Alternative possible à la production traditionnelle du coton en Afrique dans une perspective de développement durable ? Le cas du système de production biologique et équitable au Mali

Projet finalisé

Pays : Mali [voir la carte]

Commanditaire :

Durée : [ - 29 octobre 2012]

Rubrique : Coopération internationale

Dembélé, Kouloumégué (2012). Alternative possible à la production traditionnelle du coton en Afrique dans une perspective de développement durable ? Le cas du système de production biologique et équitable au Mali (Thèse de doctorat), Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech, Belgique, 159 p., 50 tab., 6 fig., 13 graph. et 2 cartes.

Résumé

L'objectif général de ce travail consiste à analyser la viabilité de la culture du coton bio-équitable en comparaison avec celle du coton conventionnel. L'étude est menée auprès d'un échantillon de 45 exploitations à raison de 15 exploitations par système, suivant une démarche systémique à trois niveaux : la parcelle de coton, les systèmes de culture à base de coton et les systèmes de production. Au niveau de la culture du coton, quelle que soit la catégorie socio-économique du producteur, le coton biologique comparé au coton conventionnel a des rendements moyens inférieurs, des temps de travaux plus élevés et des parcelles de plus petite taille (0,85 ha en production bio-équitable contre 2,35 et 1,76 ha respectivement en production conventionnelle calendaire et sur seuils). Le coton bio-équitable génère moins de revenus étant donné des parcelles de plus petite taille. Toutefois, la culture du coton bio-équitable met en évidence deux grandes catégories d'exploitations : les exploitations à haut niveau de ressources qui disposent d'un cheptel important et les exploitations pauvres avec peu de moyens de production, pour qui le coton bio-équitable constitue une des seules alternatives pour obtenir des revenus monétaires. Seules les exploitations à haut niveau de ressources qui disposent d'un cheptel important peuvent tirer profit de la culture bio-équitable. Cependant, il est à noter qu'au niveau des exploitations pauvres, ce sont souvent les femmes et les dépendants du chef d'exploitation qui pratiquent la culture bio du cotonnier. L'alternative bio-équitable permet un accès à la terre et un accès à la culture du coton pour ces groupes jadis marginalisés, contrairement au coton conventionnel où seul le chef d'exploitation gère la culture du coton. On assiste donc à l'amélioration de la condition féminine. Cependant, l'absence d'une gestion soutenue de la fertilité du sol et des éléments nutritifs, compromet l'obtention de meilleurs rendements qui constituent un facteur clé de réussite pour être et rester compétitif. Au niveau des systèmes de culture, l'analyse comparée des performances des systèmes de culture atteste que la productivité ainsi que les niveaux de valorisation de la journée de travail des cultures et des systèmes de culture à base de coton bio-équitable sont inférieurs à ceux obtenus en production conventionnelle. A  l'échelle de l'exploitation, les systèmes de production conventionnels produisent entre 29 % (SPCca) et 43 % (SPCs) de plus de céréale par rapport au système de production bio-équitable. Ce qui témoigne de la fragilité de la sécurité alimentaire de la région en cas de reconversion massive des exploitations au mode de production biologique. Pour ce qui concerne la durabilité environnementale, il apparaît que l'apport le plus important de la culture biologique du coton est l'innocuité pour l'homme et pour l'environnement des intrants utilisés. 

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