Contribution à l'étude de la dynamique de l'élevage pastoral au Niger : cas de la région de Diffa

Projet finalisé

Pays : Niger [voir la carte]

Commanditaire :

Durée : [ - ]

Rubrique : Coopération internationale

Laouali Abdoulkadri (2015). Thèse de doctorat, Université de Liège Gembloux Agro-Bio Tech, 189 p., 63 tab., 73 fig. + annexes

Résumé :

Dans les pays du Sahel où se pratique un élevage pastoral du type extensif, l'élevage joue un rôle essentiel dans la vie socio-économique et l'équilibre alimentaire des ménages. Cependant, à travers les littératures, un certain nombre d'études pointent du doigt cette activité, notamment sa contribution à la dégradation de l'environnement ; l'émission de gaz à effet de serre ; sa faible performance économique ; etc. Par contre d'autres études ont fait relever l'importance et l'efficience de la pratique pastorale dans un milieu naturel à équilibre instable comme le Niger, grand pays d'élevage au cœur du Sahel, avec un cheptel de plus de 37 millions d'animaux. Et dans ce cadre, cette recherche a essayé de repositionner le débat en soulignant le rôle et l'importance de l'élevage pastoral dans les pays sahéliens en général, au Niger en particulier et de manière spécifique dans la région de Diffa. Située entre une zone désertique au Nord et une zone sahélienne au Sud, Diffa est une région pastorale par excellence au Niger. L'élevage, avec un cheptel très diversifié, est l'activité économique dominante de la région. Il occupe 95 % de la population et contribue annuellement à hauteur de 55 % à la formation du produit intérieur brut de la région. Toutefois, cette activité fait face à diverses contraintes d'ordre biophysique et anthropique. Pour comprendre la dynamique pastorale au niveau de cette région, un travail de recherche a été initié à partir de 2010 suivant une approche systémique. Le travail s'est articulé autour de trois pôles : Homme-Ressources naturelles-Animaux. Une enquête auprès de 300 ménages (150 ménages à troupeau sédentaire et 150 à troupeau mobile) a été réalisée au cours du 1er semestre 2012. Les investigations ont été faites sur la base de l'identification préalable de trois zones agro-écologiques (cuvettes pastorales, rivière de Komadougou, lac Tchad) à raison pour chacune de 100 ménages. Les résultats de la recherche ont révélé que l'élevage pastoral dans la région de Diffa est en mutation. Les troupeaux (sédentaires et mobiles) sont de taille relativement réduite et de plus en plus composés en majorité de petits ruminants. La reproduction est assurée par un noyau de reproductrices plus ou moins stable et largement dominé par les jeunes femelles. Une analyse croisée des données a mis en évidence l'existence de déficits fourragers récurrents, consécutifs aux séries de déficits pluviométriques annuels, ainsi que des épizootie, comme principales causes des mutations de l'élevage pastoral dans la région de Diffa. Pour y faire face, les populations pastorales et agro-pastorales ont construit et développé un ensemble de stratégies adaptatives pour se prémunir de chocs ou pour atténuer leurs effets et assurer la survie des ménages et du cheptel. Cependant, avec les années et la récurrence des chocs, les stratégies traditionnelles de gestion de risques et d'incertitudes se sont fragilisées avec des conséquences socio-économiques tant chez les ménages pastoraux qu'agro-pastoraux. Une intervention de l'Etat, des ONGs et/ou des associations et d'autres partenaires au développement, permettrait de booster ces stratégies et de renforcer la capacité des ménages à gérer les risques sur le long terme.

 

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