlent que 39% des exploitations sont très pauvres, procurent des revenus relativement inférieurs au seuil de reproduction et au seuil de survie pour certaines d'entre elles et présentent une tendance générale à la régression. Evaluées à 47%, les exploitations à dominance agriculture procurent des revenus légérement supérieurs au seuil de reproduction et montrent une tendance à la stagnation et se reproduisent à l'identique. Seulement 14% des exploitations de GIKONGORO sont en développement. Soutenues par des ressources extérieures, elles produisent des revenus nettement supérieurs au seuil d'accumulation. Elles ont des capacités d'investissement relativement importantes et présentent une tendance générale à l'élargissement.

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