L’année passée, nous annoncions en novembre la mise en place de la toiture verte du Centre de Recherche Terra. Toujours basées sur la mise en avant de structures urbaines analogues accueillantes pour la biodiversité, l’Unité Biodiversité et Paysage progresse et augmente la portée des projets. Deux nouveaux diplômés en 2019 ont eu l’occasion de travailler sur la biodiversité urbaine.

Les Toitures vertes et les murs verts constituent des infrastructures vertes de plus en plus rencontrés en milieu urbain. Tandis que le marché se développe rapidement, peu d’attention est portée sur l’intérêt de ce type de nouveau milieu en ville pour la biodiversité et la pertinence du choix des espèces. Il existe pourtant des milieux naturels dont l’Homme pourrait s’inspirer pour créer des habitats analogues qui s’intègrent parfaitement dans la matrice écologique locale ou régionale, et ces milieux ne sont pas si éloignés de chez nous !

Entre février et août 2018, deux étudiants de second Master en Gestion des Forêt et des Espaces Naturels à l’Unité Biodiversité et Paysage de Gembloux Agro-Bio Tech s’intéressent respectivement aux toitures et aux murs verts. L’objectif principal de leurs travaux de fin d’étude est relativement similaire : étudier la dynamique des espèces et des communautés végétales au cours du temps selon le type de substrat et son statut hydriques sur (1) les murs ou (2) les toitures vertes. Pour l’aspect physique et hydrologique du substrat, l’unité s’est associée à Sarah Garré de l’Axe Eau-Sol-Plante.

 

Tom Baudoux : création de murs végétaux analogues

Le travail de fin d’étude a pour but de comparer l’effet de l’exposition (Nord ou Sud), de la présence d’irrigation (1 litre par jour ou rien) et du type de substrat (substrat grossier ou léger) sur la dynamique de 8 espèces végétales ayant pour habitat naturel les vieux murs ou les falaises : la Fougère scolopendre, la Fausse capillaire, l’Hélianthème commun, le Géranium sanguin, la Ruine de Rome, le Sedum blanc, la Seslerie bleue et la Mélique ciliée.

Pour créer ce mur à végétaliser, l’Unité Biodiversité et Paysage travaille avec deux partenaires : Métal Déployé Belge qui a conçu les plaques d’acier galvanisées et Dethier Architecture. Huit modules de mur végétalisé (2 m X 1 m) et deux contrôles (sans végétation) ont été construits pour chacune des 8 modalités (exposition x irrigation x substrat). Huit individus de chacune des 8 espèces y ont été transplantés en respectant une répartition homogène sur la hauteur du mur.

Sur la végétation, la croissance, la survie et la floraison des individus seront suivis selon les modalités afin d’identifier les conditions optimales pour chacune des espèces et de proposées des lignes directrices de mise en place et de gestion. Sur le substrat et les modules, la densité du sol sera caractérisée ainsi que la teneur en eau le long du gradient d’humidité haut-bas. Cette expérimentation est accessible sur le parking du GP (bâtiment 52, Géopédologie).

 

Julie Reniers : suivi des toitures vertes analogues du Centre de Recherche Terra

Les parcelles de toiture verte extensive sur la terrasse du Centre de recherche Terra représentent une opportunité à saisir pour aborder les différentes questions sur le modèle urbain de demain. Le travail de fin d’étude a pour objectif l’effet de la profondeur de substrat et de l’exposition sur la direction que prendra une communauté végétale méso-xérophile issue d’un semis. Ce sont des communautés évoluant dans des milieux ouverts de type prairie-pelouse.

Le mélange contient 22 espèces (4 graminées et 18 dicotylédones) aux formes de vie bien distinctes dont l’Amourette, la Centaurée scabieuse, la carotte sauvage, la marguerite commune, le lotier corniculé, le coquelicot ou la primevère officinale. Ce mélange a été semé en octobre 2017 (Article GxABT : http://www.gembloux.ulg.ac.be/blog/le-centre-de-recherche-terra-et-linnovation-pour-la-biodiversite/).

Le travail de mesure a commencé ce printemps avec le comptage du nombre de levée dans des carrés de 50 x 50 cm au sein du dispositif et sera suivi de l’évaluation de la dynamique avec des relevés phytosociologiques dès juin. Les paramètres environnementaux seront également mesurés comme la température, la luminosité et l’humidité du substrat afin de mieux identifier les causes de l’apparition de communautés végétales distinctes.

En parallèle, un dispositif de taille plus réduite mais aux objectifs similaires avait été mis en place en début 2017 dans le cadre d’un autre mémoire. Même si les deux expérimentations ne peuvent pas être directement comparées, elles forment un ensemble cohérent dans l’étude de la dynamique des communautés végétales sur différentes profondeur de substrat. Ce dernier test nous permet d’avoir un recul d’une année sur la reprise, la germination et la recolonisation spontanées sur ce type de milieu.