Développement de l'entrepreneuriat en amont et en aval de l'activité agricole au Viêt-nam

Projet en cours

Pays : Viêt Nam [voir la carte]

Commanditaire : C.I.U.F.

Durée : 4 ans [01/01/2007 - 31/12/2010]

Rubrique : Coopération internationale

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Ce projet est mené en partenariat avec l’Institut Polytechnique de Hanoï, l’Institut de la politique et de la stratégie pour l’agriculture et le développement rural, le Centre d’Etudes Interdisciplinaires du Développement rural et l’UCL. Son objectif global est le transfert de compétences en matière de formation et de suivi des entrepreneurs ruraux afin d’améliorer la capacité de gestion de ceux-ci et de favoriser la création de valeur ajoutée en amont et en aval de l’agriculture. A terme,  il devrait contribuer à la reconnaissance de la petite entreprise en milieu rural comme moteur du développement agricole et rural au Viêt-nam en augmentant la valeur ajoutée à la campagne, en luttant contre la pauvreté grâce à la création de nouveaux emplois directs et indirects en milieu rural. 

 Le projet comporte des objectifs directement liés à la recherche :

-     Renforcer les capacités d’enseignement et de recherche des institutions vietnamiennes partenaires en matière de petite entreprise en milieu rural avec la création, in fine, d’un module de cours spécifique de formation en entrepreneuriat adapté aux petites et moyennes entreprises rurales ;

-     Mettre en place trois centres-pilotes d’appui aux entrepreneurs ruraux au niveau de trois provinces du Nord Viêt-nam. A partir  ces centres, il sera possible d’établir un diagnostic précis des freins entravant le développement de l’entrepreneuriat en milieu rural. Ces centres s’attacheront plus spécifiquement à la mobilisation des capitaux et le financement du cycle d’exploitation, la gestion de la qualité et le respect des normes sanitaires, la connaissance du marché et la maîtrise des débouchés ;

-     Rechercher des pistes d’amélioration du cadre institutionnel pour le renforcement des PME rurales. Les autorités politiques et administratives ainsi que les bailleurs de fonds seront sensibilisés à ce problème. Des cellules de suivi, chargées de tester les solutions en matière de formation et de transfert de technologies adaptées, devraient être mises en place afin de cerner les besoins des opérateurs en matière de gestion. Les recommandations s’inscriront dans un cadre national à partir des constats réalisés depuis une analyse comparative entre différentes provinces et différents types d’activités.

-     Former et sensibiliser les étudiants et jeunes chercheurs aux réalités du Sud à la nécessité d’un développement durable impliquant les populations les plus défavorisées. En les engageant dans le projet, ils devraient à terme assurer la relève en matière de collaboration avec les pays du Sud et générer des gains de formation scientifique en entrepreneurial rural dans le Sud.

Les retombées attendues pour la société locale sont de replacer la PME familiale qui développe ses activités en amont et en aval de l’agriculture au centre des préoccupations afin de résoudre les problèmes liés à l’exode rural et de lutter contre la pauvreté. Promouvoir de la sorte  des secteurs non directement agricoles en zone rurale permettra d’augmenter la productivité agricole par le désengorgement du secteur agricole et par l’absorption de la main-d’œuvre excédentaire à faible productivité, de limiter l’exode rural et la croissance déséquilibrée des zones urbaines, d’améliorer les performances du secteur agricole par les bénéfices de la fourniture de biens et de services proposée par les secteurs en amont et en aval de la production agricole.

Pour ce qui est du volet formation, le projet permettra d’étoffer les équipes de recherche et de recycler les enseignants dans un domaine prioritaire pour le développement économique et social du pays. La formation des formateurs aura des répercussions sur les programmes de formation des cadres provinciaux et sur les populations rurales. Ce nouvel intérêt pour les  PME en zone rurale devrait induire chez les jeunes universitaires (qui seront les cadres provinciaux de demain) une meilleure considération pour les initiatives de développement local nées des petits entrepreneurs ruraux.   

Les actions à entreprendre :  

1. Pour les activités de formation :

-     Missions d’enseignants/chercheurs belges (au nombre de 16, 4/an) : Les enseignants et chercheurs belges participeront aux activités de formation locale par des séminaires dans leur secteur de compétence. Deux types de cours sont prévus, à savoir des cours de sensibilisation destinés à tous les enseignants  et des cours d’approfondissement destinés aux jeunes chercheurs impliqués dans le projet.

-     Stages en Belgique (au nombre de 6) : de jeunes chercheurs bénéficieront de stages de courte durée (3 mois) en Belgique afin d’acquérir des compétences particulières et se former aux méthodes pédagogiques spécifiques dans les domaines couverts par le projet. Ces stages seront étalés sur toute la durée du projet.

-     Formations diplômantes en Belgique (au nombre de 3) : de jeunes chercheurs  pourront suivre une formation diplômante en Belgique (Master complémentaire, voire doctorat). Une  sélection aura lieu et sera notamment effectuée à l’occasion des stages de courte durée, en fonction des capacités des bénéficiaires et de leur implication dans le projet. Les formations se dérouleront dans la deuxième partie du projet.

 

-     Doctorats au Viêt-nam et en Belgique (au nombre de 3) : il est difficile de mener des doctorats dans le système belge pour des chercheurs n’ayant pas suivi un cursus académique en Belgique. Toutefois, il est possible que les bénéficiaires de formations diplômantes et/ou de stages de courte durée puissent entamer un doctorat dans le système belge mais cela devra être envisagé au cas par cas, avec une prolongation éventuelle au-delà du présent projet et/ou sur un cadre parallèle. La priorité sera réservée au soutien de doctorats dans le système des Universités vietnamiennes.

-     Travaux de recherche des étudiants : les différentes actions de recherche  constitueront un cadre particulièrement bien indiqué pour la réalisation des travaux de fin d’études des étudiants  ainsi que pour les thèses de master. Une préférence sera donnée aux travaux menés conjointement par les jeunes chercheurs et des groupes d’étudiants.

-     Séjours d’étudiants et jeunes chercheurs belges : le soutien de projets dans les pays du Sud par des membres académiques de nos universités est une occasion non seulement de compléter la formation de nos étudiants et jeunes chercheurs en économie du développement mais également de les sensibiliser aux problématiques des pays du Sud. C’est une façon efficace d’assurer, à terme, la relève de notre collaboration scientifique avec ces pays. Des jeunes chercheurs belges pourront bénéficier de missions de courte durée  pour autant que leurs travaux de recherche coïncident avec les problématiques traitées et qu’ils puissent apporter une expertise particulière au projet. Des étudiants en année terminale pourront effectuer des travaux de fin d’études dans le cadre de ce projet. Ils solliciteront une bourse de voyage auprès de la CUD et les frais d’encadrement et de logement sur place pourront être imputés au présent projet.  

2. Pour les activités de recherche :  

Pour cerner les réalités économiques influençant les logiques entrepreneuriales, il faut disposer d’une analyse de la situation des entrepreneurs ruraux au Viêt-nam et d’informations périodiques permettant de suivre la trajectoire des entreprises et de comprendre leur mode de fonctionnement dans la gestion quotidienne de leurs activités. Ces outils de diagnostic et de suivi des entreprises permettront d’orienter les thématiques de recherche qui viendront renforcer les activités de formation et appuyer les travaux des scientifiques des trois institutions vietnamiennes qui réalisent une formation diplômante soit au Vietnam soit en Belgique.

En outre, le projet permettra d’initier des actions pilotes qui déboucheront sur des réalisations concrètes et tangibles au bénéfice des entrepreneurs collaborant avec le projet. En testant concrètement différents modèles d’interventions sur le terrain en collaboration avec les PME rurales, le projet sera capable d’alimenter la réflexion sur les politiques à mener afin de renforcer l’entrepreneuriat en milieu rural.

Pour mener à bien ce projet, la méthodologie employée s’articule sur une analyse documentaire permettant de modéliser au plan théorique le cadre dans lequel évoluent les entrepreneurs ruraux et sur la collecte de données de terrain à la fois qualitatives et quantitatives afin de confronter le comportement des acteurs vis-à-vis de ce cadre.

Cinq activités sont identifiées pour répondre aux besoins du volet de recherche :

-     la modélisation du cadre (support théorique réalisé à partir d’une analyse bibliographique) ;

-     le diagnostic et suivi des entrepreneurs ruraux (élaboration du questionnaire de diagnostic socio-écomique, constitution de l’échantillon de référence et établissement du réseau d’entreprises de références) ;

-     les recherches thématiques (la mobilisation des capitaux et le financement du cycle d’exploitation, la gestion de la qualité et le respect des normes sanitaires, la connaissance du marché et la maîtrise des débouchés) ;

-     la mise en œuvre d’actions-pilotes ;

-     l’étude de faisabilité des Centres d’entrepreneuriat ;

-     les séjours d’étudiants et de jeunes chercheurs belges.              

 

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