La population mondiale ne cesse d’augmenter. Nous devons par conséquent nous adapter afin d’apporter aux consommateurs de nouvelles façons de se nourrir tout en assurant une sécurité alimentaire et une sécurité sanitaire. Offrir une production durable reste un défi de taille. Pour ces raisons, de nouvelles méthodes de production ainsi que de nouveaux aliments doivent être mis en avant. C’est dans cette optique que le projet d’élevage écologique d’insectes proposé par l’Unité d’Entomologie fonctionnelle et évolutive du Prof. Francis Frédéric de Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège), a été développé. Les insectes offrent principalement deux avantages pour une consommation humaine :

–       Ils ont une faible incidence sur l’environnement avec leurs taux de conversion alimentaire élevés, une faible production de gaz à effet de serre et ont besoin d’une utilisation limitée d’eau, d’une superficie d’élevage réduite, etc.

–       Ils procurent pour le corps humain une source d’acides aminés essentiels, ils sont faibles en cholestérol, etc.

À l’heure actuelle, l’entomophagie (la consommation d’insectes par l’espèce humaine) reste une pratique délicate à intégrer dans notre mode de vie. Il existe néanmoins d’autres façons de bénéficier des bienfaits que peuvent nous offrir les insectes comme le passage par un animal d’élevage plus classique comme la poule ou la truite. C’est donc à destination de ceux-ci que la mouche du soldat noir (Hermetia illucens) est produite à la Faculté. Les animaux nourris avec ce procédé rentrerons alors dans la boucle de la consommation humaine.

 

Rudy Caparros et Bertrand Hoc, doctorants en entomologie à Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège), expliquent que c’est dans un conteneur aménagé spécialement pour un projet de recherche sur la nutrition du poisson que les asticots (larves) de mouche du soldat noir sont élevées. Celles-ci, qui mesurent au départ quelques millimètres et atteindront le centimètre, vont se développer dans un milieu composé exclusivement de matières végétales en décomposition.

 

Les premiers essais sont consacrés à l’alimentation des asticots. Dans un premier temps, les chercheurs ont utilisé des coproduits de brasserie (drèches, levures, etc.) afin de déterminer les besoins nutritionnels de l’espèce. Désormais, des déchets végétaux produits par le restaurant universitaire de la Faculté sont également recyclés par ces larves. Le restaurant universitaire fournit des aliments que le laboratoire a sélectionnés au préalable (épluchures de carottes, de choux ou encore d’oignons). Le restaurant fournit de cette façon l’équivalent de 5 kg de déchets par semaine, autrement dit, de quoi nourrir les larves d’un petit bac d’élevage. Sur un mois, 2 à 3 kg d’insectes sont ainsi produits.

 

D’autres aliments, comme des salades composées et vinaigrées par exemple, n’ont pas encore été testées par crainte de ne pas être appréciées de l’insecte et de freiner ainsi son développement. Néanmoins, ce genre d’expérimentations est en prévision pour l’année prochaine.

 

Dans le futur, les chercheurs visent à élargir leur panel d’aliments à tester sur les larves afin de reproduire leurs expérimentations avec d’autres denrées. Pour obtenir de bons résultats, il serait préférable de s’approvisionner tout au long de l’année avec les mêmes matières végétales. Le laboratoire vise notamment les industries qui pourraient leur fournir, par exemple, des pulpes de betteraves provenant de betteraves utilisées pour la production de sucre ou encore des pelures de fruits provenant des fruits utilisées dans la fabrication de comptes.

 

Conteneur aménagé.

 

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