[Page d'accueil Géopédologie]

 

Le bassin hydrologique de la MOLIGNEE (synclinorium de DINANT, BELGIQUE) : le point et prospectives

Jean-Paul BIRON , Pierre-Yves BOLLY , Jean Marie MARCOEN et Patrice ORBAN

Introduction

Caractéristiques des aquifères

Généralités

Approche qualitative

Comparaison des aquifères

Caractérisation complémentaire des aquifères calcaires

Approche quantitative

Aquifères des synclinaux calcaires

Synclinal de Furnaux-Denée

Synclinal de Biesmerée (vallée de la Molignée)

Synclinal de Stave-Falaën

Synclinal de Weillen

Synclinal de Florennes-Anthée (vallée du Flavion)

Aquifères des anticlinaux

Aquifères sableux

Synthèses et perspectives

Ouvrages de référence

Introduction

Situé dans le Synclinorium de Dinant, le bassin hydrogéologique de la MOLIGNEE est constitué d'une alternance de six plis anticlinaux gréseux du Dévonien (Etage Famennien) et de cinq plis synclinaux constitués de calcaires du Carbonifère (Tournaisien, Viséen) avec localement des coeurs composés de schistes du Houiller.

Les caractéristiques des matériaux et la structure du sous-sol déterminent la localisation des aquifères, essentiellement situés dans les formations fissurées du Paléozoïque :

De façon sporadique, certaines parties du socle calcaire, siège de dissolutions karstiques, abritent des poches de dépôts tertiaires, essentiellement sableux, qui forment des aquifères d'extension limitée.

Etant donné la dureté liée à leur nature gréseuse, les anticlinaux famenniens forment des crêtes topographiques appelées tiges. L'écoulement souterrain général converge de ces anticlinaux vers les synclinaux calcaires. A la rencontre du Famennien supérieur et du Tournaisien inférieur, constitués de schistes imperméables, il donne lieu à l'apparition de sources et de ruisseaux.

Les synclinaux calcaires sont marqués par des dépressions topographiques, les chavées. Ils collectent les eaux percolant dans leurs flancs redressés ainsi que les éventuelles pertes d'une partie de l'eau des ruisseaux qui y circulent. Il en résulte des réservoirs oblongs formant des domaines aquifères de dimensions variables mais aux potentialités certaines.

La perméabilité y est assez variable, fonction de la fracturation des roches carbonatées qui présentent un réseau plus ou moins serré de fissures pouvant atteindre de grandes dimensions, surtout dans le Viséen suite aux phénomènes de karstification. Le milieu présente alors une perméabilité dite "en grand". La vitesse de circulation de l'eau augmente et, avec elle, la vulnérabilité des ressources en eau.

Le tableau 1 reprend la classification hydrogéologique des réservoirs selon CASTANY (1982).

 

Echelles de référence Types de vides Types de milieux
Microscopique
(ordre du 1/100 à 1 mm)
pores intercristaux
intergrains
poreux CONTINU
microfissures diaclasses
joints
schistosité
fissuré
Macroscopique
(ordre supérieur à
quelques mm)
macrofissures macrofissures DISCONTINU
chenaux
cavités
karst

 

Les réservoirs des synclinaux calcaires sont isolés ou, par le jeu des ennoyages longitudinaux et des réseaux karstiques, sont interconnectés et donnent naissance à des systèmes hydrologiques plus vastes, complexes et difficiles à délimiter.

Tableau 2 : Identification des ouvrages de prise d'eau souterraine et des volumes prélevés en 1995 (suivant déclaration).

NB: Un volume prélevé = 0 peut correspondre à une absence de déclaration de prise d'eau, à un ouvrage qui n'est pas en activité ou encore à un rapport des volumes prélevés sur un autre ouvrage du même site de prise d'eau.

Dans le cas de la Molignée, ces connexions souterraines font que le bassin hydrogéologique, c'est-à-dire le domaine des eaux souterraines, est sensiblement différent du bassin hydrographique qui lui est circonscrit par les lignes de crête topographiques. Des intercommunications existent entre les formations hydro-(géo)logiques voisines et sont d'ailleurs mises en évidence par les calculs des bilans d'eau ou balances comptables des entrées et des sorties, correspondant à une durée moyenne précise, pour des systèmes hydrologiques délimités sous forme de sous-bassins.

Les nombreuses sources issues des grès famenniens alimentent les réseaux hydrographiques qui coupent les bandes calcaires soit transversalement soit longitudinalement. Les alignements des sources reflètent les contacts entre grès et schistes.

Les réseaux transversaux contribuent au drainage des anticlinaux et aux échanges entre synclinaux.

Les réseaux longitudinaux drainent ou réalimentent le synclinal dans lequel ils s'écoulent.

Du point de vue chimique, les eaux des aquifères calcaires sont dures et légèrement sulfatées avec un pH légèrement supérieur à la neutralité tandis que celles provenant des grès sont plus agressives. L'écoulement de ces dernières vers les synclinaux calcaires contribuent au développement des phénomènes karstiques . Bien qu'ils y soient moins développés que dans d'autres bassins, les phénomènes karstiques affectent en effet les calcaires carbonifères du bassin de la Molignée. Une centaine de sites affectés par ces phénomènes : chantoir, doline, dépression, perte, résurgence, grotte, trou, fontaine, ont notamment été répertoriés dans l'Atlas du Karst wallon, dans lequel chaque site fait l'objet d'une fiche descriptive .

Les prises d'eau souterraine sont principalement implantées dans les synclinaux calcaires et sont destinées à la distribution publique.

FIGURE 1 : Carte de synthèse de la géologie du bassin de la Molignée avec les prises d'eau.

La carte de la figure 1 reprend une synthèse géologique du bassin hydrographique de la Molignée et situe les prises d'eau souterraine déclarées en date du 30 juin 1997 auprès de la Direction générale des Ressources naturelles et de l'Environnement (DGRNE) de la Région wallonne. Les principaux éléments d'identification des prises d'eau mentionnés sur la carte, notamment la dénomination et la nature de l'ouvrage ainsi que l'identité de l'exploitant, sont donnés dans le tableau 2. Il faut toutefois remarquer que, après la date butoir du 30 juin 1997 considérée pour l'élaboration de la carte et du tableau de synthèse relatifs aux prises d'eau souterraine, les demandes d'autorisation de prise d'eau souterraine ont afflué auprès du Ministère de la Région wallonne. Ainsi plus de 150 dossiers se répartissant sur les quatre communes concernées par le bassin hydrogéologique de la Molignée, sont actuellement en cours de traitement et n'ont pu être intégrés dans la présente étude. Ces demandes émanent essentiellement des particuliers et les volumes prélevés par ces ouvrages ne doivent vraisemblablement pas être importants en regard des totaux mentionnés dans le tableau 2 (ordre de grandeur de la centaine voire du millier de m³ annuellement par ouvrage).

Les développements limités qui suivent sont basés sur les informations à caractère hydrogéologique actuellement disponibles pour le bassin de la Molignée.

[Haut de la page]

Caractéristiques des aquifères

Généralités

La figure 2 montre une succession de structures anticlinales et synclinales typique du synclinorium de Dinant. En particulier, dans le bassin de la Molignée, certaines structures synclinales, comme celle de Florennes - Anthée ont été modelées tectoniquement.

FIGURE 2 : Succession de structures anticlinales et synclinales typique du synclinorium de Dinant
Coupe à travers le synclinal de Florennes-Anhée et l'anticlinal de Serville
Schéma de différents types de captage

Légende

 

En fonction du terrain, on utilise différents types de prises d'eau qui constituent des points privilégiés pour la caractérisation des aquifères :

[Haut de la page]

Approche qualitative

Une première caractérisation hydrogéochimique des aquifères calcaires (Carbonifère) et gréseux (Dévonien) du bassin de la Molignée peut être déduite de l'étude des analyses chimiques de l'eau disponibles pour 15 prises d'eau.

Il faut noter que :

Suivent une comparaison, sur base des quelques paramètres, des différents aquifères puis une caractérisation complémentaire des eaux des calcaires.

[Haut de la page]

Comparaison des aquifères

La comparaison des deux types d'aquifères prend en considération les 12 prises d'eau suivantes (n° de la prise d'eau mentionné au tableau 2) :

La comparaison des résultats pour les seuls paramètres analysés ne révèle pas de grande différence entre les deux types d'aquifères.

Les tendances suivantes peuvent toutefois être dégagées, comme le montre les graphiques de la figure 3 :

FIGURE 3 : Comparaison graphique du pH, de la dureté totale et de la conductivité pour 12 prises d'eau
relevant d'aquifères calcaires ou gréseux

pH Dureté totale (°F) Conductivité µS/cm)

NB : Les mesures dans les aquifères gréseux sont représentées par un point; celles dans les aquifères calcaires par un rectangle

 

Les autres paramètres ne montrent pas de variations significatives selon le type de nappe (i.e. selon le type d'aquifère). Les analyses des ions majeurs s'avéreraient, au minimum, nécessaires pour comparer plus complètement ces deux types d'aquifères.

Enfin, il n'apparaît pas de différenciation hydrogéochimique nette selon la localisation de ces divers synclinaux calcaires et anticlinaux gréseux.

[Haut de la page]

Caractérisation complémentaire des aquifères calcaires

Les données de la prise d'eau n°43 (1995) du synclinal de Stave et des prises d'eau n°45 (1996) et 48 (1997) du synclinal de Biesmerée ont été reportées sur un diagramme de Schoëller (figure 4).

FIGURE 4 : Diagramme de Schoëller pour les prises d'eau n° 43, 45 et 48

Ce diagramme montre la similitude des eaux : leurs trois "profils" sont sensiblement identiques bien qu'elles aient été prélevées dans deux synclinaux distincts et à des périodes différentes.

Il illustre la dominance attendue du calcium (Ca) et du Magnésium (Mg).

La concentration en bicarbonate, non représentée car non analysée, est également élevée, les eaux de ces synclinaux calcaires se classent donc en eaux bicarbonatées calciques.

A titre indicatif, les mesures effectuées en 1997 dans les eaux de la prise d'eau souterraine n°48 figurent au tableau 3.

PARAMETRES VALEURS
pH 7,53
Conductivité 507µS/cm
Turbidité 1,01 NTU
Dureté totale 31,8 °F
Résidus secs 380 mg/l
DCO 0,22 mg/l O2
TCO 0,5 mg/l C
Oxygène dissous 6,1 mg/l
Silice 12,2 mg/l
Nitrates 25,5 mg/l
Nitrites 0,0 mg/l
Ammonium 0,0 mg/l

Ces analyses ont aussi révélé la présence, sous forme de traces, d'aluminium, de bore, de cuivre, de baryum, de mercure, de nickel, de plomb, de composés organochlorés et de pesticides.

Enfin, les analyses de l'année 1997 sont, pour les paramètres considérés, toutes conformes aux normes de potabilité prescrites par l'arrêté de l'exécutif régional wallon du 20 juillet 1989 (MB 17.02.90) relatif à la qualité de l'eau distribuée par réseau, modifié par l'arrêté de l'exécutif régional wallon du 21 février 1991 (MB 17.07.91).

[Haut de la page]

Approche quantitative

Les caractéristiques quantitatives actuellement disponibles, à savoir :

sont présentées, ci-après, par ordre d'importance des aquifères.

[Haut de la page]

Aquifères des synclinaux calcaires

Comme mentionné ci-avant, les calcaires des synclinaux forment des réservoirs allongés selon l'axe des plis majeurs et présentent de grandes potentialités aquifères en fonction des superficies qu'ils couvrent dans le bassin de la Molignée.

La circulation des eaux souterraines dans cette région plissée est orientée par le dispositif tectonique. L'ennoyage général des structures vers l'est détermine un écoulement vers la Meuse.

Les failles, correspondant à des déplacements relatifs des masses rocheuses, créent par ailleurs des écrans imperméables ou fonctionnent comme des drains.

Les nappes sont soit isolées les unes des autres, soit communiquent à la faveur des ennoyages longitudinaux, des failles et des réseaux karstiques.

Ces derniers induisent des perméabilités locales très élevées et, corollairement, par défaut de filtration de l'eau, une grande vulnérabilité vis-à-vis des pollutions.

Plus spécifiquement, le Tournaisien inférieur constitue un aquifère compartimenté par les différents niveaux schisteux qu'il renferme. Un réseau très dense de fissures assure sa perméabilité.

Le Waulsortien et le Viséen, quant à eux, sont affectés d'un réseau (paléo)-karstique localement fort développé.

Dans les synclinaux calcaires, les coefficients de perméabilité varient classiquement entre 8 10-6 m/s et 1 10-2 m/s pour des porosités comprises entre 4 et 25 %.

Par analogie aux valeurs observées dans les calcaires carbonifères du bassin du Néblon et d'Anthisnes, on peut tabler sur des dispersivités variant entre 10 et 100 m pour des porosités efficaces n'excédant guère 10 % et des vitesses effectives comprises entre 1 10-4 et 1 10-3 m/s (milieu fissuré) et entre 1 10-2 et 6 10-2 m/s (milieu karstique).

Du nord vers le sud du bassin de la Molignée, on identifie les aquifères calcaires suivants :

[Haut de la page]

Synclinal de Furnaux - Denée

Superficie, apports et pertes en eau

La superficie de ce synclinal limitée au bassin hydrographique de la Molignée, représente quelque 9,59 km². Comme il se prolonge vers l'ouest en dehors du bassin, une superficie approximative de 1,06 km² est supposée participer aussi à l'alimentation de la nappe de ce synclinal, en raison d'un sens d'écoulement de l'ouest vers l'est. D'autre part, dans la région de Denée - Bioul, viennent s'adjoindre à la nappe du synclinal de Furnaux - Denée des eaux venant en quantité non précisée du synclinal de Bioul situé au nord, lequel est notamment exploité par le site de prise d'eau de la SWDE à Bioul.

Vers l'est, cet aquifère est limité par des formations du Houiller qui constituent un écran et qui dirigent les eaux vers le synclinal de Biesmerée. Une couverture locale des roches calcaires par des roches schisteuses du Houiller y donne à la nappe un caractère captif.

Pour ce qui concerne d'autres pertes de cet aquifère, des ruisseaux s'écoulent selon un axe nord-sud et transfèrent des eaux vers le synclinal de Biesmerée. La barrière constituée par le Houiller empêche les pertes vers la Meuse.

Données hydrodynamiques

En l'absence d'étude, ces données ne sont pas disponibles à l'heure actuelle.

Prélèvements en eau souterraine et potentialités

L'aquifère est essentiellement sollicité par 4 ouvrages (Cf. tableau 2 et carte de la fig. 1) dont les deux principaux sont exploités à usage de distribution publique par l'AIEM. Il s'agit de la prise d'eau de Rabooz (implantée hors bassin hydrographique) ayant fourni quelque 307 279 m³ en 1995 et celle de Salet dont la production en 1995 se chiffre à 17 266 m³. Les deux autres ouvrages sont marginaux en termes de volumes prélevés.

Ce synclinal semble bien drainé par le ruisseau. De manière générale, les parties d'aquifères exploitables apparaissent d'extension très limitée.

[Haut de la page]

Synclinal de Biesmerée (vallée de la Molignée)

Superficie, apports et pertes en eau

La superficie du synclinal de Biesmerée, pour sa partie incluse dans le bassin hydrographique de la Molignée, s'élève à 26,47 km². Comme le précédent, il se prolonge également vers l'ouest et on peut admettre, en raison d'un écoulement de l'ouest vers l'est, qu'une superficie additionnelle de 5,26 km² contribue aussi à l'alimentation de la nappe de ce synclinal.

Ce synclinal correspond à l'axe de la vallée de la Molignée. Cette dernière le draine globalement d'ouest en est même si des réalimentations existent localement.

Dans la région d'Ermeton-sur-Biert et de Biesmerée, à proximité du ruisseau, la nappe affleure, en équilibre avec le cours d'eau.

Pour ce qui concerne les réalimentations évoquées ci-dessus, elles s'effectuent depuis le nord et le sud. Il s'agit des apports des anticlinaux famenniens et ceux des synclinaux carbonifères par le biais d'un réseau hydrographique transverse et suite à la jonction de tous les synclinaux. Les apports venant de l'ouest doivent, quant à eux, être limités par l'existence du Ruisseau d'Oret et de sites de prise d'eau. A l'inverse, vers l'est, suite à l'ennoyage des structures, on retient l'hypothèse d'un transit direct de la nappe vers la Meuse se traduisant donc en termes de pertes dans l'établissement d'un bilan hydrogéologique de la Molignée.

Données hydrodynamiques

Les valeurs des paramètres hydrodynamiques observées à Biesmerée - est (P3) sont :

Les valeurs des paramètres hydrodynamiques observées à la carrière Le Poivre sont :

La prise d'eau de Behoûde présente des valeurs de paramètres hydrodynamiques inférieures de plusieurs ordres de grandeur à celles citées ci-dessus, ce qui traduit une faible potentialité aquifère locale.

Prélèvements en eau souterraine et potentialités

Cet aquifère est essentiellement sollicité par trois sites de prise d'eau à usage de distribution publique. Il s'agit de la prise d'eau de la carrière Le Poivre et celle de Biesmerée - est, exploitées toutes deux par la SWDE, et la prise d'eau de Bonsin qui est exploitée par l'AIEM. En 1995, ces sites ont respectivement produit, 1 546 970 m³ (production cumulée pour les ouvrages de la SWDE) et 416 390 m³, pour celui de l'AIEM. Les autres prises d'eau connues de l'Administration ont produit un peu moins de 20 000 m³, notamment pour l'approvisionnement en eau des abbayes de Maredsous et de Maredret.

Ces prélèvements attestent des potentialités aquifères importantes de ce synclinal.

[Haut de la page]

Synclinal de Stave - Falaën

Superficie, apports et pertes en eau

La superficie de ce synclinal est de 12,48 km² pour sa partie confinée à l'intérieur du bassin hydrographique de la Molignée. Il y a lieu d'ajouter une légère extension de 0,15 km² vers l'ouest en dehors de ce bassin.

La nappe contenue dans ce synclinal affleure à nouveau à plusieurs endroits près du Ruisseau de Stave.

A l'est, les pertes dans le bilan du bassin de la Molignée sont toujours réelles suite au transit direct vers la Meuse. Ce synclinal est aussi parcouru par de nombreux ruisseaux dont l'écoulement vers le nord assure le drainage.

Données hydrodynamiques

Aucune donnée hydrodynamique n'est disponible car les ouvrages consistent en des sources à l'émergence.

Prélèvements en eau souterraine et potentialités

Toujours en 1995, les prélèvements connus dans l'aquifère de ce synclinal ont été essentiellement le fait de la prise d'eau de Stavesoule, exploitée par la SWDE et ayant délivré 1 020 290 m³.

Les autres ouvrages sont de moindre importance et sont exploités par l'AIEM : prise d'eau de Behoûde (7 439 m³), de Machurnée (633 m³) et de Frechelenne (164 948 m³).

Les potentialités aquifères y apparaissent limitées.

[Haut de la page]

Synclinal de Weillen

Superficie, apports et pertes en eau

Avec ses 5,76 km², le synclinal de Weillen présente la superficie la plus faible. Il ne connaît pas d'extension vers l'ouest en dehors du bassin hydrographique. Il est drainé longitudinalement par le Ruisseau de Ftroûle et, de manière générale, le réseau hydrographique assure un drainage vers le synclinal localisé au nord. Les pertes vers la Meuse sont évidentes.

Données hydrodynamiques

Aucune donnée hydrodynamique n'est disponible car les ouvrages consistent en des sources à l'émergence.

Prélèvements en eau souterraine et potentialités

L'aquifère du synclinal de Weillen est essentiellement sollicité par un petit ouvrage de La Forge, exploité par l'Association intercommunale des Eaux de la Molignée (AIEM) et ayant fourni, en 1995, un peu moins de 10 000 m³.

La taille réduite du synclinal en limite les potentialités.

[Haut de la page]

Synclinal de Florennes - Anthée (vallée du Flavion)

Superficie, apports et pertes en eau

Une superficie de 17,12 km² appartenant à ce synclinal se trouve dans le bassin hydrographique de la Molignée. Vers l'ouest, son extension est très importante mais l'analyse des niveaux piézométriques * montre qu'une ligne de crête de partage s'établit approximativement à hauteur de Florennes. Au-delà, en raison de l'ennoyage vers l'ouest, les écoulements souterrains s'écartent du bassin hydrogéologique de la Molignée. En deçà de cette ligne, une superficie estimée à 6,5 km² est supposée participer à son alimentation.

Ce synclinal de Florennes - Anthée est le deuxième, en termes de superficie, après celui de Biesmerée.

Il est drainé par le Ruisseau de Flavion mais des possibilités de réalimentation locale doivent être prises en compte. L'étude des potentialités aquifères du calcaire carbonifère de l'Entre-Sambre-et-Meuse montre que le parcours du Flavion est perché dans la partie aval du synclinal.

Ici aussi, des pertes directes vers la Meuse existent à l'est.

Données hydrodynamiques

Les valeurs des paramètres hydrodynamiques observées dans un puits de reconnaissance en face de la carrière Berthe à Florennes sont les suivantes :

Prélèvements en eau souterraine et potentialités

Pour l'année 1995, l'aquifère du synclinal de Florennes-Anthée a été sollicité, dans le bassin hydrographique de la Molignée, par des ouvrages exploités par l'INASEP dans la région de Corenne - Flavion. Les volumes prélevés s'élèvent à 473 104 m³. D'autres ouvrages, localisés dans l'extension du synclinal à l'ouest du bassin hydrographique, réduisent les apports en provenance de cette zone. C'est notamment le cas du pompage à la carrière Berthe, où l'INASEP a prélevé
266 107 m³, auxquels il faut ajouter les eaux d'exhaure.

[Haut de la page]

Aquifères des anticlinaux

Aux anticlinaux famenniens correspondent des aquifères essentiellement gréseux qui ne présentent, en général, qu'une capacité d'emmagasinement limitée. Ils peuvent cependant constituer des aquifères intéressants en vue d'une exploitation locale pour autant que l'épaisseur des grès et leur fracturation soient suffisantes.

Les coefficients de perméabilité des aquifères famenniens varient classiquement entre 1 10-3 m/s et 1 10-6 m/s, pour des porosités comprises entre 5 et 20 %.

Une nappe aquifère d'extension limitée et temporaire peut être associée à la frange altérée du Famennien supérieur. En particulier, la formation famennienne à macignos de Souverain-Pré constitue un aquifère intéressant là où son épaisseur est suffisante.

En l'absence de données de terrain spécifiques à chaque anticlinal, seules sont mentionnées ci-après les données de superficie relatives à la partie de l'anticlinal contenue dans le bassin hydrographique de la Molignée :

soit une superficie totale de 59,93 km² d'anticlinal comprise dans le bassin hydrographique de la Molignée.

Une dizaine de prises d'eau, pour la plupart exploitées par l'AIEM, sont implantées sur ces anticlinaux famenniens. Leur production globale, en 1995, n'a pas dépassé 90 000 m³. Cette faible production en regard des surfaces disponibles et des volumes obtenus dans les synclinaux calcaires voisins témoigne des potentialités aquifères réduites de ces anticlinaux famenniens.

De manière générale, ces anticlinaux sont drainés selon un axe nord-sud par le réseau hydrographique.

[Haut de la page]

Aquifères sableux

Au contraire de l'important aquifère des sables tertiaires bruxelliens, les sables tertiaires de l'Entre-Sambre-et-Meuse ne présentent que des potentialités très limitées.

Cela est dû :

Leur rôle hydrogéologique apparaît dès lors limité à des modifications locales de l'infiltration efficace des eaux de pluie vers les aquifères calcaires.

[Haut de la page]

Synthèse et perspectives

Synthèse

Situé sur la rive gauche de la Meuse, entre Dinant et Namur, le bassin hydrographique de la Molignée, d'une superficie totale de 138 km², draine les eaux en provenance des aquifères contenus dans les formations géologiques calcaires et gréseuses du synclinorium de Dinant.

Les données relatives à l'hydrogéologie de bassin sont actuellement limitées mais il est évident que le bassin hydrogéologique ne coïncide pas avec le bassin hydrographique.

Compte tenu du contexte structural (ennoyage des plis vers l'est), il y a apport souterrain à l'ouest et perte vers la Meuse à l'est.

Les synclinaux calcaires contiennent des aquifères dont la capacité est notamment fonction de leur superficie. Avec un total de 71,42 km², ils couvrent 52 % du bassin.

Les caractéristiques hydrodynamiques de ces aquifères varient suivant la localisation des ouvrages.

Les quelques données existantes permettent de présenter des valeurs indicatives :

Une première analyse des données qualitatives ne permet pas de préciser si une zone ou un aquifère se distingue chimiquement des autres.

Les prélèvements sont inégalement répartis sur les zones calcaires du bassin. Globalement, le volume prélevé en 1995 dans ces nappes est de 4 250 426 m³ selon les sources MRW (DGRNE). Rapporté à la surface couverte par les calcaires dans le bassin, ce prélèvement correspond à une lame d'eau de 60 mm.

La partie gréseuse des anticlinaux peut contenir des nappes utilisables au niveau local. Leurs 60 km² de superficie sont également importants pour le bassin (43 %).

Il n'existe pratiquement pas de données sur leurs caractéristiques hydrodynamiques.

Les prélèvements qui ont été réalisés en 1995 dans ces nappes des réservoirs gréseux se sont limités à 90 000 m³.

Il faut noter que des terrains du Houiller, à caractère schisteux, occupent 7 km², soit 5 % du bassin. On observe, surtout dans la partie nord, la présence de dépôts sableux pouvant contenir des nappes relativement marginales.

Prospectives

Les données hydrogéologiques actuellement disponibles sur le bassin de la Molignée sont relativement limitées et ne fournissent, en général, que des informations ponctuelles ne permettant pas d'avoir une vue d'ensemble sur les caractéristiques quantitatives et qualitatives des aquifères.

Plusieurs démarches en cours ou en projet devraient permettre de mieux caractériser les différents aquifères et les relations existant entre l'eau de surface et l'eau souterraine.

Ainsi, les études hydrogéologiques menées sous la responsabilité des sociétés exploitantes (application de la législation sur la protection et l'exploitation des eaux souterraines et potabilisables en Région wallonne - décret du 30 avril 1990 - MB 30.06.1990) sont destinées à la délimitation des zones de prévention des principales prises d'eau en fonction des temps réels de transfert. Au vu des considérations qui précèdent, on imagine sans peine que ces zones de prévention seront différentes des limites théoriques actuellement prises en considération.

Par ailleurs, un programme d'études ou global sur le bassin de la Molignée devrait être élaboré sous la tutelle de la Région wallonne.

L'exploitation des résultats devra associer un modèle hydrologique, un modèle hydrogéologique

et des techniques d'hydrogéochimie.

[Haut de la page]

Ouvrages de référence

Anonyme - [1989]. Etude des potentialités aquifères du calcaire carbonifère de l'Entre-Sambre-et-Meuse. Minist. Région wallonne.- non publié

Biron J.-P. [1985]. Indices karstiques rencontrés en forage de production d'eau. Ann. Soc. Géol. Belg., 108 : 105-111

Castany G. [1982]. Principes et méthodes de l'hydrogéologie. Dunod Université. Ed. Bordas - Paris, 238 p.

Castany G. et Margat, J. [1977]. Dictionnaire français d'hydrogéologie. Ed. BRGM - Orléans, 248 p.

Derycke F. [1982]. Bilan des ressources en eau souterraine de la Belgique. Ed. CEE - Bruxelles

de Broyer Cl., Thys G. et Fairon J. [1992]. Atlas du karst wallon. Province de Namur (tomes 1 à 4). Commission wallonne d'étude et de Protection des Sites souterrains, asbl - Bruxelles, 943 p. + 43 planches

de Smedt P. en collaboration avec Biron J.-P. et Wemans G. [1992]. Hydrologie. In : Géographie de la Belgique. (Dir. J. Denis). Ed. Crédit communal - Bruxelles : 217-239

Ek C. [1979]. Les phénomènes karstiques dans les roches paléozoïques de la Belgique. Processus actuels, problèmes actuels. Ann. Soc. Géol. Belg., 102 : 13-26

ESO [1987]. Les eaux souterraines en Wallonie. Bilan et perspectives. Actes du congrès scientifique organisé à Mons le 11 décembre 1987. Minist. Région wallonne, 216 p.

Monjoie A. [1979]. Méthodes de prospection appliquées aux phénomènes karstiques. Ann. Soc. Géol. Belg., 102 : 31-40

[Haut de la page]

[Page d'accueil Géopédologie]