Indice d'accessibilité aux services - Indice de temps PDF Imprimer Email

  

Définition de l'accessibilité

L'accessibilité géographique recouvre la plus ou moins grande facilité avec laquelle il est possible de se rendre en un lieu et l'intérêt que suscite ce lieu. L'accès à une ressource, quelle qu'en soit la nature (travail, éducation, équipement commercial, lieu de loisirs, etc.) est donc conditionné par la distance qui sépare un individu du lieu où se localise la ressource et par l'attractivité qu'exerce cette ressource sur l'individu [Weibull J., 1980]. 

 

Utilisation d'une distance-temps pour mesurer l'accessibilité

Traditionnellement, l'analyse de l'accessibilité repose sur des calculs de longueur ou de durée d'un trajet depuis une ou plusieurs origines vers une seule destination [Van Raes et al., 1998]. Pour construire l'indice d'accessibilité, nous avons opté pour le calcul de la durée d'un trajet nécessaire pour relier les maisons communales ou hôtels de ville de deux communes. Pour ce faire, une application simple a été utilisée, telle que celle proposée par Michelin, qui est disponible sur le net. Elle contient les principaux éléments du réseau routier belge (autoroutes, routes nationales, etc.) et permet de calculer le temps nécessaire pour parcourir un itinéraire choisi. 

 

Afin de minimiser la durée des trajets nécessaire pour relier deux communes, l'itinéraire rapide a été adopté. Celui-ci propose le meilleur temps de parcours en privilégiant les réseaux majeurs. Dans son calcul de durée, l'application utilisée suppose que le trajet est effectué en voiture. Puisque seulement 9% des ménages belges ne disposent d'aucune automobile [Hubert et Toint, 2002], cette condition de travail n'est pas considérée comme contraignante. Par ailleurs, la voiture, avec deux déplacements sur trois, constitue le mode de transport le plus utilisé. Plus précisément, ce mode concerne 78% des déplacements intercommunaux en France [Hilal, 2003].

 

L'indice est calculé sur base de 5 mesures

L'indice est calculé à partir de cinq mesures ; à savoir :

  • La distance temps qui sépare chaque commune d'un pôle de services et d'emploi. Cette mesure correspond à la valeur moyenne entre deux distances-temps :

      a) La distance temps qui sépare chaque commune de son pôle d'influence. Ces pôles, ainsi que leur zone d'influence, sont définis par la CPDT dans son atlas "Repères pour une dynamique territoriale en Wallonie" (2001-2002) sur base de quatre critères : l'emploi, l'enseignement, la santé et les achats semi-courants. La carte ci-dessous permet de visualiser ces pôles. La méthodologie choisie pour définir les pôles est disponible via le fichier joint. Cette mesure a pour objectif de quantifier la durée des déplacements effectués régulièrement par les individus de chaque commune pour se rendre aux quatre critères précités.

 

 

 

  
                                                                      Sources de données : CPDT, 2001-2002 

 

 

 

                         ...  Rationalisation des pôles  

Les communes de Waterloo, Châtelet, Seraing et Herstal sont, selon la CPDT (2001-2002), respectivement sous l'influence de Bruxelles, Charleroi et Liège. Toutefois, Halleux et al. (1998), dans leur typologie des communes de la Région wallonne, classent ces quatres communes parmi celles ayant une urbanisation fonctionnelle forte. Par conséquent, ces quatre communes sont considérées comme des pôles, au même titre que les pôles d'influence déterminés pas la CPDT. Au total, 43 communes sont donc considérées comme pôle. Notez que l'urbanisation fonctionnelle est appréciée à partir de trois fonctions distinctes : commerciale, scolaire et celle de travail.

 

 

b) La distance temps qui sépare chaque commune du pôle le plus rapidement accessible, le pôle d'influence de chaque commune n'étant pas systématiquement le plus proche. Cette deuxième mesure a pour objectif d'apporter un effet correctif sur la première, en calculant la moyenne entre les deux distances temps mesurées. En effet, ce n'est pas parce que le pôle d'influence de certaines communes n'est pas le plus rapidement accessible, que les individus de cette commune sont pour autant défavorisés en termes d'accessibilité aux services. Les pôles correspondent aux pôles définis ci-dessus. La carte ci-dessous permet de visualier les groupes de communes se rapportant à ces pôles.

 

                                                                                                                         Réalisation : CAPRU 2007
  • Les distances-temps les plus courtes, nécessaires aux habitants d'une commune pour se rendre à une autre commune offrant un service dont la première ne dispose pas. Les services retenus sont généralement peu présents en milieu rural, et sont appelés pour cette raison "services supérieurs". il s'agit des établissements d'enseignement secondaire, hôpitaux généraux, hypermarchés et gares générant des flux de plus de 1170 voyageurs.

 

Lorsqu'une commune dispose du service, sa distance-temps équivaut à zéro minutes. De même, lorsqu'une commune est qualifiée de pôle sa distance-temps pour se rendre à un pôle est nulle.

 

Construction d'un indice de temps unique

Le regroupement des cinq mesures (présentées ci-dessus) en une seule valeur a pour objet de pouvoir distinguer des groupes de communes plus aisément. Il a été décidé de faire correspondre la moyenne des cinq distances-temps à l'indice de temps. L'indice de temps indique de cette manière le temps moyen passé dans sa voiture pour se rendre à chacun des services retenus ou à un pôle de services. 

 

La faiblesse de cet indicateur réside dans le fait que la dispersion des services n'est pas considérée. C'est ainsi qu'une commune distante de 10 minutes d'une commune, qualifiée de pôle et dans laquelle se trouve les quatre services retenus, aura une accessibilité aux services qualifiée de moins bonne, sur base de l'indice ici construit, qu'une commune distante de (pour exemple) 10 minutes d'un pôle, 5 minutes d'une gare d'importance, 10 minutes d'un hôpital, 3 minutes d'une école secondaire et 10 minutes d'un hypermarché, même si ces services se situent à des endroits diamétralement opposés, étant donné que son indice temps sera plus faible que la première commune. Dans cet exemple, on comprend rapidement que les habitants de la première commune accèdent plus rapidement à l'ensemble des variables retenues que les habitants de la deuxième commune. Toutefois, cette faiblesse peut être discutée étant donné que l'ensemble des services n'est que très rarement sollicité en même temps, au cours d'une même journée.

 

 

 

 

Fichiers joints:
FichierDescriptionTaille de fichier
 Identification des poles_CPDT.pdf 67 Kb