Le 20 novembre 2017, Ingénieurs Sans Frontières a décerné le Prix Ingénieurs Sans Frontières – Philippe Carlier 2017, récompensant le travail de fin d’études d’Audrey Sougnez, diplômée 2017 du master bioingénieur en Sciences agronomiques de Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège), que nous félicitons ! 

 

IFS a profité d’une conférence sur le biomimétisme à l’UCL pour remettre ce Prix qui récompense un TFE réalisé dans les domaines du développement durable, de la coopération au développement, etc. Celui de l’étudiante gembloutoise portait sur l’« Étude des principaux facteurs de la production de l’armoise annuelle (Artemisia annua L.) sur le domaine de l’organisation « Le Relais-Sénégal » à Yendane (Région de Thiès, Sénégal) : Effet de la densité de la fertilisation ». Dont Guy Mergeai, Professeur spécialisé en agronomie tropicale, était le promoteur.

 

En voici le résumé :

« Trois essais ont été réalisés avec la variété « Apollo » (Mediplant) sur le domaine horticole de l’organisation « Le Relais – Sénégal » à Yendane-Terokh durant la saison sèche 2016-2017 afin d’y optimiser la production de feuilles et de tiges d’armoise annuelle (Artemisia annua L.).

Tous les essais ont été réalisés sous irrigation par aspersion ; ce qui a permis un gain de 50 % des récoltes par rapport aux rendements obtenus lors de la campagne 2015-2016 sous irrigation goutte à goutte.

Le premier essai visait à déterminer la densité de plantation la mieux adaptée en pratiquant deux coupes, rythme identifié comme le plus performant en 2016. La pratique d’une coupe intermédiaire supplémentaire a permis d’augmenter de 25 % la production par rapport à celle obtenue avec une seule coupe tout en conservant une proportion de feuilles et de tiges intéressante. La densité de 20 000 plantes/ha s’est démarquée des autres par sa bonne production à l’hectare et son prix de revient le plus bas. De plus, l’application de cette densité, selon un dispositif spatial de 1 m x 0,5 m, s’est traduite par une réduction des attaques du champignon pathogène du genre Rhizoctonia apparu lors des essais.

Le deuxième essai visait à déterminer la formule et la dose de fertilisation minérale la mieux adaptée aux conditions du milieu en testant l’effet d’une soustraction des apports d’azote, de potasse et de phosphore par rapport à une fumure complète. Les résultats obtenus laissent supposer l’existence d’une carence en potassium dans les sols de l’exploitation et l’absence d’effet synergique lié à la présence de soufre chez certaines fumures appliquées. L’azote reste l’élément déterminant pour favoriser la croissance et le rendement des plantes à l’hectare. Son apport à une dose supérieure à 29 kg N/ha permet un gain de rendement qui explique l’intérêt du traitement minéral optimum actuel, constitué de 47,3 kg N/ha, 4,2 kg P2O5/ha et 8,3 kg K2O/ha. Aucune différence significative n’a été mise en évidence entre les traitements organiques et cette fertilisation minérale de référence.

Le troisième essai visait à déterminer la fertilisation organique la mieux adaptée en tenant compte de son coût et de sa disponibilité dans la zone. Aucune différence significative n’a été mise en évidence en termes de rendement entre les 6 modalités de fertilisation organique à base de fientes de volaille compostées ou de déjections d’âne-cheval compostées comparées. La fumure la plus rentable consistait à apporter 3 poignées de compost de déjections d’âne-cheval 30, 60 et 90 jours après la transplantation.

Du point de vue pratique, l’application d’une densité de 20 000 plantes/ha, sous irrigation par aspersion, avec réalisation d’une coupe intermédiaire environ 3 mois après la transplantation et l’apport de 47,3 kg N/ha, 4,2 kg P2O5/ha et 8,3 kg K2O/ha constitue l’itinéraire technique le plus performant identifié jusqu’à présent dans les conditions du site étudié pour une culture d’armoise annuelle en saison sèche (transplantation en décembre – récolte finale fin mai). Cet itinéraire permet d’atteindre un rendement en matière première utile pour la production d’infusions et de gélules d’environ 8 tonnes/ha, et un prix de revient d’environ 0,70 EUR (460 FCFA) par kg de mélange de 50 % de feuilles et de 50 % de tiges séchées. »

 

Les deux autres candidats étaient :

  • David MIRAUCOURT (ULiège) : Stabilisation du matériau terre crue pour application  en brique de terre comprimée (Burkina Faso).
  • Quentin VANDERSTEEN (UCL) : Faisabilité des innovations paysannes autour des cordons pierreux dans les provinces du Passoré et du Bam (Burkina Faso).


Le film « Malaria Business », qui a été diffusé à la Faculté le 8 novembre 2017 et qui sera encore projeté le jeudi 23 novembre 2017 à l’IHECS (Bruxelles) à 20h, passera également à la télévision sur Fance O le 29 novembre 2017 à 20h50 et le 11 janvier 2018 sur la Une à 22h15.

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Les enjeux de la plante Artemisia annua L. aux vertus antipaludiques, sont expliqués dans ce documentaire dont voici la bande annonce : 

  • En savoir davantage sur le Prix : 
  • En savoir davantage sur le film : 

 

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