Le ravalement, le rapprochement, les tailles drastiques ne sont pas de bonnes pratiques pour la gestion des arbres, en ville ou le long des routes. Propriétaires privés et publics y ont parfois recours par méconnaissance, par facilité ou par volonté d'économie. Or, en plus d'être défavorable à l'arbre, voire menaçante pour sa survie, cette technique est inefficace à moyen terme et n'est pas la moins chère si on veut bien se donner la peine de comparer.

Commençons par ce qu'il ne faut pas faire, et que l'on voit trop souvent....



Les peupliers entourant cette ancienne plaine de jeux ont fait l'objet d'un profond rapprochement, sans doute parce que leur grande taille semblait dangereuse pour le propriétaire (photo de droite). Bien que l'on considère généralement que cette essence forme facilement des rejets, tous les experts s'accordent à penser que ce traitement est nuisible à l'arbre. En effet, les photos illustrent bien l'importance de la perte en feuilles que va subir l'arbre. Au printemps suivant, il y aura un grand déséquilibre entre la masse de racines fines dans le sol et la surface foliaire sensée les alimenter en produits de photosynthèse. On ne le voit donc jamais, mais la perte des branches et feuilles est toujours accompagnée par une perte en racines. Tout cela induit un affaiblissement de l'arbre qui n'est compensé aux mieux qu'après plusieurs saisons.



Autre conséquence de ces tailles: les plaies, toujours de grande dimension. Les photos ci-dessus illustrent les suites de rapprochements sur tilleul après 10 ans. De nombreux rejets sont visibles, mais la coupe de droite montre bien que la pourriture s'est installée dans les parties les plus anciennes. Les rejets sont donc ancrés sur un mince bourrelet de bois entourant la pourriture. Si vous avez peur qu'une branche casse par grand vent, la remplacer par de tels rejets n'est certainement pas la solution la plus sécurisante! Enfin, si vous pensez tailler drastiquement un arbre parce qu'il cache trop la lumière du soleil, sachez qu'en quelques années, les rejets multiples illustrés ci-dessus à gauche vont recréer l'ombrage. Votre objectif ne sera donc pas atteint.

Que faire alors?????? Anticiper!

Les arbres peuvent être taillés, bien sûr, mais de manière raisonnée et cohérente. On définit d'ailleurs différents modes de conduite des arbres:
Une fois une méthode de conduite définie pour que l'arbre s'intègre à son milieu, il faut surtout ne pas en changer. Il peut être aussi dangereux de laisser un arbre architecturé sans soins de taille durant 20 ans que de ravaler un arbre adulte qui a été laissé en port libre jusqu'alors.

Si un grand arbre vous semble menaçant, il existe des méthodes pour vérifier qu'il est stable, solide et estimer quels sont les risques réels de chute ou de bris de branches. Plus d'infos.

Les tailles drastiques ne sont pas plus sécurisantes et ne permettent pas de rajeunir un arbre. En plus du point de vue du gestionnaire public, il est faux de croire que ces tailles sont moins coûteuses! Effectivement, cela peut sembler plus spectaculaire et plus rapide qu'une taille raisonnée, mais à terme, c'est plus cher. Deux études ont été menées sur le sujet, au niveau de la Drève de la rue Chèvequeue, à Walhain-Saint-Paul: en 2002 et 2008.

D'une part, les ravalements et rapprochements font perdre de la valeur au patrimoine arboré public. Cette valeur, en Région Wallonne, est calculée sur base d'une circulaire qui tient compte de l'essence, de l'état sanitaire, des conditions de plantation et de l'intégration de l'arbre dans le patrimoine architectural et paysager. Elle prévoit que la perte de houppier, de racines ou d'écorce puissent être indémnisée. Cela peut avoir un effet dissuasif contre les tronçonneuses trop pressées de créer un fait accompli!

D'autre part, revenir drastiquement dans un arbre tous les 20 ans coûte plus cher que de le tailler correctement tous les 15 ans.













A voir également:

Le site des Arbres et Haies remarquables de la Région Wallonne (lien)


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