DSC_3950Le 2 décembre 2016, Ingénieurs Sans Frontières a décerné le Prix Ingénieurs Sans Frontières-Philippe Carlier 2016, récompensant un TFE réalisé dans les domaines du développement durable, de la coopération au développement…

Cette année, pour sa 10ième édition consécutive, ISF a profité de la Journée de l’Ingénieur de l’ULB pour remettre son Prix.

Le lauréat est cette année Alexandre Donner (ULB). Nous lui adressons toutes nos félicitations.

Parmi les 6 candidats retenus, deux anciennes étudiantes gemboutoises : Anouck Stalport et Maude Vandenabeele.

Découvrez les résumés de leurs candidatures :

L’Agroécologie comme technique de conservation des sols au Pérou par STALPORT Anouck

« L’objectif principal de cette étude a été de comparer l’impact des pratiques agroécologiques sur la fertilité des sols par rapport aux pratiques conventionnelles. En effet, si l’agroécologie peut être perçue comme un ensemble de pratiques archaïques s’opposant au sacro-saint progrès technologique acquis au cours des dernières dizaines années, elle est prônée comme une alternative durable par ceux qui pensent que notre modèle agricole intensif actuel est à bout de souffle.

Dans cette étude, deux types d’approches ont été mis en place. La première, qualitative, visait à regrouper et tester un ensemble de techniques d’analyse visuelle du sol, c.-à-d. d’évaluation de paramètres du sol directement sur le terrain, en collaboration avec les agriculteurs. Ces techniques présentent l’avantage d’être facilement interprétables, reproductibles et peu coûteuses.

En complément de cette première approche ont été prélevés des échantillons destinés à être analysés en laboratoire, afin d’appuyer ces premières observations par des données scientifiquement valorisables.

En plus de la collecte et des analyses des données de sol, une seconde finalité de ce travail a été de faire le lien entre les résultats obtenus à travers les différentes techniques utilisées, tant avec l’approche qualitative que quantitative. Ceci a permis, au final, la création d’un outil simplifié d’analyse de sol inspiré des résultats obtenus, adapté pour les agriculteurs de la zone d’étude. »

 

La morphométrie géométrique basée sur des modèles 3D d’empreintes au service de la discrimination entre le lycaon (Lycaon pictus) et le chien domestique (Canis lupus familiaris) par VANDENABEELE Maude 

« Le lycaon est une espèce en danger d’extinction depuis 1990 et ses effectifs déclinent d’année en année. Cette espèce a un potentiel écotouristique énorme et donc des retombées financières bénéfiques pour les populations locales. De plus, ce carnivore a un rôle écologique primordial puisqu’il régule les populations d’herbivores. Des dispositions doivent alors rapidement être prises pour sauver cette espèce tant pour la biodiversité, que pour l’aspect économique ou social.

Mais le lycaon peut aussi engendrer des pertes de bétail pour les éleveurs en périphérie des parcs. Pour diminuer les pertes de bétail, les éleveurs tuent les lycaons. Dans le parc Hluhluwe- iMfolozi en Afrique du Sud, un système de compensation pour les pertes de bétail a été mis en place afin de diminuer les persécutions du lycaon par les hommes et de soutenir les éleveurs locaux. Mais ce système est menacé par les trop nombreuses demandes de compensation illégitimes, attribuables en fait à des attaques de chiens domestiques errants. Il risque d’être supprimé si aucune mesure n’est prise pour le rendre viable, ce qui serait néfaste autant pour les éleveurs que pour la conservation de la biodiversité. L’identification fiable de l’espèce responsable de chaque attaque est donc essentielle à la survie du système de compensation.

Après l’échantillonnage des traces des deux espèces dans des conditions naturelles, 156 traces ont été modélisées en trois dimensions (3D) (logiciel PhotoScan). Ensuite, elles ont été segmentées en coussinets (logiciel CloudCompare) et la courbe de chaque coussinet a été extraite (logiciel Rhinocéros). Pour chaque coussinet, des points repères fixes et des pseudos points repères des courbes et des surfaces ont été digitalisés pour effectuer la morphométrie géométrique des traces. Ces points repères sont définis par leurs coordonnées 3D et après alignement par superposition Procrustes (centrage, mise à l’échelle et rotation), des coordonnées Procrustes sont obtenues. Elles renferment l’information sur la conformation des coussinets, la taille étant stockée à part.

En utilisant l’Analyse Discriminante Linéaire (ADL), nous avons pu prouver que la morphométrie géométrique basée sur des modèles 3D d’empreintes permet de discriminer les deux espèces avec une exactitude de prédiction atteignant environ 90% dans les meilleures conditions. Cela confirme l’intérêt de la méthode dans la conservation du lycaon et pour sauver le système de compensation. L’amélioration du placement des points repères, l’identification de la patte dont chaque trace provient et l’intégration du type de substrat pourraient encore améliorer l’efficacité de cette méthode dans le futur et ainsi assurer la viabilité du système de compensation et le soutien des éleveurs locaux et des communautés en périphérie du parc.»

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