Étude de la dynamique de la désertification dans le bassin versant de la Moulouya en intégrant les données issues de la télédétection et les données socio-économiques, Maroc

Projet finalisé

Pays : Maroc [voir la carte]

Commanditaire :

Durée : [ - 2016]

Rubrique : Coopération internationale

Mokhtari Nourredine (2016). Thèse de doctorat, Université de Liège Gembloux Agro-Bio Tech.266 p., 108 tableaux., 143 figures.

Résumé : 

La recherche sur la désertification et la dégradation de l’environnement est très complexe et vise la mise en relation entre les ressources de l’environnement, leurs limites de durabilité et des usages qui se font de ces ressources par l’homme en tant qu’agent économique qui vise à améliorer son bien-être.
Dans le bassin versant de la Moulouya caractérisé par un climat essentiellement aride à semi-aride, une augmentation sensible de la population et une forte hausse de la demande en ressources naturelles, le problème de la désertification se pose en termes d’adaptation des besoins de la population aux contraintes du milieu en vue de maintenir la durabilité des
ressources.
Dans ce sens, le challenge consiste en un double objectif, premièrement l’évaluation de la désertification à travers l’analyse de l’état de dégradation du milieu et deuxièmement, l’étude des causes de cette dégradation moyennant des enquêtes axées sur les pratiques agricoles et la formulation de propositions d’actions à entreprendre pouvant être utilisés de manière opérationnelle par les acteurs locaux et les pouvoirs publics.
Ainsi, le suivi de la dynamique des phénomènes biophysiques liés à la désertification s’est fait essentiellement à travers l’étude de l’évolution du climat et de la qualité de la végétation à l’échelle de l’ensemble de la zone étudiée (NDVI) et au niveau d’une zone d’intérêt pour la recherche (occupation du sol).
Pour la végétation, le suivi spatio-temporel de la végétation a montré pour les trois sources de données à basse résolution utilisées (GIMMS, MEDOKADS et SPOT) des évolutions similaires de l’indice de végétation NDVI. Malgré les différences entre les amplitudes de variation du NDVI, liées essentiellement aux spécificités des algorithmes de traitement, les trois séries données conservent la même tendance stationnaire au cours du temps. D’une manière générale, les fluctuations du NDVI mises en évidence à l’aide des données NDVI à basse résolution reflètent principalement les variations spatio-temporelles en quantité et en qualité des précipitations d’une année par rapport à une autre et ne montrent aucune tendance particulière concernant la qualité de la végétation.
L’identification des zones sensibles à la désertification, réalisée sur la base de l’approche MEDALUS, a montré que les zones fragiles et critiques totalisent 61% de la superficie du bassin versant, soit une superficie d’environ 3,25 millions d’Ha.
Spatialement, les zones sensibles à la dégradation se trouvent aussi bien dans la Basse Moulouya que dans les Hauts Plateaux et la vallée de Missour constitués essentiellement de parcours steppiques.
L’analyse de la dynamique d’occupation du sol à travers l’utilisation des images satellites (LANDSAT) pour la commune de Tissaf, choisie comme zone d’intérêt pour la recherche, a révélé une dégradation qualitative de la végétation. En effet, de grandes superficies d’Alfa dense à très dense (végétation climacique) se sont dégradées pour se retrouver dans la classe d’Alfa faiblement dense, soit une diminution de l’ordre de 16.199 Ha sur 20 ans.
L’analyse des causes de la dégradation des parcours au niveau de la commune de Tissaf à travers l’étude de la productivité des parcours et du système d’élevage pastoral a révélé que le capital, en tant que facteur de production, joue un rôle important dans les stratégies d’utilisation des ressources fourragères « gratuites » issues des parcours collectifs. Ainsi, les grands éleveurs sédentaires ou semi-nomades disposant d’importants fonds propres et grâce à une utilisation plus opportuniste des parcours collectifs paraissent profiter davantage de ces ressources (46.478,15 UF) par rapport aux petits éleveurs sédentaires et transhumants (5.148,70 UF et 18.714,40 UF). Les petits éleveurs qui adaptent l’effectif de leur cheptel en fonction des conditions du milieu (décapitalisation en période de sécheresse) semblent profiter moins en quantité et en qualité des ressources pastorales disponibles.
En guise de conclusion, la thèse propose des scénarios d’adaptation des systèmes de production agricoles qui peuvent être utilisés d’une manière opérationnelle par les acteurs locaux et les pouvoirs publics en vue d’orienter les stratégies de développement et d’investissement vers les secteurs rentables économiquement et qui respectent en même temps l’environnement.

 

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