Contexte

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Un petit acarien responsable de grands changements

L’abeille et l’homme entretiennent une relation millénaire. L’homme a domestiqué l’abeille pour mieux bénéficier de ses multiples produits (miel, pollen, cire, propolis, gelée royale), ainsi que pour l’utiliser comme auxiliaire de pollinisation en agriculture.

Cette relation a déjà vécu de nombreux bouleversements, tout au long de l’histoire de l’apiculture. Les problèmes auxquels font face les apiculteurs d’aujourd’hui sont de plus en plus nombreux. Et pour cause, l’internationalisation de l’apiculture a permis d’échanger des colonies d’abeilles domestiques, mais aussi leurs bactéries, virus, acariens, etc.

Ligne_varroas_sans_fondAu cours des dernières décennies, de grands changements ont eu lieu en apiculture. Le responsable d’une partie de ces changements, c’est un petit acarien, directement importé d’Asie. On le nomme Varroa destructor (Anderson & Trueman, 2000). Arrivée en Belgique en 1984, cette espèce invasive s’est tellement bien adaptée à notre abeille domestique qu’aujourd’hui on la retrouve dans n’importe quelle colonie en Belgique. Ce parasite se développe désormais plus rapidement sur notre abeille (Apis mellifera L.) que sur son hôte d’origine, l’abeille asiatique (Apis cerana Fabricius).

La relation entre un hôte et son parasite repose toujours sur un équilibre précaire. Toute adaptation créant un avantage évolutif chez l’un cause un détriment chez l’autre jusqu’à ce qu’il trouve à son tour une « parade ». Cela explique pourquoi l’abeille asiatique survit sans traitement à ce parasite. Elle arrive à contenir son développement pour qu’il ne soit pas trop dommageable à la colonie. A l’inverse, étant donné que le Varroa n’a  pas co-évolué avec notre abeille domestique, les moyens de défense de celle-ci contre cet acarien ne sont  pas ou peu « exprimés ».

Depuis l’arrivée de ce fléau, des moyens de lutte chimiques ont été développés par l’homme pour éviter d’énormes pertes de colonies. Ces acaricides présentent toutefois de nombreux inconvénients : apparition de résistances, résidus dans les produits alimentaires, effets secondaires sur les colonies, coût pour l’apiculteur, etc. Force est de constater qu’ils constituent plus une « roue de secours » qu’une solution durable au problème.

Les apiculteurs, conscients de cette problématique et des inconvénients que posent les acaricides, sont de plus en plus demandeurs pour des lignées d’abeilles domestiques tolérantes à cet acarien parasite. Il y a là une véritable demande de la part du monde apicole.

Le projet Selapis a vu le jour dans ce contexte. La sélection de telles lignées, dans la diversité préalablement étudiée en Wallonie, est l’objectif final de ce projet. L’utilisation généralisée de celles-ci permettrait d’enrayer les excès de mortalités rencontrés aujourd’hui.