Une rencontre avec des spécialistes et des acteurs du domaine de l’alimentation

29 janvier 2013


Matinée :

Conférence du Professeur P. Lepoivre « Nourrir l’humanité en intensifiant l’écologie »

Nourrir l’humanité ? Un défi bien complexe face au milliard de personnes qui ne peuvent manger à leur faim et aux 3 milliards d’humains supplémentaires qu’il faudra nourrir en 2050. Nourrir cette population est LE grand défi du XXIème siècle. L’équation du problème que nous présente le conférencier réunit différents paramètres qui sont les surfaces cultivables, les changements climatiques, les percées de la biologie parmi lesquelles les OGM sont régulièrement mis en exergue, les habitudes alimentaires, … mais aussi le commerce international, les relations entre agriculture, agroalimentaire et distribution.

Interrogeons-nous sur le réalisme de penser l’alimentation d’une population de 9 milliards selon les normes occidentales actuelles de consommation et de production. Des disparités de production et la régulation actuelle des échanges internationaux contribuent aussi à creuser les besoins. Des contraintes nouvelles s’invitent aussi dans le débat car la production agricole devra satisfaire de nouveaux besoins (comme l’énergie renouvelable) et rencontrer de nouvelles contraintes (principalement environnementales).

Il nous faudra produire plus avec beaucoup moins grâce à une meilleure compréhension des processus biologiques. Le XXIème siècle sera probablement le siècle du vivant en s’attachant à replacer les systèmes productifs au sein des écosystèmes (« la révolution doublement verte »). De nouveaux besoins qui exigeront des arbitrages nouveaux.

Indépendamment du problème de la démographie, le végétal devient progressivement une source incontournable de matières premières et d’énergie qui vont concurrencer sa vocation alimentaire traditionnelle. Que faudra-t-il prioritairement remplir : notre assiette ou notre réservoir ? Comment vont se jouer les arbitrages ? Les deux s’excluent partiellement puisque cela impliquerait d’augmenter significativement les terres cultivées.

Par ailleurs, le caractère énergivore de l’agriculture moderne montre dès à présent les limites de quelques orientations qui sont proposées aujourd’hui. L’agriculture devra être réinventée et connaître des mutations très importantes au XXIème siècle sans lesquelles l’humanité aura à connaître de nouvelles famines, des migrations massives et probablement des guerres.

Le XXIème siècle redonnera donc aux agriculteurs une place essentielle d’acteurs en prise avec les défis du monde moderne.




 

Après-midi : 3 ateliers différents :

  • Jeu de la ficelle

Au cours des dernières années, l’alimentation s’est affirmée comme l’un des thèmes les plus porteur d’inquiétudes et d’enjeux collectifs, mais aussi des plus révélateurs des excès de notre modèle de développement.

Le jeu de la ficelle consiste à énoncer les liens, les impacts et implications de nos choix de consommation, à les représenter par une ficelle reliant les différents acteurs en interrelation. Au cours de l’animation, les différents éléments de l’assiette vont progressivement être mis en lien avec divers thématiques (qualité de l’eau, déforestation, malbouffe, la faim, la publicité,…) à l’aide d’une ficelle, pour former au final une immense toile d’araignée qui relie tous les participants entre eux.

Cette animation permet de prendre conscience des impacts de notre modèle alimentaire sur l’environnement, la sphère socio-économique et la santé. Il permet également de faire des liens entre les enjeux au Nord et au Sud, entre la consommation et ses impacts écologiques ou sociaux.

  • Enquête : sortir la filière lait de la crise (au Nord comme au Sud)

Cette animation traite de la problématique laitière d’un point de vue global. Depuis quelques années, le secteur du lait est en crise en Europe. De nombreux producteurs belges sont touchés et certaines de leurs actions de protestation, telles que le déversement de lait dans les champs, ont marqué les esprits tant en Belgique que dans les pays du Sud. Parallèlement, en Afrique, la filière lait éprouve de nombreuses difficultés : certaines sont particulières au contexte local (climat, manque d’infrastructure et de financement, …), d’autres sont liées à certaines décisions prises au Nord (lait en poudre importé, …) et enfin certaines sont communes aux producteurs belges (spéculation, prix du lait, règles de l’OMC, …).

A travers un exemple précis, « la filière lait en crise en Europe et au Sud », nous vous proposons d’aborder la ques­tion de la souveraineté alimentaire comme une alternative parmi d’autre au modèle de développement, de production et de consommation actuel.

A vous de mener l’enquête et de relever le défi !

  • Speed-dating

Non, nous n’allons pas vous proposer de trouver l’amour… Sous forme d’un « speed-dating », cette animation vous propose une rencontre intime avec 6 spécialistes de la question de l’alimentation mondiale. D’abord intrigants, ensuite provocateurs, chacun de nos experts présents est porteur d’initiatives concrètes dans son domaine de prédilection ; entomophagie, impacts climatiques, consommation/commercialisation, industrie agro-alimentaire, agriculture urbaine, …

En petit groupe, ils seront là pour répondre à vos questions et vous proposez des pistes d’action, mais à vous de les titiller !

Avec l’aide de fiche et/ou d’images que vous choisirez, vous serez maitre de la conversation. A chaque coup du « Gong », vous aurez 3 minutes pour choisir une nouvelle fiche et interroger un nouvel expert…