Le financement de l’agriculture au Bénin : stratégies de gestion et d’adaptation des exploitations agricoles

Projet finalisé

Pays : Bénin [voir la carte]

Commanditaire :

Durée : [ - ]

Rubrique : Coopération internationale

Sossou, Comlan Hervé (2015). Thèse de doctorat, Université de Liège Gembloux Agro-Bio Tech, 181 pages, 31 tableaux, 47 figures, 1 carte.

Résumé :

Le Bénin est un pays en voie de développement dont l’économie repose essentiellement sur le secteur agricole. 80% de la population est rurale et caractérisée par des exploitations de type familial. Aujourd’hui, l’enjeu est de créer les conditions favorables à l’amélioration et la compétitivité des systèmes d’exploitation agricoles et la création de petites et moyennes entreprises le long des différentes chaînes de valeur agricoles. Un tel enjeu suppose la facilitation de l’accès des agriculteurs aux marchés des intrants, produits et surtout aux services financiers. Cela met en évidence la nécessité de définir un cadre optimal de financement des activités de production agricole en s’appuyant sur les leçons tirées des expériences en cours, et en utilisant au mieux les innovations institutionnelles récentes en la matière. La présente thèse focalise les réflexions sur la problématique du financement de l’agriculture et les stratégies développées par les divers acteurs du secteur agricole. A cet effet, un travail de recherche a été initié à partir de 2010 et s’est articulé autour des exploitations agricoles et de leur accès aux services financiers. Une enquête auprès de 475 exploitations agricoles a été réalisée en 2011. En 2014, une phase d’approfondissement a été effectuée sur 40 exploitations agricoles. Les données collectées ont été soumises à une analyse de contenu thématique appuyée par des statistiques descriptives et une régression logistique.

Les résultats de la recherche ont révélé que les besoins des exploitations ne sont pas totalement satisfaits. Les crédits accordés concernent en grande partie de faibles montants. Les investissements productifs qui constituent les investissements à moyen et long termes pouvant induire des améliorations notables de la production agricole sont quasi insatisfaits. Par ailleurs, les analyses ont montré que le revenu détermine l’accès au crédit. Ce facteur traduit à un certain niveau la capacité des exploitants agricoles à fournir les garanties financières exigées par les institutions de microfinance. Aussi, la capacité du producteur à investir, sa constance au niveau de la structure et la conformité aux règles des institutions de microfinances facilitent-elles l’accès à des montants de prêts élevés. Les analyses ont aussi montré que le rationnement du crédit concerne un grand nombre de producteurs. La conséquence de ce rationnement est la réduction de l’utilisation des intrants agricoles, la faible utilisation de la main-d’œuvre salariée, la réduction des emblavures à exploiter, etc.

En conclusion, les conditions actuelles offertes par les institutions de microfinance ne favorisent pas le développement du secteur agricole et l’amélioration des conditions de vie des populations en milieu rural. Il s’avère donc nécessaire de repenser le financement des activités agricoles et de définir un mécanisme de financement pérenne et durable. A cet effet, l’initiative pour la mise en place d’un Fonds National de Développement Agricole (FNDA) devrait être accélérée pour son opérationnalisation afin de permettre aux exploitants agricoles un accès plus facile et adéquat au crédit.

 

 

< Retour aux projets de l'unité