Sur la péninsule d’Ampasindava, au nord-ouest de l’île de Madagascar, Leslie Wilmet étudie depuis près de deux ans les lémuriens. Lors de sa dernière mission, elle s’est intéressée de près au Lepilemur mittermeieri, une espèce en danger d’extinction.

Bande annonce Madagascar 2Pour vous donner encore un peu plus l’eau à la bouche, voici un autre aperçu de l’émission de dimanche. Nous espérons que vous serez nombreux à la regarder. Vous ne serez pas déçus.

Posted by Le jardin extraordinaire – RTBF on Friday, November 6, 2015

Regarder l’émission sur le site de la RTBF 

Leslie Wilmet est passionnée depuis toujours par la conservation des espèces menacées. Son travail de fin d’étude à Gembloux Agro-Bio Tech lui permet de découvrir pour la première fois Madagascar. Son sujet porte alors sur les vers à soie, un travail de recherche dirigé par le Pr François Verheggen, en Entomologie fonctionnelle et évolutive.

Une fois son diplôme de bioingénieur en poche, elle enchaîne plusieurs stages à l’étranger. « J’ai toujours eu envie de travailler dans le domaine de la conservation et la gestion des aires protégées. Lors de mes stages, les personnes que j’ai rencontrées qui travaillaient dans ce secteur avaient généralement fait une thèse. C’est pour cette raison que j’ai voulu me lancer dans l’aventure avec cette première expérience de gestion d’un projet de recherche. »

Leslie Wilmet Gembloux Agro-Bio Tech ULg à Madagascar Lémuriens Jardin extraordinaire

Leslie Wilmet s’intéresse tout particulièrement à deux espèces spécifiques de lépilémurs, Lepilemur dorsalis et Lepilemur mittermeieri, vulnérables et en danger d’extinction.

Fermement déterminée à travailler dans le secteur de la conservation, Leslie Wilmet revient donc à Gembloux et, trois ans après avoir terminé ses études, entame un doctorat sous la direction conjointe du Pr Cédric Vermeulen, du laboratoire de Foresterie des régions tropicales et subtropicales (Gembloux Agro-Bio Tech – ULg) et de Roseline C. Beudels-Jamar de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (Bruxelles).

Madagascar s’impose alors rapidement comme terrain d’étude privilégié. C’est également à ce moment qu’elle rencontre le Dr Christoph Schwitzer, Director of Conservation au sein de la Bristol Zoological Society en Angleterre. Spécialiste des lépilémurs, il l’accompagne également dans ses travaux de recherche.

Elle décroche une bourse FRIA et s’envole pour Madagascar où elle noue une série de contacts : « je travaille dans des régions où il n’y a pas de station de recherche et où je croise très peu d’autres scientifiques. J’ai du développer petit à petit un réseau qui me permet de mener mes recherches à bien, tant au niveau logistique, que pour le coté scientifique du projet. »

Leslie Wilmet s’intéresse tout particulièrement à deux espèces spécifiques de lépilémurs, Lepilemur dorsalis et Lepilemur mittermeieri, qui vivent dans deux zones géographiques complètement différentes. « L’objectif principal de ma recherche est de comprendre l’utilisation de l’habitat de ces deux espèces afin de savoir si la niche écologique est identique. » Elle étudie les domaines vitaux, c’est à dire les espaces utilisés par les lépilémurs, ainsi que leur régime alimentaire et leurs sites dortoirs.

En parallèle, elle réalise une caractérisation forestière pour pouvoir comparer la structure et la composition des forêts où les recherches se déroulent.

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Pour suivre les lépilémurs, Leslie Wilmet les équipe de colliers émetteurs. Au total, neuf animaux sont ainsi pistés grâce à ce système.

Son travail s’inscrit dans un objectif de conservation à long terme et ses recherches visent avant tout à proposer des lignes directrices de protocoles de conservation pour plusieurs espèces de lépilémurs qui sont localisés dans cette partie de l’île. C’est ainsi qu’elle interagit directement avec le Madagascar National Park et le Missouri Botanical Garden, responsables de la gestion des forêts qui composent son terrain d’étude : « je suis en contact avec ces deux organisations, je leur transmets des rapports et nous discutons notamment du plan de gestion de la conservation de chacun de ces sites. »

Leslie Wilmet commence à bien connaître le terrain. En deux ans, elle y a déjà passé presque la moitié de son temps. « On se partage en deux groupes : une première équipe travaille la nuit pour assurer le tracking des lépilémurs. Cette même équipe retourne quelques heures sur le terrain en journée afin de vérifier les sites dortoirs. Une seconde équipe est responsable de la caractérisation forestière, ce qui implique de mesurer une foule de paramètres, tels quel la hauteur des arbres, l’ouverture de la canopée, la quantité de lumière reçue, etc. Cette équipe réalise des herbiers afin de pouvoir déterminer les espèces végétales. »

Chaque équipe est composée de trois personnes, dont un étudiant de l’université d’Antananarivo et un guide local qui possède des connaissances en botanique. Cette année, une étudiante de la Faculté a accompagné Leslie Wilmet pendant trois mois sur le terrain, dans le cadre de son travail de fin d’études.

« Au campement, aucun contact avec le monde extérieur n’est possible. Il n’y a pas de réseau. Pour pouvoir passer un simple appel téléphonique, il faut se rendre dans le village le plus proche, qui est à trois heures de marche. »

« Les conditions de vie au camp sont rudimentaires, mais on essaye de s’organiser le mieux possible. » C’est cependant moins le manque de confort que l’absence de communication qui est le plus difficile à gérer. La région est très isolée : « au campement, aucun contact avec le monde extérieur n’est possible. Il n’y a pas de réseau. Pour pouvoir passer un simple appel téléphonique, il faut se rendre dans le village le plus proche, qui est à trois heures de marche. » Lors de sa dernière mission, elle est restée quatre semaines et demi sans retourner au village.

Sa motivation reste pourtant intacte : « cette expérience conforte mes premières impressions et renforce mon envie de travailler dans ce domaine. C’est vraiment enrichissant d’être confronté à la réalité du terrain. La logistique fait partie intégrante de la recherche et demande parfois beaucoup d’énergie et de temps. J’espère pouvoir aller plus loin grâce à cette expérience de terrain et de gestion de projet, d’avoir l’opportunité d’avoir une vue plus globale sur la conservation que celle d’un seul projet. »

En savoir plus sur les recherches de Leslie Wilmet

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Speciation in Malagasy lemurs: a review of the cryptic diversity in genus Lepilemur.

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Pendant plusieurs jours, Tanguy Dumortier et son équipe ont suivi la jeune doctorante au coeur de la forêt, à la découverte de ces primates menacés. L’émission du Jardin extraordinaire est à découvrir ce dimanche 8 novembre 2015, à 20h10 sur La Une (RTBF).

Madagascar BA 1En route pour une expédition palpitante à Madagascar, ce dimanche, à la découverte des lémuriens.

Posted by Le jardin extraordinaire – RTBF on Wednesday, November 4, 2015

Le jardin Extraordinaire : Madagascar, l’île des lémuriens

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