En septembre dernier, Julie Morin-Rivat défendait sa thèse de doctorat à Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège) sous la supervision du Pr J.-L. Doucet et du Dr H. Beeckman, son co-promoteur. L’objet était pluridisciplinaire en croisant l’archéologie et l’écologie. D’une part, la recherche d’indices d’activités humaines dans le nord du bassin du Congo et d’autre part, l’utilisation des restes botaniques carbonisés pour déterminer ces activités. 

 

Résumé de la thèse ayant pour titre « Of trees and men: new insights into man-environment relationships in the moist forests of central Africa during the late Holocene » :

 

En Afrique centrale, les forêts tropicales hébergent une biodiversité unique et procurent des services écosystémiques indispensables. Toutefois, elles subissent actuellement une pression anthropique croissante. Dans le contexte des changements globaux et dans le but de proposer des scénarios d’évolution, il est nécessaire de connaître le passé des forêts et les influences anthropiques qu’elles ont subies, afin de mieux prédire leur avenir.

 

Traditionnellement, les études paléoécologiques documentent l’histoire de la végétation, en particulier le rôle du climat dans le façonnage des paysages forestiers. Elles restent pourtant peu nombreuses en Afrique centrale, notamment à cause des difficultés d’accès au terrain et de la grande diversité en matière d’espèces végétales. Plus spécifiquement, la relation entre l’homme et son environnement demeure un champ d’investigation relativement récent dans cette région.

 

L’approche adoptée par cette thèse de doctorat se veut pluridisciplinaire, à la croisée entre l’archéologie et l’écologie. La recherche d’indices d’activités humaines dans le nord du bassin du Congo, une région peu explorée par les précédentes recherches archéologiques, et l’utilisation des restes botaniques carbonisés pour déterminer ces activités, constituent deux de ses principales contributions. Sa dernière contribution significative consiste en l’établissement d’une relation de cause à effet entre l’histoire humaine du 19ème siècle et le ralentissement de la régénération de certaines populations d’arbres héliophiles.

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Le chapitre 1 présente les concepts clés relatifs à l’écologie des forêts tropicales et les spécificités des espèces d’arbres héliophiles. Puis, il retrace la chronologie des changements climatiques et de l’histoire humaine en Afrique centrale. Enfin, il expose les objectifs et le plan de la thèse.

 

Le chapitre 2 a trait aux matériels et méthodes utilisés pour la recherche. Il présente les ressources, les indicateurs ainsi que les données paléoécologiques et archéologiques. Il décrit aussi les méthodes utilisées, ainsi que la zone d’étude.

 

Le chapitre 3 présente le cadre spatial et temporel de la présence humaine dans le nord du bassin du Congo. Il discute des lacunes relatives . la connaissance des activités humaines. Il souligne l’absence d’occupations humaines entre ̴1300 et 600 BP dans la zone d’étude.

 

Le chapitre 4 propose une méthodologie basée sur l’acquisition et l’analyse statistique des restes botaniques carbonisés trouvés dans les sols. Il montre une opposition spatiale entre des espaces domestiques et agricoles. La combinaison d’endocarpes de palmier à huile carbonisés et de tessons céramiques indiquerait la présence de villages, tandis que la présence de charbons de bois supposerait davantage l’existence de champs.

 

Le chapitre 5 rassemble et analyse d’importants jeux de données centrés sur l’Intervalle de la Sangha. Les données sont relatives à la paléoécologie, l’archéologie, l’histoire et la dendrologie durant le dernier millénaire. En particulier, il souligne l’effet des changements d’usage des terres sur la régénération de quatre populations d’arbres héliophiles (Erythrophleum suaveolens, Pericopsis elata, Terminalia superba et Triplochiton scleroxylon). Il met particulièrement en exergue le rôle de la colonisation européenne.

 

Le chapitre 6 conclut la thèse en synthétisant les résultats des chapitres précédents. Il souligne l’importance de la chronologie, de l’identification des activités humaines passées au sein des forêts denses humides et les impacts de l’histoire humaine récente sur les paysages forestiers d’Afrique centrale. Ce dernier chapitre identifie plusieurs lacunes en termes de connaissance et propose des pistes de recherche.

 

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