La filière café burundaise : situation et stratégie pour une amélioration de sa compétitivité

Projet finalisé

Pays : Burundi [voir la carte]

Commanditaire :

Durée : [ - 2002]

Rubrique : Coopération internationale

Ndimanya, Patrice (2002). Thèse de doctorat, Gembloux, Belgique, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, 164 pages, annexes 18 pages, 29 tableaux et 27 figures.

Résumé :

La filière café burundaise traverse une crise sans précédent. Alors que la production oscillait entre 30 000 et 35 000 tonnes par an de 1980 à 1990, elle est descendue en 6 fois en dessous des 20 000 tonnes depuis 1995. La présente dissertation doctorale posera un diagnostic approfondi de la filière, identifiera les facteurs internes à la base de cette chute de l'offre et proposera les stratégies à même de promouvoir une filière plus compétitive. La réflexion sera alimentée par la comparaison avec les filières concurrentes principalement celle du Costa Rica. Après une revue bibliographique qui a fourni les bases conceptuelles et méthodologiques de la recherche, la deuxième partie a situé le contexte de l'étude en retraçant l'itinéraire suivi par le marché international du café depuis le début du siècle. Les enjeux et les idéologies à la base des mutations intervenues dans l'organisation des filières nationales ont aussi été précisés. Cette partie a été complétée par un état des lieux sommaire consacré à la filière café burundaise. Les observations pertinentes tirées de cette première analyse sont les suivantes : une tendance structurelle à la baisse des cours entretenue par les grandes caféicultures intensive du Brésil et du Vietnam; une propension à l'interventionnisme de l'Etat proportionnelle au poids du café dans l'économie, un record battu par le Burundi dans la dépendance vis-à-vis du café (77% des recettes en devises) et dans la résistance à la libéralisation, l'importance de saisir les conjonctures haussières pour investir dans la compétitivité. Abordant le diagnostic de la prise en charge des principales fonctions stratégiques (production de cerises, transformation, commercialisation, financement et gestion du risque, coordination) au sein de la filière, la troisième partie du travail a révélé que le caractère administré de la filière constitue à lui seul sa principale contrainte. En effet, la recherche d'un contrôle serré sur une filière aussi stratégique a conduit la puissance publique à mettre en place des administrations rentières, rigides, omnipotentes et peu motivées par la maîtrise des coûts et la valorisation des investissements réalisés dans la perspective d'une différenciation génératrice de prime. Un tel environnement est loin d'offrir les incitations à l'allocation des ressources rares à un produit fragilisé par son incidence négative sur certains équilibres fondamentaux comme le bilan nutritionnel et de fertilité. La conquête d'une position concurrentielle par un petit producteur comme le Burundi (< 1% de la production mondiale) passera par un cadre institutionnel moins prisonnier de la sauvegarde des positions de rente et offrant plus de marge de manoeuvre aux professionnels.

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