Nourrir la planète : Un défi majeur que seul l’Homme peut résoudre


 Article de Jean Eudes MESLAND-ALTHOFFER

Du Lycée Jean Monnet Bruxelles (2nde6)
Premier prix du concours de dissertation VivaSciences 2012 « Quel est mon rôle dans l’alimentation de demain ? »


Comment arriverons-nous à nourrir une population qui ne fait que s’accroître, et pourrons-nous un jour vaincre la faim ?

Voilà la problématique d’envergure planétaire que l’Homme va devoir résoudre alors que nous serons près de 9 milliards à l’horizon 2050. Cette problématique essentielle est aujourd’hui sûrement l’une des plus complexes pour le futur de l’humanité. C’est pourquoi il faut s’investir dès aujourd’hui à la recherche de solutions, qui permettront à notre Terre de nourrir l’entièreté de sa population. La question est en réalité plus compliquée qu’il n’y paraît. En effet, elle ne repose pas uniquement sur une plus forte production alimentaire. Il faut aussi réussir à résoudre d’autres problèmes tels que le gaspillage ou la spéculation et même changer nos habitudes alimentaires, si l’on veut que chacun puisse manger à sa faim en 2050. Il est aussi essentiel de protéger l’environnement, de manière à ne pas aggraver la situation de notre planète.

Aujourd’hui, nous cultivons seulement 1500 Millions d’hectares de sols sur l’ensemble de la Terre. Il reste 1800Mha de sols non exploités qui pourraient être cultivés, mais ces sols sont en réalité des forêts (les « poumons de la terre ») dont on peut difficilement se passer, et des déserts exploitables, mais à quel prix ? De plus, l’urbanisation réduit aussi petit à petit les terres cultivables. Une question se pose alors :

Comment augmenter notre production, sans augmenter les espaces cultivables ?

Les OGM représentent une alternative pour nourrir une très grande population. En effet, pour l’instant les avantages sont nombreux, tels que la résistance aux insectes et à la chaleur, ou encore une très forte production à l’hectare, mais on ne connait pas à long terme les conséquences de ces transformations génétiques, et ces plantes nécessitent beaucoup d’eau, d’engrais et d’herbicides qui abiment le sol. De plus, les paysans sont obligés de racheter des semences aux sociétés agro-chimiques ainsi que de plus en plus d’engrais pour faire pousser les OGM, ils s’endettent donc petit à petit, et il est difficile de retourner ensuite à une agriculture plus traditionnelle. Il arrive même que des paysans se suicident en ingurgitant des pesticides ; Un geste très symbolique qui montre le gouffre dans lequel se retrouvent certains agriculteurs, et leur impossibilité d’y échapper.

Limiter l’utilisation d’intrants d’origine chimique est inévitable car ils polluent fortement la terre ainsi que les nappes phréatiques et obligent une dépendance vis-à-vis des sociétés agro-alimentaires. De plus, les engrais azotés sont formés à l’aide de pétrole (de plus en plus rare), ces engrais sont donc peu fiables. Les pesticides, quant à eux ont des effets dévastateurs sur la biodiversité et la santé, et on ne peut plus se permettre de polluer autant, il faut donc trouver de nouvelles alternatives aux intrants industriels. On favorise alors des intrants naturels, tels que le fumier, constitué les déjections animales, pour fertiliser les sols, ou encore du composte (épluchures, feuilles mortes..). Il est même possible de créer des engrais et des pesticides verts ! Les plantes telle que la luzerne peuvent être utilisées car elles permettent d’enrichir le sol en azote et donc de le fertiliser de manière naturelle. Une plus forte utilisation de légumineuses permettrait aussi de capter une quantité du dioxyde de carbone, ce qui diminuerait légèrement la pollution et enrichirait les sols.

Favoriser l’agriculture biologique n’est pas forcément synonyme d’une faible production, bien au contraire. En effet, l’utilisation « d’engrais verts » est tout aussi efficace que les engrais industriels, et permet en plus de garder un sol meuble et de très bonne qualité. On utilise pour cela la jachère (repos de la terre), mais aussi la rotation des cultures, et il est même fréquent de planter pendant un certain temps des végétaux qui serviront d’engrais verts à la terre. Le coût plus élevé pour le consommateur représente un inconvénient à cette agriculture, mais les nombreux labels bio représentent une information incontestable de la qualité du produit. Des subventions de l’État peuvent elles aussi contribuer à l’essor de l’agriculture biologique. L’agriculture raisonnée est aussi une agriculture d’avenir, qui garantit la qualité du produit, tout en produisant des quantités suffisantes pour nourrir la planète, diminuant les inégalités sociales ainsi qu’utilisant un minimum d’intrants de manière à éviter de trop polluer.

Comment limiter le gaspillage ?

Le gaspillage est omniprésent aujourd’hui, il faut donc mettre en place certaines mesures qui permettront de limiter un gaspillage trop excessif.

Quotidiennement, 1400kCalories/jour/personne sur 4600 produites sont perdues et gaspillées pour différentes raisons. Tout d’abord, la perte lors des transports est considérable (600 kC/jour/pers.). Il est donc nécessaire de consommer plus localement et d’améliorer les conditions de stockages pour limiter ces pertes. Le reste des calories gaspillées (soit 800kc) est perdu dans un gaspillage quotidien, il faut donc mieux gérer les stocks et revoir les emballages qui permettraient une plus longue vie du produit. Les ressources en eau s’épuisent elles aussi petit à petit à cause d’une mauvaise utilisation par l’homme. L’utilisation d’une irrigation au goutte à goutte, permettrait d’économiser jusqu’à 70% d’eau (il faut donc éviter l’irrigation par aspersion). Il est donc primordial de limiter notre gaspillage, pour éviter l’épuisement de nos ressources.

Changer ses habitudes alimentaires, et pourquoi pas ?

L’alimentation carnée représente aujourd’hui un véritable problème pour l’agriculture de demain et il est impératif de réduire notre consommation de viande. En effet, 26% des terres cultivées sont utilisées pour la production alimentaire du bétail, et l’élevage représente 18% des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que le transport ! Nous constatons aussi que pour produire une même quantité de protéines, il faut 3 à 15 fois plus de place pour produire des protéines animales que des protéines végétales, et que l’élevage assèche les sols, car les animaux piétinent la terre. Il est donc primordial de réduire notre consommation de viande, de manière à augmenter les surfaces que nous pourrions cultiver, et limiter la pollution. Laisser plus de place aux végétaux dans notre alimentation, en favorisant les céréales ainsi que les légumineuses, qui apportent de nombreuses substances protectrices comme les protéines, les fibres, les minéraux, ainsi que des vitamines est aussi une manière de réduire les cancers, le diabète et les maladies cardio-vasculaires causées par la viande rouge.

Manger localement est aussi essentiel, voila pourquoi il faut favoriser l’économie directe, du consommateur au producteur. L’AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) est un modèle d’économie directe : Un groupe de consommateurs finance les besoins agricoles du producteur, en gage d’une diversité de produits de qualités et ils peuvent ensuite consommer gratuitement les produits.

L’entomophagie représente une nouvelle alternative majeure à l’alimentation d’aujourd’hui. Manger des insectes, et pourquoi pas ? Cette nouvelle alimentation peu répandue en Europe est avantageuse pour de nombreuses raisons. En effet, il n’y a pas de transmissions de maladies, car les insectes sont distants des Hommes, la conversion de nourriture est meilleure chez les insectes (pour 10kg de nourriture, on a 9kg d insectes, tandis qu’on a 1kg de bœuf !), ils produisent moins de déchets et polluent moins (gaz a effet de serre). Ils ont une excellente valeur nutritionnelle (jusqu’à deux fois supérieure au porc), les insectes sont aussi beaucoup plus fertiles (jusqu’à 2500 œufs) et leur croissance est plus rapide. L’entomophagie est donc une solution qui ne connaît que des avantages pour le moment, avec comme seul bémol, le risque d’allergies.

Un avenir pour les agro-carburants ?

Les agro-carburants de première génération ont peu d’avenir si on veut pouvoir nourrir l’entièreté de la planète dans un futur proche, car ils sont produits avec des aliments consommables par l’homme. Néanmoins, les agro-carburants dits de « seconde génération » ont un avenir : ils sont en effet fabriqués à l’aide de choses que nous ne consommons pas (tiges de mais, copeaux de bois, huile d’algues microscopiques…).

Nourrir 9 milliards d’hommes en 2050 nécessite un investissement total de la population, ainsi que la participation d’un grand nombre de métiers, de manière à trouver les meilleures solutions possibles pour relever le défi et vaincre la faim. Une agriculture raisonnée doit se mettre en place et le gaspillage doit être minimisé. Un changement des habitudes alimentaires semble aussi inévitable, mais sommes nous réellement prêts à manger des insectes ?




 

Quel est mon rôle dans l’alimentation de demain?

Article de Marine BAYOT, Aline DETIMMERMAN et Marie LECOMTE

De l’Institut Notre Dame de Thuin
Second prix du concours de dissertation VivaSciences 2012 « Quel est mon rôle dans l’alimentation de demain ? »


 

La population mondiale est de plus en plus croissante, les denrées alimentaires de moins en moins disponibles. Suite à cela, nous nous sommes posés la question :  » Que pouvons-nous faire, nous, en tant que simple citoyen, pour y remédier?  » Après une recherche approfondie, nous avons découvert comment nous étions arrivé à une telle situation et trouvé quelques solutions applicables dans la vie quotidienne.

L’alimentation de la population a toujours été un sujet délicat à traiter. Jusqu’au XIXe siècle, l’homme se contentait des produits locaux pour vivre. Durant les colonisations, l’homme a découvert l’import- export : fini de consommer local, place à la dépendance et la variété des menus! Mais rien n’est éternel… Des mesures ont été prises il y a quelques années: le leitmotiv des agronomes était « Produire plus avec plus « . Aujourd’hui, un nouveau problème fait surface : les limites d’eau, de terres cultivables, de ressources sont atteintes voir dépassées! Les agronomes futurs doivent changer de méthode : « Produire plus avec moins ». Pour cela, il faut sensibiliser la population pour sauver la Terre et être capable de nourrir 9 milliards d’habitants en 2050.

Tout d’abord, changer notre consommation alimentaire. Manger moins de viande serait déjà un grand pas pour notre planète et pour notre santé. En effet, en diminuant notre consommation carnée, on libère des surfaces cultivables puisque moins de céréales et d’eau sont nécessaires à l’alimentation des animaux. Un végétarien ingurgite 200kg de céréales par an tandis qu’un carnivore s’alimente de 800kg de céréales par an dont les céréales virtuelles qui ont servis à sustenter l’animal. « Une baisse de 50 % de la consommation de viande en Occident d’ici 2020 permettrait de diminuer de 3,6 millions le nombre d’enfants souffrant de malnutrition dans les pays en développement » selon l’Institut de recherche international sur la politique alimentaire. De plus, élever du bétail pour la consommation des citoyens contribue au réchauffement climatique via : la conversion des forêts en terres agraires, la consommation de carburant par les machines agricoles, la fabrication et le transport de fertilisants, la production de gaz à effet de serre par les animaux, etc. Au niveau médical, on diminue les risques de maladies cardio-vasculaires, d’obésité et de diabète. Bien évidemment, il ne faut pas pour autant arrêter toute consommation carnée.

Les insectes, une solution ? Selon le Pr François Malaisse des Facultés universitaires de Gembloux, spécialiste de l’entomophagie (l’alimentation à base d’insectes), le fait de se nourrir d’insectes est une pratique répandue dans tout le monde! En effet, nous, les occidentaux, mangeons déjà des insectes malgré nous (sous forme de résidus dans les céréales, les légumes, de divers colorants,…). Une étude hollandaise a montré que nous mangions environ 500g d’insectes par an. En 2050, nous ferons face à un réel challenge : nourrir 9 milliards d’habitants en gérant le déclin de la superficie des terres agricoles. Pour éviter la famine, nous pourrions consommer des insectes. En effet, les insectes présentent proportionnellement plus de protéines et de lipides que le poisson et certaines viandes comme le bœuf. De plus, certaines recherches montrent que 100g d’insectes couvrent plus de 100% des apports journaliers recommandés en minéraux et en vitamines. Les insectes paraissent être une source illimitée de protéines avec plus de 1400 variétés comestibles. Ceux-ci se multiplient vite et en importante quantité, ils ont besoin de peu d’eau et s’alimentent d’herbe. Cette nouvelle alternative ne porte aucun inconvénient à notre écosystème et peut aussi remplacer la charcuterie.

Ensuite, l’eau, un bien rare, est nécessaire pour cultiver et pour nous abreuver. Il faut savoir gérer cet or bleu, et donc mieux contrôler son utilisation pour éviter au maximum le gaspillage : l’installation d’une citerne permettrait de se laver, d’arroser, de nourrir les animaux ; privilégier les douches aux bains; fermer les robinets quand ils sont hors d’utilisation ;… Ces pratiques, à la portée de chacun d’entre nous, peuvent apporter un grand nombre d’ aspects positifs pour ne pas augmenter la famine, la sècheresse et l’instabilité politique dans le monde.

Quand on parle de gaspillage de nourriture, on ne s’attend pas à des chiffres aussi élevés que « 1 milliard de tonnes d’aliments jetés par an » !! On peut pourtant facilement diminuer cette quantité à l’aide de diverses astuces : récupérer les restes non périmés pour en faire un autre repas au moins une fois par semaine ( soupe avec les légumes plus anciens, « améliorer les restes »,..), acheter plus souvent en petite quantité ou mettre au surgélateur les gros achats en les divisant en petites portions, mettre en avant les produits avec un période s’écoulant jusqu’à la date de péremption plus courte et pas les laisser au fond du réfrigérateur,…

En conclusion, ce sont les petits gestes du quotidien comme la modification de nos habitudes de consommateurs qui peuvent sauver l’avenir des ressources que nous offre la Terre.

Bibliographie :

Rodolphe MASUY , »Un ver de tequila, ça vous va? », Télépro, p.18-19, 23/02/2012.

http://www.one-voice.fr/alimentation-et-vetements-sans-barbarie/un-premier-geste-d-urgence-planetaire-diminuer-sa-consommation-de-viande/, page consultée le 22 mars 2012.

http://www.ecoconso.be/Si-on-mangeait-moins-de-viande , page consultée le 22mars 2012.